Faut-il préférer l'injustice au désordre ? *
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Aperçu du corrigé : Faut-il préférer l'injustice au désordre ?
À première vue cette question peut paraître concerner principalement les responsables politiques, auxquels il revient de veiller à la fois au maintien de l'ordre public et à la garantie de la justice. La combinaison des deux est un des enjeux de l'exercice du pouvoir. Nous sommes ici invités à nous demander si l'une des deux valeurs doit avoir la priorité sur l'autre et comment il convient d'arbitrer en cas de conflit. Ici une figure quasi proverbiale s'impose : celle de Ponce Pilate qui, pour éviter des troubles publics, laisse condamner injustement Jésus et « s'en lave les mains ». La paix de tous peut-elle se payer par la mort d'un innocent ? La question concerne également tout citoyen car elle constitue un critère pour juger un régime politique ou une idéologie : tel régime est-il soucieux de justice ou inquiet de l'ordre ?Avec beaucoup de prudence, car il sait ce que sa réponse peut avoir de ridicule et de scandaleux, Socrate répond qu'une seule réforme est nécessaire à qui veut changer radicalement la société: il suffit que se conjuguent le pouvoir politique et la philosophie. Socrate déclare : « Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités, ou que ceux qu'on appelle aujourd'hui rois et souverains ne seront pas vraiment et sérieusement philosophes ; tant que la puissance politique et la philosophie ne se rencontreront pas dans le même sujet ; tant que les nombreuses natures qui poursuivent actuellement l'un ou l'autre de ces buts de façon exclusive ne seront pas mises dans l'impossibilité d'agir ainsi, il n'y aura de cesse, mon cher Glaucon, aux maux des cités, ni, ce me semble, à ceux du genre humain, et jamais la cité que nous avons décrite tantôt ne sera réalisée, autant qu'elle peut l'être, et ne verra la lumière du jour.Voilà ce que j'hésitais depuis longtemps à dire, prévoyant combien ces paroles heurteraient l'opinion commune. Il est en effet difficile de concevoir qu'il n'y ait pas de bonheur possible autrement, pour l'Etat et pour les particuliers. »Socrate va s'attacher à justifier une proposition qui, aux yeux de ses interlocuteurs, ne peut être reçue que comme un insoutenable paradoxe.Pour ce faire, il entreprend de construire une définition de la philosophie. En ce sens, la « République » est autant un traité de la philosophie qu'un traité de la politique. Par là même se marque combien, aux yeux de Platon, sont indissociables ces deux dimensions : celle du savoir et celle du pouvoir.Encore faut-il s'entendre sur ce que sont les « vrais philosophes ». Socrate les présente comme « ceux qui aiment le spectacle de la vérité ».
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