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Sujet : Faut-il revendiquer un droit a la passion ?

Définitions des termes :
  • droit : a° Un droit: liberté d'accomplir une action (droit de vote); possibilité d'y prétendre ou de l'exiger (droit au travail, droit de grève). b° Le droit: ce qui est légitime ou légal, ce qui devrait être, opposé au fait, ce qui est. c° Ce qui est permis par des règles non écrites (droit naturel) ou par des règles dûment codifiées (droit positif). Le droit positif est l'ensemble des règles qui régissent les rapports entre les hommes dans une société donnée. Le droit naturel est l'ensemble des prérogatives que tout homme est en droit de revendiquer, du fait même de son appartenance à l'espèce humaine (droit au respect).
  • passion : * Ce que l'âme subit, ce qu'elle reçoit passivement. Chez Descartes, le mot désigne tout état affectif, tout ce que le corps fait subir à l'âme. Son origine n'est pas rationnelle ni volontaire. * Inclination irrésistible et exclusive qui finit par dominer la volonté et la raison du sujet (la passion amoureuse).

Extrait du corrigé :   Les passions semblent naître sans que l'on puisse y faire quoi que ce soit. Il semble alors qu'un droit à la passion n'ait d'utilité que négativement, c'est-à-dire, ne les empêche ou ne les interdit pas. Mais jamais il ne pourra les faire naître. Plus encore, si les passions naissent d'elles-même, toute répression contre elles apparaît inutile. Corrélativement, s'il la répression ne peut pas tarir les passions, alors aucun correctif n'a à être apporté. Autrement dit, le droit au passion est inutile parce que celles-ci naîtrons ou non, de manière totalement autonome. Ne faut-il pas justement nuancer ce caractère autonome des passions ? Le sont-elles complètement ? Partons d'un fait : un ascétisme soutenu, par exemple une éducation tournée exclusivement vers la raison et contre l'expression des passions réduirait probablement de manière considérable leur apparition, leur possibilité. Mais alors : en retour, ne faut-il pas considérer qu'une éducation aux passions, par exemple une éducation de la sensibilité musicale, favoriserait la naissance de passions ?

	Faut-il revendiquer un droit a la passion	?

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Définitions

  • droit : a° Un droit: liberté d'accomplir une action (droit de vote); possibilité d'y prétendre ou de l'exiger (droit au travail, droit de grève). b° Le droit: ce qui est légitime ou légal, ce qui devrait être, opposé au fait, ce qui est. c° Ce qui est permis par des règles non écrites (droit naturel) ou par des règles dûment codifiées (droit positif). Le droit positif est l'ensemble des règles qui régissent les rapports entre les hommes dans une société donnée. Le droit naturel est l'ensemble des prérogatives que tout homme est en droit de revendiquer, du fait même de son appartenance à l'espèce humaine (droit au respect).
  • passion : * Ce que l'âme subit, ce qu'elle reçoit passivement. Chez Descartes, le mot désigne tout état affectif, tout ce que le corps fait subir à l'âme. Son origine n'est pas rationnelle ni volontaire. * Inclination irrésistible et exclusive qui finit par dominer la volonté et la raison du sujet (la passion amoureuse).

Problématique

Analyse du sujet :

●      Le sujet prend la forme d'une question fermée : il s'agira donc d'y apporter une réponse en « oui » ou « non » au terme d'une argumentation documentée.

●      La question qui nous est posée est introduite par « Faut-il... ? » : elle nous interroge donc sur un devoir.

●      La notion principale du sujet est la passion. Tachons d'en esquisser les contours :

●      La passion s'oppose à la raison en ce qu'elle relève des sentiment. La passion amoureuse, la passion religieuse ou la passion pour la musique naissent avant tout d'un sentiment. Elles ne relèvent pas d'un calcul ou d'une délibération de la raison : en ce sens, elles ne sont pas les produits d'une volonté ou d'un choix libre, ce qui nous invite à introduire une seconde opposition :

●      La passion s'oppose en effet à l'action : la passion est subie. Elle est passivité. On tombe amoureux comme on est touché par la grâce divine. Elle n'est cependant pas pure passivité au sens où le passionné ne ferait rien. Elle est passivité au sens où il n'est pas en notre pouvoir de la contrôler. En ce sens, elle est proche de la pulsion.

●      Cette dernière nuance nous permet d'apporter une caractérisation plus précise de la passion : son caractère passif se traduit dans un abandon de soi dans l'objet de la passion. Elle est fondamentalement perte de soi. Elle n'est donc pas une simple fascination qui suppose une distance irréductible avec son objet mais engage totalement l'être. Elle n'a en commun avec lui que la tension vers un objet.

●      Un droit a pour objet d'apporter aux faits auxquels il s'oppose un correctif. Il suppose une norme qui le légitime, c'est à dire, qui évalue en quoi il doit ou non y avoir correction du fait. Le droit naturel sur lequel par exemple repose une partie de la déclaration des droits de l'homme s'appuie à l'origine sur la nature humaine : on en déduit des droits fondamentaux.

●      Une norme et des droits ne sont nécessaires que parce que les hommes vivent en société : ils ont donc toujours pour objectif implicite de rendre possible cette vie en société.

●      Revendiquer un droit suppose donc un fondement qui légitime cette revendication.

Problématisation :

Revendiquer un droit à la passion, d'après ce que nous avons dit, suppose que cette passion nous soit empêchée, interdite ou réprimée. C'est pourquoi il faut rétablir un droit à être. Ceci soulève deux problèmes :

Premièrement, sur quoi fonder ce droit ? Qu'est-ce qui fondamentalement, a été lésé dans la répression des passions ?

Deuxièmement, En supposant que ce droit soit établit, sera-t-il possible de l'appliquer ? En effet, si la passion naît sans qu'on puisse la contrôler, si elle relève de la pulsion, en quoi un droit à la passion pourrait-il aider celle-ci à s'exprimer ? Cela pose le problème de l'utilité et de l'applicabilité d'un droit à la passion.



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