Doit-on ne jamais mentir ?
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Doit-on ne jamais mentir ?
La réflexion doit s'enraciner dans l'examen de cas particuliers. Doit-on dire à un malade qu'il est voué à une mort certaine? Doit-on révéler à un enfant adopté sa véritable identité au risque de détruire sa personnalité? Les enjeux sont graves, parfois dramatiques pour mettre à l'épreuve la loi d'airain d'une morale qui fait de la vérité à tout prix l'un de ses principes les plus sacrés.
Qu'est-ce qui condamne le mensonge ? Toute relation doit-elle être placée sur l'honnêteté, la confiance, la vérité ? Quelle serait la légitimité d'un éventuel droit de mentir, sur le plan juridique autant que moral ? Comment le mensonge, tentative de tromperie et de dissimulation, pourrait-il accéder au statut de droit ? On ne sait pas forcément que ce que l'on dit est mensonger, et d'une certaine manière on ne ment pas nécessairement quand on ment. Doit-on placer ce droit sur l'ignorance ? Sur une certaine humanité (pitié, amitié) ? Cette question de droit est importante : il n'est pas demandé : « peut-on mentir ». Le mensonge pourrait donc être l'affirmation d'une liberté : je peux dire ce que je veux. Il pourrait être un devoir, dans une situation bien précise. Juridiquement, ce droit semble un non-sens : on s'engage devant un tribunal à dire la vérité, et le mensonge est passible d'une condamnation. Qu'est-ce qui peut fonder moralement le mensonge ? Et si on peut avoir ce droit, est-il un devoir de le mettre en pratique ? Références utiles : Benjamin Constant ; Kant, D'un prétendu droit de mentir par humanité.Le philosophe français réfute ce principe de la manière suivante : "Dire la vérité est un devoir. Qu'est-ce qu'un devoir ? L'idée de devoir est inséparable de celle de droits : un devoir est ce qui, dans un être, correspond aux droits d'un autre. Là où il n'y a pas de droit, il n'y a pas de devoirs. Dire la vérité n'est donc un devoir qu'envers ceux qui ont droit à la vérité. Or nul homme n'a droit à la vérité qui nuit à autrui."Il faut d'abord remarquer que l'expression : avoir droit à la vérité, est dépourvue de sens. Il faut dire plutôt que l'homme a droit à sa propre VÉRACITÉ, c'est-à-dire à la vérité subjective dans sa personne (...).La véracité dans les déclarations qu'on ne peut éluder est le devoir formel de l'homme envers chacun, si grave soit le préjudice qui puisse en résulter pour lui ; et encore que je ne commette aucune injustice à l'égard de celui qui, de façon injuste, me force à faire des déclarations, en les falsifiant, je n'en commets pas moins une injustice certaine à l'endroit de la partie la plus essentielle du devoir EN GÉNÉRAL par une telle falsification qui, de ce fait, peut également être appelée mensonge (.
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