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Sujet : Les événements historiques sont-ils, par nature, imprévisibles ?

Définitions des termes :
  • événement : Ce qui arrive ou survient de manière imprévisible, unique (l'événement ne peut se répéter) et déterminante (l'événement «fait date» : il modifie et oriente l'histoire). L'événement est identifié rétrospectivement par l'historien comme un fait historique ayant une répercussion et une incidence importantes sur les conditions de vie des hommes et sur le cours du devenir historique.
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.

Extrait du corrigé :                   Limites de la conception du sens de l'histoire.   Parce qu'elle tente l'instauration d'un rapport au passé comme passé, l'histoire manifeste en fait la contingence du temps humain, qui constitue le premier contenu de la conscience historique. Quels que soient les progrès de la recherche historique comme « histoire totale » (Fernand Brodel), on ne peut pas dire que celle-ci soit engagée dans ce que Kant nomme « la route sûre de la science ». L'objectivité de l'historien, lorsqu'il dégage la rationalité d'un processus historique n'est pas celle d'un scientifique ; Vico faisait remarquer que la différence entre l'histoire naturelle et l'histoire humaine est que nous avons fait celle-ci et non celle-là. La méthode scientifique nous perme de garantir l'objectivité des faits naturels observés. Tandis que les faits humains « tombent et ne tombent pas sous le sens » (Marx). Les sciences historiques et les sciences de l'esprit comprennent des singularités historiques : des évènements comme rupture de la continuité. On peut donc comprendre rationnellement l'histoire, mais on ne peut pas l'expliquer sur le modèle des sciences de la nature. Ainsi l'évènement redevient la production d'un noeud singulier dan l'enchainement des causes et des effets (Boèce, la définition du hasard). L'évènement, c'est l'accidentel, le signe de la contingence radicale du temps et de l'amoralité de l'histoire.

	Les événements historiques sont-ils, par nature, imprévisibles	?

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Définitions

  • événement : Ce qui arrive ou survient de manière imprévisible, unique (l'événement ne peut se répéter) et déterminante (l'événement «fait date» : il modifie et oriente l'histoire). L'événement est identifié rétrospectivement par l'historien comme un fait historique ayant une répercussion et une incidence importantes sur les conditions de vie des hommes et sur le cours du devenir historique.
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.

Problématique

Evénement :

Ce terme vient du latin evenire, se produire. La définition générale de l’évènement le ramène à un élément du devenir dont le surgissement est perçu ou conçu comme  une rupture de sa trame.

L’histoire :

C’est le déroulement effectif des évènements qui affectent l’humanité, mais aussi la connaissance de ces évènements articulée dans un récit.

Le problème posé par ce sujet apparaît clairement grâce à la définition de termes qui forment l’expression évènement historique. Si l’évènement est surgissement, rupture de la continuité, il est par nature imprévisible : sans continuité on ne peut déduire donc on ne peut induire. Un simple phénomène devient un évènement quand il introduit une variable dans les données, par exemple dans les données spatio-temporelle en physique cantique. Mais l’histoire, en tant que discipline, s’emploie à être conscience du temps : elle ne compile pas seulement les faits (ceci, c’est les calendes des grecs) mais elle relève les dynamiques propres à l’histoire en tant qu’objet de connaissance, c'est-à-dire les lignes de continuité entre les phénomènes. Ici c’est la racine grecque du mot qu’il faut rappeler : histor, celui qui sait. Connaître son histoire c’est s’armer pour l’avenir et éviter le retour du même que l’on ne manque pas noter à chaque nouvelle période. Dès lors, c’est la possibilité même de la notion d’évènement historique qu’il nous faut discuter.



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