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Sujet : La Foi est-elle l'ennemi de la preuve ?

Définitions des termes :
  • foi : Du latin fides, « confiance », « croyance ». a) Adhésion ferme de l'esprit à une vérité révélée, ou à un ordre de choses dépassant le simple domaine de l'expérience (exemple : la foi religieuse). b) En morale, fidélité à un engagement. c) Mauvaise foi : chez Sartre, mensonge que l'homme se fait à lui-même, pour ne pas voir une vérité déplaisante.
  • ennemi : Adversaire qui cherche à nuire.
  • preuve : Tout ce qui peut être invoqué à l'appui d'une affirmation: une démonstration, un fait, une vérification, un témoignage, etc. Souvent synonyme de démonstration.

Extrait du corrigé : L'idée d'infini implique une réalité infinie, et ne peut donc provenir que de Dieu, être infini. Cette idée a donc été placée par Dieu lui-même dans notre esprit et permet de prouver son existence, car il n'est pas possible de trouver la provenance de cette idée sans penser que Dieu existe. Descartes remonte donc de l'effet, la présence en nous de l'idée de Dieu, qui selon lui caractérise toute âme humaine, à sa cause, Dieu, qui existe et a placé en nous cette idée.               2° L'idée de Dieu est une création des hommes faibles             Nietzsche s'interroge également sur la provenance de l'idée de Dieu, mais pour en affirmer l'origine non pas divine, mais humaine. Dieu est une invention des hommes qui veulent oublier leur propre volonté de puissance, c'est-à-dire leur force de vie, la force de leur corps et de leurs désirs : parce qu'ils n'ont pas la capacité d'affirmer cette force et qu'ils en craignent les effets, les hommes faibles créent ce que Nietzsche nomme un « arrière-monde » pour oublier le monde dans lequel ils vivent et où ils ne peuvent s'assumer. L'idée de Dieu provient de ce besoin d'une transcendance, qui apporte une réponse à leurs souffrances par des promesses de vie éternelle dans un autre monde. Par leur incapacité d'agir, les hommes se basent sur l'idée de Dieu pour justifier leur faiblesse par une morale divine qui interdirait de donner libre cours à leurs désirs : ils parviennent ainsi à éviter que d'autres affirment leur volonté de puissance et les mettent en danger. Le surhomme est alors celui qui reconnaît que « Dieu est mort », qui reconnaît que l'origine de l'idée de Dieu est une création de notre esprit pour ne pas se confronter à l'affirmation de notre vie.               3° L'idée de Dieu est un idéal régulateur constitutif de notre raison             Nous avons vu que l'idée de Dieu pouvait être comprise comme une création de l'esprit humain qui revient à inventer une divinité. Mais ne peut-on penser que même dans l'hypothèse où Dieu n'existerait pas, ce que nous ne pouvons savoir avec certitude, l'universalité de l'idée de Dieu montre qu'elle joue un rôle positif dans notre existence ?

	La Foi est-elle l'ennemi de la preuve 	?

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Définitions

  • foi : Du latin fides, « confiance », « croyance ». a) Adhésion ferme de l'esprit à une vérité révélée, ou à un ordre de choses dépassant le simple domaine de l'expérience (exemple : la foi religieuse). b) En morale, fidélité à un engagement. c) Mauvaise foi : chez Sartre, mensonge que l'homme se fait à lui-même, pour ne pas voir une vérité déplaisante.
  • ennemi : Adversaire qui cherche à nuire.
  • preuve : Tout ce qui peut être invoqué à l'appui d'une affirmation: une démonstration, un fait, une vérification, un témoignage, etc. Souvent synonyme de démonstration.

Problématique

 La foi désigne une croyance d’un ordre religieux, portant à la fois sur l’existence de Dieu et sur sa nature (son omnipotence, et sa bonté absolue). Or le propre de la croyance en général est de consister en un assentiment que nous donnons à certains jugements, sans nécessairement avoir de bonnes raisons pour croire que ces jugements sont vrais. Dès lors la foi, en tant qu’elle relève de la croyance, semble être en conflit avec la preuve, qui désigne quant à elle un élément permettant d’établir avec certitude l’existence d’une chose, ou la vérité d’une thèse. En effet le propre de la preuve semble être de dissoudre la croyance, soit en montrant que cette croyance était fausse, et qu’il faut donc l’abandonner, soit en montrant qu’elle était vraie, mais alors elle est par la même transformée en connaissance, puisque l’on a dès lors de bonnes raisons de tenir l’existence de la chose ou la validité de la thèse soutenue pour vraies. Si la foi et la preuve portaient sur le même domaine, elles seraient donc ennemies, mais l’on peut aussi envisager que la preuve concerne un certain domaine de l’existence, tandis que la croyance concerne un autre domaine, sur lequel la preuve n’a pas de prise. En ce sens il n’y aurait de conflit entre preuve et foi que lorsque l’une ou l’autre prétendraient empiéter sur le domaine de l’autre. La question est alors de savoir dans quelle mesure on peut tracer le domaine propre de la foi et celui de la croyance.

 



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