N'existe t-il que le démontrable et l'illusoire ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : N'existe t-il que le démontrable et l'illusoire ?
Le démontrable nous situe directement dans un champ épistémologique ou plus exactement dans le champ de la connaissance, c'est-à-dire dans l'appréhension que nous pouvons avoir du monde. Le démontrable peut se définir comme la méthode, celle de la démonstration, d'essence logique, de l'acquisition d'un savoir sûr donc d'une certitude sur le réel. Tout ce qui serait vrai serait démontrable, et l'on pourrait alors construire un système du monde « more geometrico ». Dès lors, si la démonstration nous apporte la certitude, tout ce qui ne serait pas démontrable ne reposerait sur rien de certain et serait donc en ce cas illusoire. Est illusoire tautologiquement ce qui relève de l'illusion. Or l'illusion peut se définir comme l'état mental de celui qu'on abuse et qu'on trompe. Il apparaît donc que dans notre appréhension le couple démontrable - illusoire semble rendre compte par opposition de toutes les possibilités qui sont offertes d'avoir une connaissance et d'appréhender le monde. Cependant, réduire le monde et la vie de l'esprit a cette simple alternative n'est-ce pas là faire une erreur et se méprendre sur la richesse de nos modes de cognitions ? Mais surtout, ce serait croire que tout est démontrable ou du moins tout ce qui a une valeur de vérité ou de certitude. Or la science utilise des principes par exemples qu'elle ne peut pas elle-même expliquer à moins de réduire l'explication à une tautologique et c'est bien ce que l'on peut voir avec les principes fondateurs des sciences. De même, se serait peut-être aussi confondre illusion et erreur. Or il y a ici une différence essentielle puisque l'erreur peut être dissipée et remplacée par un contenu ce que ne peut pas l'illusion qui est l'apanage de la puissance du désir notamment. Mais peut-être plus simplement ce serait croire que le démontrable nous permet d'accéder à des vérités positives : des certitudes. N'est-ce pas là un acte de croyance, c'est-à-dire croire à la nécessité qui doit prendre place dans la démonstration intrinsèquement ? En effet, n'est-ce pas dire comme Claude Bernard qu'il faut croire au déterminisme en science comme pour nous ici il faudrait croire au démontrable et à l'existence de certitude. En effet, le monde du savoir, ou de la pensée ne se réduit pas alors à l'existence du démontrable et l'illusoire, c'est-à-dire que la vie de l'esprit et l'usage de raison et de l'entendement ne se réduisent pas sans doute au seul « connaître » qui regrouperait ici le démontrable et par opposition l'illusoire, mais aussi au « penser » qui dès lors n'est pas spécifiquement démontrable mais tout de même nécessaire et permet de rendre compte notamment de l'usage des principes et de ce qui dépasse simplement les lois de l'expérience. C'est donc bien à l'aune des ces oppositions que se pose la question : « n'existe-t-il que le démontrable et l'illusoire ? » Nous entendons en développer une approche suivant les trois moments que nous venons de présenter en montrant : le bien fondé d'une telle alternative (1ère partie), ses limites (2nd partie) et la nécessité d'ouvrir le champ de la vie de l'esprit dans la connaissance à travers l'adjonction du mode « penser » au « connaître » (3ème partie).
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N'existe t-il que le démontrable et l'illusoire ?