Etre moral nous rend-il heureux ? *
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Aperçu du corrigé : Etre moral nous rend-il heureux ?
Comme l'a montré Kant, celui qui fait son devoir par intérêt, et non par pur respect pour ce que la morale commande, n'a que l'apparence de la moralité : c'est la distinction qu'il fait entre les actions accomplies véritablement par devoir, et les actions qui sont seulement accomplies conformément au devoir. L'homme véritablement moral doit « humilier » en lui la sensibilité et son penchant naturel à vouloir satisfaire ses désirs : si agir par intérêt est contraire à la moralité, la conduite véritablement morale doit aller à rencontre de tous nos intérêts sensibles, y compris la recherche du bonheur.
1) La formulation même de Kant, au nom duquel parle le maître, suggère une pente (« le penchant »), un mouvement inéluctable de chute, quelque chose de plus fort que soi. C'est le penchant au bonheur. Cette formulation s'oppose à la version habituelle du bonheur qui est représenté comme quelque chose vers lequel on tend, qui implique une tension, voire une élévation, en tout cas qui intervient après coup. Comme un point ultime. Ici au contraire se joue, de manière implicite, une opposition entre ce qui tombe (« le penchant ») et ce qui, puisqu'elle restreint « le penchant », s'élève, à savoir la raison. Opposition qui renvoie à la double dimension de l'homme, d'un côté nature (tendance au bonheur), de l'autre culture (exercice de la raison).La démarche réaliste de Kant le conduit à ne mettre en action la raison que sur le fond du penchant. Ce n'est pas d'abord la raison qui intervient. Elle n'a qu'une fonction rectificatrice, dominatrice (« dominer son penchant »), voire régulatrice. Car le matériau premier de nos actions c'est le penchant au bonheur qui nous le fournit.
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