A-t-on le droit de se révolter ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : A-t-on le droit de se révolter ?
Introduction :
Bien définir les termes du sujet :
- « Peut-on » : désigne la possibilité de faire ou d'accomplir quelque chose.
- « Admettre » : c'est laisser la possibilité d'exister à... supporter, souffrir l'existence de…
- « Idée » : il ne s'agit pas ici d'admettre l'existence de, mais seulement l'existence de l'idée de…, c'est-à-dire la représentation abstraite de ce droit à la révolte.
- « Droit à la révolte » : il faut ici garder l'expression dans son ensemble, car il ne s'agit pas que d'un droit, mais d'un droit à : c'est le pouvoir moral de faire ce qui est conforme à une règle précise. Le droit à la révolte est différent du droit de révolte, puisque ce dernier implique l'existence d'une règle selon laquelle nous serions autorisés à nous révolter, alors que le droit à la révolte pose seulement la question de savoir si cela est permis. La révolte – différente de la révolution – est une rébellion, un soulèvement contre l'autorité établie, un refus d'obéissance, une opposition à une autorité quelconque.
Construction de la problématique :
● La révolte n'est donc possible que s'il existe une communauté des hommes et une autorité contre laquelle se soulever, c'est-à-dire que s'il existe un Etat. La formulation du sujet est prudente quant à ce droit de révolte : elle n'affirme pas l'existence d'un tel droit qu'il faudrait retrouver et justifier, et ne demande pas s'il est légitime. Elle pose simplement la question de savoir si sa seule existence est envisageable.
● S'il en est ainsi, c'est parce que le droit à la révolte semble contradictoire et peut être dangereux. En effet, comment un Etat pourrait-il comprendre en lui-même la condition de sa destruction ? Et comment les hommes pourraient-ils vouloir détruire ce qu'ils ont créé ? Ceci sans compter qu'un droit à la révolte mal utilisé ou mal compris pourrait menacer l'ordre politique et le mener au chaos.
Si l'Etat provoque ce contre quoi les citoyens ont essayé de se protéger en le créant, alors il est possible d'envisager l'idée d'un droit à la révolte. ● C'est ce que montre Locke dans Traité du gouvernement civil. Même s'il n'existe aucune loi explicite invitant les citoyens à se révolter quand l'Etat se retourne contre eux, ils peuvent y être tout de même invités. Autrement dit, c'est un droit implicite. Lorsque les magistrats représentant l'Etat trahissent la confiance que les individus ont mise en eux pour s'emparer du pouvoir, alors ces magistrats nient le droit des citoyens. à Dans ce cadre, le gouvernement se désagrège, et les individus sont fondés à désobéir. ● Ainsi, dans certaines circonstances - quand un ou plusieurs individus légifèrent sans avoir reçu le mandat du peuple, quand les dépositaires du pouvoir législatif exercent des voies de fait contre la propriété des sujets - les citoyens ont le droit de résister au pouvoir, de se révolter. Pour Locke, il est donc possible d'admettre l'idée d'un droit à la révolte, puisque l'Etat est considéré comme devant être minimal. En effet, si le pouvoir politique n'est pas à même d'accomplir la tâche pour laquelle il a été créé, ou pire, s'arroge des droits qu'il n'a pas, nuisant ainsi au peuple, alors ce dernier doit pouvoir se révolter contre lui. ● Mais si ce droit à la révolter est envisageable, il faut pourtant faire attention à son utilisation, sans quoi il peut mener au chaos.
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