Félix ARVERS (1806-1850) (Recueil : Mes heures perdues) - La ressemblance

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Félix ARVERS (1806-1850) (Recueil : Mes heures perdues) - La ressemblance

Littérature

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	Félix ARVERS (1806-1850) (Recueil : Mes heures perdues) - La ressemblance
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  • recueil : Ouvrage où sont réunis des écrits, des documents de provenances diverses.

Alexis Félix Arvers : poète et dramaturge français qui a vécu de 1806 à 1850. Il doit sa réputation à un seul sonnet l'a rendu célèbre, l'une des pièces poétiques les plus populaires de son siècle, qui figure dans le recueil Mes Heures perdues.

Fils d'un marchand de vins de la ville, il fait ses études de droit et devient clerc de notaire, tout en gardant l’adent désir de devenir écrivain.  Il parvient à faire jouer une douzaine de comédies légères, le genre de comédies dont raffolait le public petit-bourgeois de Paris. Ces larges succès lui permettent de mener une existence de dandy, familier des boulevards et des coulisses des petits théâtres. Arvers fréquente alors le Cénacle de l'Arsenal, rencontrant notamment Alfred de Musset, dont il semble être très proche. A quarante-quatre ans, il décède d'une maladie de la moelle épinière, pauvre et oublié.

 

Mes Heures perdues : recueil publié en 1833 qui contient le fameux « Sonnet dit d’Anvers ».

« La ressemblance » :

• Poème composé de 7 strophes de six vers > 7 sizains.

• Chaque sizain est composé de 4 alexandrins et de 2 octosyllabes répartis selon le schéma : 2 alexandrins ; un octosyllabe ; 2 alexandrins ; 1 octosyllabe.

• Dans chaque sizain, les rimes sont réparties de la manière suivante :

- 2 rimes suivies, du type AA.

- 4 rimes embrassées, du type ABBA.

• Alternance respectée entre les rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et les rimes masculines.

 

« La ressemblance » : poème qui évoque l’illusion, la ressemblance entre deux femmes…

 



Félix ARVERS (1806-1850) (Recueil : Mes heures perdues) - La ressemblance

Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse
Au milieu des parfums respirer la mollesse,
En ce voluptueux séjour,
Où loin de tous les yeux, loin des bruits de la terre,
Les voiles enlacés semblent, pour un mystère,
Eteindre les rayons du jour,

Ne t'enorgueillis pas, courtisane rieuse,
Si, pour toutes tes soeurs ma bouche sérieuse
Te sourit aussi doucement,
Si, pour toi seule ici, moins glacée et moins lente,
Ma main sur ton sein nu s'égare, si brûlante
Qu'on me prendrait pour un amant.

Ce n'est point que mon coeur soumis à ton empire,
Au charme décevant que ton regard inspire
Incapable de résister,
A cet appât trompeur se soit laissé surprendre
Et ressente un amour que tu ne peux comprendre,
Mon pauvre enfant ! ni mériter.

Non : ces rires, ces pleurs, ces baisers, ces morsures,
Ce cou, ces bras meurtris d'amoureuses blessures,
Ces transports, cet oeil enflammé ;
Ce n'est point un aveu, ce n'est point un hommage
Au moins : c'est que tes traits me rappellent l'image
D'une autre femme que j'aimai.

Elle avait ton parler, elle avait ton sourire,
Cet air doux et rêveur qui ne peut se décrire.
Et semble implorer un soutien ;
Et de l'illusion comprends-tu la puissance ?
On dirait que son oeil, tout voilé d'innocence,
Lançait des feux comme le tien.

Allons : regarde-moi de ce regard si tendre,
Parle-moi, touche-moi, qu'il me semble l'entendre
Et la sentir à mes côtés.
Prolonge mon erreur : que cette voix touchante
Me rende des accents si connus et me chante
Tous les airs q'elle m'a chantés !

Hâtons-nous, hâtons-nous ! Insensé qui d'un songe
Quand le jour a chassé le rapide mensonge,
Espère encor le ressaisir !
Qu'à mes baisers de feu ta bouche s'abandonne,
Viens, que chacun de nous trompe l'autre et lui donne
Toi le bonheur, moi le plaisir !


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