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Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?

Philosophie

Aperçu du corrigé : Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?



Publié le : 5/1/2004 -Format: Document en format FLASH protégé

Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?
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A voir la question, il est souligné d'emblée une certaine interdépendance entre le désir et la souffrance. Mais, au delà de cette relation, il nous est d'abord possible de remettre complètement en question le fait que ces deux termes soit unis. La souffrance, en effet, semble de prime abord le contraire du désir. Si nous désirons quelque chose, nous mettons tout en œuvre pour l'obtenir, et il en ressort une certaine activité, une joie dans l'organisation de nos actions et de notre temps. La souffrance ,ce serait bien plutôt ne rien avoir à désirer, succomber au repos, à l'ennui, à la léthargie. A l'inverse, le désir augmenterait notre pouvoir sur les choses (par les mises en œuvre qu'il requiert pour sa satisfaction) et en même temps sa satisfaction elle-même nous conduirait à la joie. Cependant, le caractère éphémère du désir comme de la souffrance nous invite à les rapprocher. Ceux-ci seraient essentiellement liés au point que tout ce qui aurait trait à l'un aurait trait également à l'autre. N'y a-t-il désir que parce qu'il y a souffrance?  La souffrance semble révéler qu'il nous manque quelque chose. Or, le désir vise peut-être à combler ce manque et à nous soulager. Dans ce cas, c'est parce que nous souffrons que nous désirons, ce dernier se présentant alors comme un remède. Mais cela est loin d'être la seule relation possible entre ces deux termes. C'est peut-être à l'inverse parce que nous désirons que nous souffrons. La souffrance serait alors identifié au fait de devoir sans cesse essayer d'acquérir et de posséder ce que nous désirons. Nous serions dans ce cas tiraillés par un désir qui chercherait sans cesse sa satisfaction. Dès lors, la question se pose de savoir si le désir est la cause de la souffrance ou en est le remède . Il nous restera alors à chercher s'il est possible et même raisonnable de chercher à combattre les désirs par la raison, et quelle forme peut prendre ce combat.



Désirer est-ce nécessairement souffrir ? En tant que tension vers un objet qu'on imagine pouvoir être source de plaisir ou de plénitude, le désir -comme le Janus bifrons- recèle une dualité constitutive. Comme "tension", il nous voue nécessairement à la souffrance. Ne désirons-nous pas en effet que ce dont nous manquons ? Manque qui nous condamnerait au jardin des Supplices. Mais comme "source de plaisir ou de plénitude", le désir nous promet l'accès au jardin des Délices en étant la condition de possibilité même de la jouissance. En effet, il est à considérer que l'on aime désirer. Et personne ne souhaiterait acheter la paix de l'âme au prix de la mort du désir. L'absence de désir s'apparente beaucoup plus au mortel ennui qu'au bonheur. N'est-il pas d'ailleurs, d'après Épicure, l'alpha et l'omega de l'existence bien-heureuse pourvu que l'on sache le satisfaire avec prudence et parcimonie ? Toutefois, des questions se posent et s'imposent: comment un manque peut-il être heureux et plein de vie ? Est-ce parce que le désir engendre l'illusion que nous voyons les choses ainsi, ou bien faut-il reconsidérer l'idée première selon laquelle le désir n'est que la trace, le stigmate d'un manque ? Comment sortir de cette ambiguïté, bien plus de cette ambivalence du désir ? Par delà la négativité du manque et la positivité de la plénitude, le désir ne pourrait-il pas être défini comme "manque positif" ?


  • 1) Tout désir est un manque qui nous fait souffrir. La négativité du désir.
  • 2) Le désir comme l'essence profonde de l'homme. La positivité du désir.
  • 3) Du bon usage des désirs: souffrir pour jouir et jouir pour souffrir.


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    Ajouté par Emmanuel9082

    Il me semble que ces dernières convulsions ont achevé d'émousser dans mon coeur la faculté de désirer, d'espérer, de jouir et presque de souffrir. Jean-Jacques Ampère, Correspondance, vol. 1, Gallica

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    Désirer l'immortalité, c'est désirer la perpétuation éternelle d'une grande faute. [ La mode comme volonté et comme représentation ] Schopenhauer, Arthur

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    Désirer l'immortalité, c'est désirer la perpétuation éternelle d'une grande faute. La mode comme volonté et comme représentation Schopenhauer, Arthur

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    Désirer l'immortalité, c'est désirer la perpétuation éternelle d'une grande faute. La mode comme volonté et comme représentation Schopenhauer, Arthur

    Ajouté par webmaster

    Il était dans cet état d'étonnement et de trouble inquiet où tombe l'âme qui vient d'obtenir ce qu'elle a longtemps désiré. Elle est habituée à désirer, ne trouve plus quoi désirer, et cependant n'a pas encore de souvenirs., STENDHAL, le Rouge et le Noir, I, XV, p. 87.

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    Continuez de chanter et de souffrir : c'est le plus noble état d'un coeur mortel. Souffrir sans chanter est trop triste. Chanter sans souffrir, c'est affaire de gosier., SAINTE-BEUVE, Correspondance, t. IV.

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    -Vouloir désigne un mouvement libre de la personnalité, auquel on se détermine d'une manière réfléchie; -désirer indique un entraînement fatal et passionné qu'on subit. On dit de la -volonté qu'elle est plus ou moins éclairée; du -désir qu'il est plus ou moins violent., LAFAYE, Dict. des synonymes, Vouloir,... désirer.

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    (...) si Roberti a des tendances au sadisme, Solange inversement doit avoir une certaine vocation de victime (...) l'un aime faire souffrir et l'autre ne déteste pas souffrir., J. DUTOURD, les Horreurs de l'amour, p. 389.

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    Mais je puis souffrir la lictière -(litière) moins qu'un coche (...) comme je ne puis souffrir sous moi un siège tremblant., MONTAIGNE, Essais, III, VI.

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