Faut-il être crédule pour croire ?
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Faut-il être crédule pour croire ?
Analyse du sujet :
- Formellement, l’énoncé du sujet engage de questionner une nécessité (« faut-il »). Plus précisément, il est question d’un impératif hypothétique : « être crédule » est-il la condition de la croyance ?
- « être crédule » = état de celui qui fait preuve de crédulité, c’est-à-dire d’une croyance naïve. La crédulité désigne le fait de faire confiance ou de donner son crédit de façon irréfléchie.
- La difficulté du sujet tient à la proximité sémantique entre « crédulité » et « croyance » ; les deux désigne le fait de donner son assentiment, d’adhérer à une proposition en la « tenant pour vraie », en faisant comme si cela était vrai.
- Le problème consiste donc à examiner s’il y a au fondement de cette attitude une certaine naïveté : croire suppose-t-il toujours une certaine ignorance, un manque de jugement ?
Problématique : ne croit-on que par défaut d’intelligence ? La crédulité est-elle la seule source des croyances ou bien celles-ci peuvent-elles être réfléchies et raisonnables ?
- Autrement dit, ne faut-il pas aussi être raisonnable pour croire ? La croyance ne peut-elle être, dans certains cas, une preuve d'intelligence ? 2- Il ne faut pas être crédule pour croire Considérons l'argument des « futurs contingents » présenté par Aristote avec son exemple fameux de la bataille navale qui aura lieu demain : si je décide de déclencher une guerre, il me faut au préalable croire que je remporterais la victoire - puisque, la guerre peut indifféremment être ou non remportée par mon armée. Autrement dit, décider d'agir implique de croire à la pertinence de sa décision puisque toute décision a lieu sur fond d'incertitude. Rester indécis sous prétexte que croire n'est pas savoir, dans le domaine de l'action, est un défaut d'intelligence. Autrement dit, l'intelligence et la « jugeote » ne se manifeste pas seulement dans la pensée discursive, elle est nécessaire à l'action et elle se manifeste dans ce domaine par une promptitude à donner son crédit à une proposition possible. Dès lors, il faut être déterminé pour croire ; cette détermination dans l'action, ou capacité à saisir le kairos, moment opportun, est par exemple appelé « virtu », ou « vaillance » par Machiavel, et non « crédulité ». Transition : - Parce que la croyance est requise dans l'action efficace, on ne saurait en dégager l'origine dans la crédulité : là où le crédule ignore que ce qu'il croit ne l'est pas, celui qui croit a conscience de croire (d'ignorer quelle sera l'issue véritable de son action). - En un mot, croire ne consiste pas seulement à être abusé : il s'agit aussi de celui qui croit fait preuve de volonté, c'est-à-dire de détermination et de persévérance dans la poursuite d'une fin qu'il se donne, et n étant foncièrement actif, on ne saurait dire qu'il s'agit de crédulité. § Cependant, comment expliquer cette ambiguïté qui persiste lorsqu'il s'agit d'évaluer l'intelligence de celui qui croit ?
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