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EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- devoir : 1) Obligation morale, opposée à obligation juridique; le devoir est une obligation interne au sujet, l'obligation juridique une obligation externe (une contrainte). 2) Le problème sous-jacent consistant à trouver le fondement de cette obligation, Kant fera du devoir un absolu: "Le devoir est la nécessité d'accomplir l'action par pur respect pour la loi." 3) Un devoir: tout ce qui correspond à une obligation morale.
- respect : Sentiment éprouvé face à une valeur jugée éminente ou absolue, et qui conduit à s'interdire tout ce qui pourrait lui porter atteinte. Le respect est, selon Kant, le seul mobile subjectif possible de l'action morale désintéressée, c'est-à-dire d'une action déterminée objectivement par la seule représentation de la loi ( ou impératif catégorique). Le respect est alors ce que l'on doit à autrui en tant que personne morale.
- nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
Extrait du corrigé : Descartes n'inaugure pas seulement l'ère du mécanisme, mais aussi celle du machinisme, de la domination technicienne du monde. Si Descartes marque une étape essentielle dans l'histoire de la philosophie, c'est qu'il rompt de façon radicale et essentielle avec sa compréhension antérieure. Dans le « Discours de la méthode », Descartes polémique avec la philosophie de son temps et des siècles passés : la scolastique, que l'on peut définir comme une réappropriation chrétienne de la doctrine d'Aristote. Plus précisément, il s'agit dans notre passage de substituer « à la philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles » une « philosophie pratique ». La philosophie spéculative désigne la scolastique, qui fait prédominer la contemplation sur l'action, le voir sur l'agir. Aristote et la tradition grecque faisaient de la science une activité libre et désintéressée, n'ayant d'autre but que de comprendre le monde, d'en admirer la beauté. La vie active est conçue comme coupée de la vie spéculative, seule digne non seulement des hommes, mais des dieux. Descartes subvertit la tradition. D'une part, il cherche des « connaissances qui soient fort utiles à la vie », d'autre part la science cartésienne ne contemple plus les choses de la nature, mais construit des objets de connaissance. Avec le cartésianisme, un idéal d'action, de maîtrise s'introduit au coeur même de l'activité de connaître.
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Le corrigé du sujet "Est-ce un devoir de respecter la nature ? " a obtenu la note de : aucune note
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La science, la technique, l'industrie modernes ont conjugué leurs forces pour traiter la nature en objet. Le regard, froid de la science, la violence de la technique et de l'industrie ont, pour reprendre l'expression de Max Weber, « désenchanté » le monde. L'antique vénération que les hommes avaient pour une nature toute-puissante, vénération mêlée de crainte, a disparu avec le triomphe de la révolution industrielle. Là où les Grecs voyaient un dieu (le Soleil), la science moderne y voit une boule de feu, là où les Indiens voyaient une déesse (l'Himalaya), la science moderne y voit un plissement de terrain. Éventrer la terre, détourner un fleuve, raser des forêts présupposent et impliquent en même temps l'abandon de l'attitude magique et religieuse qui fut celle des hommes pendant des millénaires.
Mais ce prométhéisme risque de se retrouver contre son auteur : la moderne sensibilité écologique témoigne d'une réelle inquiétude.
Doit-on ou même peut-on considérer la nature comme on considère une personne? Lui attribuer les mêmes qualités et se conduire vis-à-vis de la nature comme vis-à-vis d'un être humain?
OUI
Les mouvements écologistes répondent positivement à la question précédente. Ils mettent en accusation notre mode de développement économique (le productivisme), ses moyens et conditions (les sciences et les techniques), et le mode de vie qui l'accompagne (privilégiant la possession des biens matériels sur la convivialité des rapports sociaux). Insistant sur l'appartenance de l'homme à la nature et sur sa dépendance à son égard, ils proposent une vaste réorientation de la production industrielle (d'autres manières de produire et de consommer) pour respecter les contraintes propres aux équilibres écologiques. Leur projet général est d'« habiter raisonnablement la nature » sans en bouleverser l'ordre de manière catastrophique.
NON
Exiger de respecter l'ordre naturel relève d'une double erreur. - Cela présuppose l'existence d'un ordre naturel jugé immuable et intangible. Or, un tel ordre n'existe pas : la nature telle que nous la connaissons résulte d'une longue série de transformations auxquelles ont contribué des millénaires de travail humain. - Cela conduit à attribuer à l'industrialisation des effets ravageurs qui sont bien plutôt ceux de certains rapports sociaux : tant que le développement des forces productives aura pour but principal l'enrichissement et/ou la puissance d'une minorité et non pas de satisfaire des besoins sociaux, ce développement prendra inévitablement des formes destructrices.
Face à la crise écologique, l'exigence essentielle n'est donc pas de respecter un hypothétique ordre naturel mais de permettre à l'humanité de se rendre maître de son action sur la nature, en transformant les rapports sociaux qui orientent et structurent cette action.
« Une personne est ce sujet dont les actions sont susceptibles d'imputation. » Kant, Doctrine du droit, 1797.
« Les êtres raisonnables sont appelés des personnes, parce que leur nature les désigne déjà comme des fins en soi. » Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, 1785.
« L'homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré. » Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, 1785. Respecter l'autre, c'est m'interdire de l'utiliser comme un simple moyen pour parvenir à mes fins. Je ne respecte l'autre qu'en tant que je respecte en lui la nature raisonnable de l'humanité, qui est à elle-même sa propre fin.
« Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. » Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, 1785.
« Il appartient à la culture, à la pensée comme conscience que l'individu prend sous la forme de l'universel, que je sois saisi comme personne universelle : en celle-ci tous sont identiques. L'homme a cette valeur parce qu'il est homme, non parce qu'il est juif, catholique, protestant, allemand, italien, etc. » Hegel, Principes de la philosophie du droit, 1821. Tout sujet a droit à être reconnu, au-delà de la communauté nationale, politique ou religieuse à laquelle il appartient, comme personne universelle.
« Dans la mesure où chacun est reconnu comme une essence libre, il est une personne. C'est pourquoi le principe du droit peut s'énoncer aussi de cette manière : chacun doit être traité par autrui comme une personne. » Hegel, Propédeutique philosophique, 1840 (posth.)
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