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Définitions des termes :
- corps : Ce mot a trois sens: A) Il désigne toute substance matérielle que l'homme peut percevoir et qui existe en dehors de lui. En ce sens, un corps possède une masse, occupe un espace et a trois dimensions. B) Il désigne le corps humain, dont les propriétés physiques font l'objet d'études anatomo-physiologiques. C) Il désigne enfin cet épace occupé par la pensée de chacun.
- esprit : La notion d'esprit revêt plusieurs sens. Elle désigne d'une part l'intellect, la raison, la pensée. Elle désigne d'autre part l'âme, l'être immatériel qui constitue notre intériorité, notre personnalité. Les philosophes classiques ne faisaient pas de différence entre les deux: l'âme, qui relève du sentiment que nous avons de nous-mêmes, est aussi le siège de la pensée. C'est peut-être une indication qu'affectivité et raison sont plus étroitement unies qu'on ne le croit, dans l'esprit, précisément.
- désir : Ensemble des phénomènes organiques et psychologiques qui me poussent à posséder un objet en vue d'en tirer plaisir. Cet objet peut être matériel ou non.
Extrait du corrigé : On pour-rait être tenté, aussi bien, de renverser la proposition, pour ne voir dans l'allégation galante d'un « sentiment amoureux » que l'expression élégante ou polie d'une pulsion sexuelle impérieuse et contraignante. Mais même si l'on considère que le désir est exclusivement de l'ordre des pulsions sexuelles, ou de la libido, il n'en reste pas moins irréductible à un simple « besoin ». Freud signale ainsi que si le désir, dans les premiers mois de la vie, prend appui sur le besoin, et notamment sur le besoin de nourriture, c'est pour s'en séparer bien vite. Le nourrisson prend d'abord plaisir à la tétée dans la mesure où elle calme sa faim, puis l'apprécie pour elle-même, avant de faire de la succion comme telle la source d'un plaisir sensuel qu'il pourra se procurer, lorsque le sein maternel fait défaut, en suçant son pouce ou un coin de couverture. Par la suite, c'est seulement en renonçant à la satisfaction des désirs illicites (par exemple, pour le petit garçon, union avec le parent de sexe opposé, mort du parent du même sexe) formant le noyau du complexe d'OEdipe que, d'après la psychanalyse, le petit d'homme devient capable de s'adapter aux exigences de la civilisation.À tous les âges de la vie, il semble donc que la sexualité humaine soit de l'ordre du désir, et non pas du besoin. Toute nourriture peut apaiser ma faim, mais seul Don Juan peut désirer toutes les femmes. C'est pour-quoi, d'ailleurs, Lucrèce soulignait les dangers d'une passion qui nous attache, corps et âme, à un objet unique, irremplaçable, et en même temps à jamais distinct de nous. Seule la fiction, proposée par Rousseau, d'un homme encore réduit, dans un hypothétique « état de nature », à la condition d'animal, peut nous faire imaginer une sexualité sans désir, bornée à la satisfaction d'un besoin physiologique dicté périodiquement par l'instinct de reproduction. L'homme sauvage, écrit ainsi Rousseau dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes « écoute uniquement le tempérament qu'il a reçu de la nature, et non le goût qu'il n'a pu acquérir, et toute femme est bonne pour lui [.
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