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Sujet : Faut-il croire que l'histoire a un sens ?

Définitions des termes :
  • croire : Le verbe vient du latin credere, qui signifie "tenir pour vrai", "faire confiance". La croyance implique donc l'idée d'une absence de connaissance, car il s'agit toujours de "se fier" au témoignage d'autrui.
  • histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.
  • sens : Du latin sensus, organe des sens, façon de sentir ou de penser . (a) Faculté d'éprouver des sensations d'un certain ordre (exemple : le sens du toucher). (b) Intelligence intuitive ou immédiate (exemple : le sens du commerce). (c) Intention de celui qui parle ou agit, signification des mots qu'on emploie. (d) Direction ou orientation d'un mouvement. (e) Bon sens : faculté de bien juger, de distinguer le vrai d'avec le faux (synonyme de raison chez Descartes). (f) Sens commun : ensemble d'opinions et de jugements reçus dans un milieu déterminé.

Extrait du corrigé : Une telle conclusion négative rend par là indéterminable le sens général de l'histoire. Pour obtenir la suite et la fin de ce devoir un second et dernier code PassUp vous est demandé. CITATIONS: « On peut envisager l'histoire de l'espèce humaine en gros comme la réalisation d'un plan caché de la nature pour produire une constitution politique parfaite sur le plan intérieur, et, en fonction de ce but à atteindre, également parfaite sur le plan extérieur. » Kant, Idée d'une histoire universelle, 1784. « Une philosophie de l'histoire suppose (...) que l'histoire humaine n'est pas une simple somme de faits juxtaposés (...), mais qu'elle est dans l'instant et dans la succession une totalité, en mouvement vers un état privilégié qui donne le sens à l'ensemble. » Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, 1945. « C'est leur bien propre que peuples et individus cherchent et obtiennent dans leur agissante vitalité, mais en même temps ils sont les moyens et les instruments d'une chose plus élevée, plus vaste, qu'ils ignorent et accomplissent inconsciemment. » Hegel, La Raison dans l'histoire, 1837 (posth.

Faut-il croire que l'histoire a un sens ?

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Définitions

  • croire : Le verbe vient du latin credere, qui signifie "tenir pour vrai", "faire confiance". La croyance implique donc l'idée d'une absence de connaissance, car il s'agit toujours de "se fier" au témoignage d'autrui.
  • histoire : Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.
  • sens : Du latin sensus, organe des sens, façon de sentir ou de penser . (a) Faculté d'éprouver des sensations d'un certain ordre (exemple : le sens du toucher). (b) Intelligence intuitive ou immédiate (exemple : le sens du commerce). (c) Intention de celui qui parle ou agit, signification des mots qu'on emploie. (d) Direction ou orientation d'un mouvement. (e) Bon sens : faculté de bien juger, de distinguer le vrai d'avec le faux (synonyme de raison chez Descartes). (f) Sens commun : ensemble d'opinions et de jugements reçus dans un milieu déterminé.

Problématique

Analyse du sujet

·         Eléments de définition

 

 Histoire = du grec historia, qui signifie recherche, chercher à savoir, rapporter ce qu’on sait.

1-      Transformation dans le temps des sociétés humaines ; succession des états par lesquels passe une réalité (individu, pays, civilisation, théorie, champ culturel, etc.)

2-      Discipline scientifique qui est l’étude de l’histoire en ce premier sens et qui a pour objet  sa reconstitution et son explication.

 

 Sens = Il s’agit là d’un synonyme de signification. La direction d’un mouvement, l’orientation d’un processus ; la destination des êtres humains et de leur histoire, la raison d’être de leur existence et des leurs actions, le principe conférant à la vie humaine sa valeur.

-          Nietzsche, La généalogie de la morale, 3e dissertation, §28.

-          Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, 3e partie, ch. 3 + Humanisme et terreur, 2e partie, ch. 1.

·         Angles d’analyse

 Il s’agit ici de s’interroger sur la nature même de l’histoire au travers de la double signification du mot « sens » : on peut en effet entendre la proposition « l’histoire a un sens » selon deux dimensions fondamentales, dont la première est sa signification, et la seconde son orientation. Il s’agit donc d’étudier l’histoire à la fois dans sa dimension statique (comme ensemble des faits passés) et dans sa dimension dynamique afin de voir si elle tend vers quelque chose, et si oui quel est-il.

 On comprend, dans cette perspective, que c’est aussi le rôle de l’historien qui est en jeu ici : si l’histoire a un sens, en tant que ce dernier lui apparaît comme propriété intrinsèque, alors l’historien est celui qui est capable de découvrir ce sens. Mais si l’histoire n’a pas de sens en elle-même et pour elle-même, que vaut l’interprétation historique en tant qu’elle ne se contente pas de conserver le passé mais aussi qu’elle cherche à en rendre raison, à l’expliquer (et donc à lui donner du sens) ?

 C’est le statut de l’histoire comme discipline, tout comme sa nature, qui sont, au fond, ici mis à la question.

 De la même manière, si l’histoire possède un sens, au sens d’orientation, vers quoi tend-il asymptotiquement ? Est-il cette condition du progrès ?

Problématique

            Peut-on donner à l’histoire un sens de telle sorte que non seulement une signification véritable puisse être donnée aux événements passés, mais encore qu’une orientation puisse être révélée, qui plus est une orientation vers un mieux, un progrès de l’humanité ? L’histoire possède-t-elle à titre de propriété intrinsèque un sens, c’est-à-dire encore à la fois une signification et une direction ? Il s’agira donc, a fortiori, de définir quel est le rôle de l’historien : découvre-t-il, ou au contraire, fabrique-t-il le sens de l’histoire ? S’emparer du sens tapi au fond du passé, voilà ce que veut l’historien. Mais qui peut nous assurer que, lassé de poursuivre une proie invisible, il ne fabrique pas en secret un simulacre de sens ?

On comprend en ce sens que la question engage d’une part la nature même de l’histoire, mais aussi, et plus profondément peut-être, le statut de l’historien lui-même.

 

Citations

« On peut envisager l'histoire de l'espèce humaine en gros comme la réalisation d'un plan caché de la nature pour produire une constitution politique parfaite sur le plan intérieur, et, en fonction de ce but à atteindre, également parfaite sur le plan extérieur. » Kant, Idée d'une histoire universelle, 1784.
 

« Une philosophie de l'histoire suppose (...) que l'histoire humaine n'est pas une simple somme de faits juxtaposés (...), mais qu'elle est dans l'instant et dans la succession une totalité, en mouvement vers un état privilégié qui donne le sens à l'ensemble. » Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, 1945.
 
« C'est leur bien propre que peuples et individus cherchent et obtiennent dans leur agissante vitalité, mais en même temps ils sont les moyens et les instruments d'une chose plus élevée, plus vaste, qu'ils ignorent et accomplissent inconsciemment. » Hegel, La Raison dans l'histoire, 1837 (posth.)
 
« La fin de l'histoire n'est pas une valeur d'exemple et de perfectionnement. Elle est un principe d'arbitraire et de terreur. » Camus, L'Homme révolté, 1951.



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