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Sujet : Faut-il craindre nos désirs ?

Définitions des termes :
  • craindre : Avoir peur de quelqu'un ou de quelque chose.
  • désir : Ensemble des phénomènes organiques et psychologiques qui me poussent à posséder un objet en vue d'en tirer plaisir. Cet objet peut être matériel ou non.

Extrait du corrigé : Les désirs, pulsions (donc par là même, phénomène instinctif, incontrôlable) qui poussent un individu vers un objet, ne sont en fait que la manifestation effective d'un besoin plus ou moins conscient et ne justifient pas la peur panique qu'ils inspirent parfois.L'être humain a tendance à se donner une image de la perfection et à vouloir toujours s'en rapprocher. Il aspire à cette perfection et s'en veut de découvrir parfois en lui-même des désirs qu'il juge selon les cas plus ou moins coupables (pour certains d'ailleurs les désirs sont toujours coupables!) et qui l'en éloignent. Mais l'homme n'est après tout que ce qu'il est, et à quoi bon s'en défendre? Chacun sait que la faiblesse est l'un de ses attributs. D'ailleurs le désir n'est pas forcément une preuve de faiblesse. Ce qui effraye les hommes dans les désirs, c'est leur côté inattendu, incontrôlable qui leur donne toute leur force et leur soumet l'individu tout entier. L'homme face à eux est impuissant, mais s'il est ainsi, c'est qu'il doit s'accepter avec ses forces et ses faiblesses. Il ne sert à rien d'avoir peur de ses désirs et le simple bon sens nous inspire l'attitude la plus raisonnable, à savoir de rester serein face à soi-même. Pourtant, à la limite, si l'on considère tous les désirs qui caractérisent la nature humaine, on peut à juste titre être effrayé par leurs buts ou leur intensité.

	Faut-il craindre nos désirs 	?

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Définitions

  • craindre : Avoir peur de quelqu'un ou de quelque chose.
  • désir : Ensemble des phénomènes organiques et psychologiques qui me poussent à posséder un objet en vue d'en tirer plaisir. Cet objet peut être matériel ou non.

Citations

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  • « Ma [...] maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde. » Descartes, Discours de la méthode, 1637.

 Cette maxime, empruntée à la morale stoïcienne, nous invite à maîtriser nos désirs, en ne les faisant porter que sur les choses qui dépendent de nous. Celui qui désire modifier le cours des événements (la fortune) ou bien changer l'ordre du monde échouera certainement, et en sera malheureux. Le bonheur appartient à celui qui parvient à ne désirer que ce qu'il peut effectivement obtenir.

  • « Parce que la plupart de nos désirs s'étendent à des choses qui ne dépendent pas toutes de nous ni toutes d'autrui, nous devons exactement distinguer en elles ce qui ne dépend que de nous, afin de n'étendre notre désir qu'à cela seul. » Descartes, Les Passions de l'âme, 1649.
  • « Ce n'est pas par la satisfaction des désirs que s'obtient la liberté, mais par la destruction du désir. » Épictète, Entretiens, vers 130 apr. J.-C.
  •  « Pendant le sommeil, [...] la partie bestiale et sauvage [de notre âme] ne craint pas d'essayer, en imagination, de s'unir à sa mère, ou à qui que ce soit, homme, dieu ou bête, de se souiller de n'importe quel meurtre [...]; en un mot, il n'est point de folie, point d'impudence dont elle ne soit capable. » Platon, La République, Ive s. av. J.-C.

 Notre âme contient des désirs monstrueux, lesquels s'éveillent précisément quand la «partie de l'âme qui est raisonnable » s'assoupit et s'endort.

  • « Si le petit sauvage était abandonné à lui-même, [...] il tordrait le cou à son père et coucherait avec sa mère. » Diderot, Le Neveu de Rameau, 1762.


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