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Sujet : Faut-il tenir les scientifiques pour responsables de l'usage que l'on fait de leurs découvertes ?

Définitions des termes :
  • tenir : Considérer.
  • scientifique : Sens 1: Qui concerne la science. Qui est conforme aux procédés de recherche et d'observation des sciences. Sens 2: Personne spécialisée dans une ou plusieurs sciences.
  • responsabilite : Caractère de celui qui doit répondre devant sa conscience ou devant Dieu de ses actes et de ses pensées.
  • usage : Action, fait de se servir de quelque chose, emploi. Ici : ce qu'il advient des découvertes des scientifiques, la façon dont l'humanité décide de les utiliser. L'usage peut tout aussi bien respecter la découverte et l'employer dans la direction pour laquelle elle a été créée ou bien, l'usage peut pervertir une découverte c'est-à-dire, la détourner du but premier, l'utiliser pour autre chose.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • découverte : Correspond au résultat du travail et des recherches des scientifiques. La découverte est par nature quelque chose de nouveau, elle ouvre de nouvelles perspectives et offre de nouvelles clés pour appréhender et comprendre le monde dans lequel nous vivons. Une découverte aide à maîtriser notre environnement ou encore notre nature. Elle inscrit l'humanité dans une démarche de progrès et d'amélioration. La question posée par la découverte est celle de sa finalité. Le chercheur, le scientifique découvre t-il simplement pour mieux comprendre le monde et sa structure ou bien dans le but d'accomplir quelque chose ?

Extrait du corrigé : C'est aussi l'idée développée par les encyclopédistes tels D'Alembert et Diderot. Il faut accroître le savoir et les connaissances de façon à améliorer l'humanité. C'est l'objectif qu'il faut atteindre. On ne songe alors pas aux conséquences.   2-Cependant, cette position est à nuancer En effet, en agissant de la sorte, l'homme se compare à Dieu et sa curiosité est un signe d'orgueil (Saint Augustin). Mythe du Protagoras : Prométhée apporte la connaissance aux hommes et il est puni par Zeus, attaché au sommet d'une colline et un vautour lui dévore sans cesse son foi renaissant. Il faut aussi penser au revers que peuvent avoir les découvertes. Celles-ci n'engendrent pas forcément que des choses positives pour l'humanité. Exemple : Albert Einstein et sa théorie sur le rapport de la masse et de l'énergie : à la base on considère cette découverte comme un moyen d'accéder à une source illimitée d'énergie pour le bénéfice de l'humanité. Or, ces mêmes recherches conduisent à la confection de la bombe nucléaire et donc à la destruction de l'humanité : Projet Manhattan effectué pendant la seconde guerre mondiale suite à une lettre de Einstein adressée au président Roosevelt pour le prévenir que l'Allemagne nazie travaillait sur un projet équivalent.

Faut-il tenir les scientifiques pour responsables de l'usage que l'on fait de leurs découvertes ?

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Définitions

  • tenir : Considérer.
  • scientifique : Sens 1: Qui concerne la science. Qui est conforme aux procédés de recherche et d'observation des sciences. Sens 2: Personne spécialisée dans une ou plusieurs sciences.
  • responsabilite : Caractère de celui qui doit répondre devant sa conscience ou devant Dieu de ses actes et de ses pensées.
  • usage : Action, fait de se servir de quelque chose, emploi. Ici : ce qu'il advient des découvertes des scientifiques, la façon dont l'humanité décide de les utiliser. L'usage peut tout aussi bien respecter la découverte et l'employer dans la direction pour laquelle elle a été créée ou bien, l'usage peut pervertir une découverte c'est-à-dire, la détourner du but premier, l'utiliser pour autre chose.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • découverte : Correspond au résultat du travail et des recherches des scientifiques. La découverte est par nature quelque chose de nouveau, elle ouvre de nouvelles perspectives et offre de nouvelles clés pour appréhender et comprendre le monde dans lequel nous vivons. Une découverte aide à maîtriser notre environnement ou encore notre nature. Elle inscrit l'humanité dans une démarche de progrès et d'amélioration. La question posée par la découverte est celle de sa finalité. Le chercheur, le scientifique découvre t-il simplement pour mieux comprendre le monde et sa structure ou bien dans le but d'accomplir quelque chose ?

Problématique

Cette question sur la responsabilité des scientifiques par rapport à l’avenir de leurs découvertes et à la manière dont elles sont utilisées par l’humanité, soulève un questionnement à la fois éthique et moral.

A-t-on raison de distinguer les découvertes scientifiques de l'usage qu'on en fait? Ne peut-on pas au contraire penser que certains usages possibles d'une découverte sont déjà prédestinés en elle? La science est-elle passive devant les utilisations qu'on en fait? Cette problématique est celle de la neutralité de la science et de ses rapports avec la technique.

Ensuite, si responsabilité il y a, de quelle nature est-elle juridique, morale? Y a-t-il un sens à parler de responsabilité indirecte? Les scientifiques sont-ils responsables individuellement, personnellement? Ici, la problématique est celle du type de responsabilité qu'il faut imputer aux scientifiques.

En effet, la question est de savoir si le scientifique doit avant tout se considérer comme un scientifique et ainsi se limiter à sa fonction scientifique, c’est-à-dire privilégier sa recherche sans se préoccuper des conséquences, étudier afin de mieux comprendre et de faire des découvertes qui permettent de développer les connaissances et d’améliorer la maîtrise de la nature, du corps humain etc. Ou bien au contraire, le scientifique doit-il savoir sortir de ce rôle scientifique et se placer du point de vue de l’humanité de façon à prendre en compte le fait que ses découvertes puissent être mal utilisées, employées à des fins mauvaise et néfastes ? Doit-il avoir conscience de l’impact que peuvent avoir ses découvertes si elles sont mal utilisées ? Et, en partant de ce constat, doit-il se réserver le droit de communiquer ou non ses découvertes ? Peut-on penser que le scientifique engage sa responsabilité par rapport à l’action des autres parce qu’il a choisi de diffuser des informations capitales et nouvelles qui permettent une avancée et que de plus il a agit en connaissance de cause puisqu’il est suffisamment avisé pour reconnaître l’impact et les enjeux divers que peut provoquer sa découverte ? Ou bien encore peut-on penser que le scientifique n’est en aucun cas responsable de ce que les autres hommes feront de sa découverte puisqu’ils sont libres d’agir comme bon leur semble, qu’ils peuvent l’employer d’une façon bonne ou mauvaise et que le scientifique se contente de faire son travail –une découverte n’étant en soi ni bonne ni mauvaise– sans dicter la conduite à suivre. Ainsi, la question de la responsabilité s’articule t-elle sur celle de la liberté et du libre arbitre de chacun. Le scientifique en tant que scientifique doit-il être jugé plus conscient (puisqu’il est spécialiste) que les autres hommes de l’impact de ses découvertes et doit-il pour cette raison être tenu pour responsable de l’action des autres et de l’emploi futur de ses découvertes ? Est-ce que l’avenir et l’usage des découvertes scientifiques dépend directement du scientifique et de son libre-arbitre ?



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