L'existence de l'inconscient est-elle compatible avec la liberté ?
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Publié le : 11/8/2004 -Format:
- existence : Par opposition à néant: le fait d'être ou d'exister. Par opposition à essence: mode d'être de l'homme, en tant qu'il ne se laisse enfermer dans aucune essence ou nature déterminée.
- inconscient : Ce terme désigne l'ensemble des processus psychiques qui échappent à la conscience.
- compatible : Qui peut s'accorder à une autre chose.
- avec : En compagnie de, en présence de.
- liberté : Ce mot, en philosophie a trois sens : 1° Libre arbitre. Pouvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d'eux. 2° Liberté de spontanéité. S'oppose non plus au déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure. 3° Liberté du sage. État de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison.
L’inconscient est un état psychique que l’on oppose souvent schématiquement à la conscience. Le conscient serait ce dont nous avons connaissance, ce à quoi notre prêtons attention, tandis que l’inconscient serait le domaine ce qui nous échappe comme une force ou un déterminisme venant des profondeurs de notre être ou de notre vie psychique. L’inconscient serait donc presque de l’inconnu. Dès lors l’inconscient serait la détermination totale de l’être par des forces ou des pulsions intérieures que l’on ne maîtrise pas. L’autonomie et l’l’indépendance fondant notre compréhension de la liberté seraient donc absents. Il apparaît alors que la liberté, en tant que capacité à se déterminer soi-même est incompatible suivant une exclusion réciproque avec l’inconscient. C’est pourquoi, au nom de la liberté certains philosophes ont refusé cette hypothèse. Pourtant, l’inconscient est une hypothèse nous permettant de comprendre ce qui se passe en nous alors que nous ne le voulions pas. Il est un concept opératoire. Néanmoins si l’on définit correctement l’inconscient, sans nécessairement l’opposé strictement à la conscience, il apparaît alors possible d’allier la liberté et l’inconscient dans la mesure où ils ne s’excluent pas l’un l’autre de manière nécessaire. Dans ce cas, il faut revenir sur le primat de la liberté absolue humaine et définir positivement l’inconscience.
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- I. L'existence de l'inconscient remet en question la liberté de l'homme.
- II. L'inconscient comme facteur de liberté.
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L'une des objections contre les travaux de Freud est formulée par Alain, qui reprend le principe du déterminisme. Selon lui, en effet, c'est le corps qui se comporte de façon mécanique, aveugle et inconsciente. Cela peut parfois nous gêner ou nous nuire : par exemple, provoquer la peur panique.
Mais c'est à l'esprit et à la volonté, à ce que l'on appelle le moi, de dominer le corps. Si, en revanche, on attribue à ce qui est inconscient, c'est-à-dire en principe ce qui relève du corps et du mécanisme, une force développant des intentions et finalités, ce que fait Freud en effet, on crée en quelque sorte une « idolâtrie du corps ». On lui donne des pouvoirs qu'il n'a pas et l'on obtient une sorte de « second moi » en moi, une personnalité non contrôlable.
Ces faits psychiques refoulés sont en effet soumis à une censure qui évacue hors de la conscience (qui « refoule ») les désirs jugés incompatibles avec les exigences morales du sujet.
« L'inconscient est le psychique lui-même et son essentielle réalité. » Freud, L'Interprétation des rêves, 1899.
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