Faut-il vouloir penser par soi-même ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Faut-il vouloir penser par soi-même ?
Rappelons que la problématique est l'ensemble des problèmes qui gisent sous le sujet, hiérarchisés en vue de leur résolution dans le corps de la dissertation. Pour qu'il faille vouloir penser par soi-même, il faut déjà que ça soit possible. Le premier problème que nous devons résoudre pour pouvoir répondre à la question du sujet peut donc se formuler sous la forme de la question suivante :
- Dans quelle mesure peut-on penser par soi-même ?
Répondre à cette première question limitera déjà le champ de la pensée autonome. Il faudra alors trouver un motif qui nous fera vouloir penser par nous-même, puis nous demander s'il est aussi un devoir. D'où les questions :
- Y a-t-il des raisons de vouloir penser par soi-même ?
- Ces raisons, s'il y en a, sont-elles des devoirs ?
Ici surgit un nouveau problème : le vouloir à un motif qui le détermine à se porter sur un objet, qui est ici la pensée libre. Or le vouloir appartient lui-même à la pensée (il en est une modalité). Comment peut-il être à la fois déterminé par un motif et relever de la pensée libre ? Ce qui est libre n'est précisément déterminé que par soi-même : il semble qu'il y ait contradiction entre l'objet et le motif du vouloir. La seule solution serait que la volonté se détermine sans motif, autrement dit, qu'elle soit autonome. C'est ce que démontre Kant : Référence : Kant, Critique de la raison pratique (Analytique, scolie II du § 7) « Le fait que nous venons d'indiquer est incontestable. Il suffit d'analyser le jugement que les hommes portent sur la conformité de leurs actions à la loi ; et l'on trouvera toujours que, quoi que puisse objecter l'inclination, leur raison cependant, incorruptible et contrainte par elle-même, confronte chaque fois la maxime de la volonté dans une action avec la volonté pure, c'est-à-dire avec elle-même en tant qu'elle se considère pratique a priori. » Kant nous présente un fait : chaque fois que nous agissons, nous jugeons notre action. Autrement dit, nous savons toujours si elle est bonne ou non. Ce jugement est la comparaison de notre action avec ce que nous commande la raison, à savoir, l'impératif catégorique formulé au § 7 du même ouvrage : « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse en même temps toujours valoir comme principe d'une législation universelle.
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