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Sujet : Est-ce un progrès de ne pas croire ?

Définitions des termes :
  • progrès : Evolution de l'humanité ou de la civilisation vers un état supérieur. Au sens strict, ce mot implique une amélioration, un perfectionnement.
  • croire : Le verbe vient du latin credere, qui signifie "tenir pour vrai", "faire confiance". La croyance implique donc l'idée d'une absence de connaissance, car il s'agit toujours de "se fier" au témoignage d'autrui.

Extrait du corrigé : (...) Lorsque l'on croit, l'estomac s'en mêle et tout le corps est raidi. Le croyant est comme le lierre sur l'arbre. Penser, c'est tout fait autre chose. On pourrait dire : penser, c'est inventer sans croire. Imaginez un noble physicien, qui a observé longtemps les corps gazeux, les a chauffés, refroidis, comprimés, raréfiés. Il en vient concevoir que les gaz sont faits de milliers de projectiles très petits qui sont lancés vivement dans toutes les directions et viennent bombarder les parois du récipient. Là-dessus le voilà qui définit, qui calcule ; le voilà qui démonte et remonte son gaz parfait, comme un horloger ferait pour une montre. Eh bien, je ne crois pas du tout que cet homme ressemble un chasseur qui guette une proie. Je le vois souriant, et jouant avec sa théorie ; je le vois travaillant sans fièvre et recevant les objections comme des amies ; tout prêt à changer ses définitions si l'expérience ne les vérifie pas, et cela très simplement, sans gestes de mélodrame.

	Est-ce un progrès de ne pas croire	?

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Définitions

  • progrès : Evolution de l'humanité ou de la civilisation vers un état supérieur. Au sens strict, ce mot implique une amélioration, un perfectionnement.
  • croire : Le verbe vient du latin credere, qui signifie "tenir pour vrai", "faire confiance". La croyance implique donc l'idée d'une absence de connaissance, car il s'agit toujours de "se fier" au témoignage d'autrui.

Problématique

Au sens large, la croyance se définit comme une adhésion à une idée, à une théorie ou à un dogme : la foi, l’opinion et le savoir sont dans cette perspective des modes différents de croyance. En un sens plus restreint, la croyance est opposée au savoir et désigne une attitude de l’esprit qui affirme quelque chose avec un degré plus ou moins grand de probabilité, sans pouvoir en donner de preuves. Enfin, en un sens particulier, la croyance peut être synonyme de foi, et consiste à adhérer à une vérité transcendante sans justification rationnelle. Se demander si ne plus croire est un progrès semble amener à considérer les sens restreints de la croyance, au sens où il s’agit de savoir si la croyance est une attitude imparfaite de l’esprit, qui peut être dépassée par un mode de connaissance supérieur : il faut donc se demander si l’on peut comprendre la croyance comme une étape dans une hiérarchie, qui doit mener à son dépassement. Cela amène à poser la question du statut de la croyance, c’est-à-dire de ce que cette attitude de l’esprit peut apporter en termes théoriques et pratiques, et de la possibilité de la dépasser. Ne peut-on penser que la croyance désigne un rapport à soi-même et au monde spécifique, indépendant du mode du savoir et indépassable par lui ? Ou bien que notre esprit, parce qu’il est limité, ne peut toujours dépasser la croyance en donnant des raisons rationnelles d’adhérer à une idée ? Après avoir envisagé que le dépassement de la croyance, loin d’être un progrès, apparaît comme une illusion irréalisable, nous envisagerons la croyance comme une étape de la raison appelant son dépassement dans le savoir scientifique. Nous pourrons alors envisager l’idée que les rapports entre croyance et savoir ne sont pas à comprendre comme un progrès, mais comme deux ordres distincts et tout autant nécessaires.



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