La guerre peut-elle être juste ?
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Aperçu du corrigé : La guerre peut-elle être juste ?
Publié le : 28/9/2005 -Format:
- guerre : Conflit armé entre deux ou plusieurs Etats. Les problèmes posés par la guerre sont plutôt du ressort de la politique et du droit. En philosophie, on pose plutôt la question du fondement de ce droit et de la légitimité de la guerre.
- peut : Est-il possible, est-il légitime.
- être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
- juste : Qui est conforme au droit et à l'égalité des personnes.
Bien définir les termes du sujet :
- « La guerre » : le terme "juste" renvoie ici au fait que la guerre est une action qui peut porter préjudice aux individus ou groupes. Il ne s'agit donc pas d'une simple disposition avérée au combat, mais d'un conflit ouvert d'une lutte armée entre deux Etats, individus ou groupe d'individus. Elle oppose des ennemis, c'est-à-dire des entités ayant des intérêts contraires, et a en général pour but la défense, la conservation, ou la possession.
- « Etre juste » : Parler d'une chose ou d'un événement en demandant s'il est juste revient à poser une question morale. Autrement dit, il s'agit de savoir si la chose dont il est question – ici la guerre – est conforme à la justice ou à l'équité, si elle respecte les droits de chacun.
Construction de la problématique.
Le sujet ne tente pas ici de trancher une bonne fois pour toute si la guerre est ou non juste. Il s'agit simplement de savoir si dans certaines circonstances elle l'est ou non. Quoi qu'il en soit, le terme "juste" ne renvoie pas ici à une justice institutionnelle. En effet, la guerre ne concerne pas les lois, il ne s'agit pas de savoir quelle est la position de ces dernières sur ce type d'événement. La guerre fait s'affronter des hommes, et se solde toujours par la domination d'un groupe sur l'autre : le vainqueur étant celui qui se détermine comme celui qui a raison. Sa violence et son caractère destructeur l'entraînent à nier le droit des individus, à les menacer de mort, et à considérer que ce pour quoi elle se bat est supérieur aux existences individuelles.
Se pose donc la question de savoir au nom de quoi on peut nier les droits de chacun, et menacer sa vie. Qu'est-ce qui est supérieur aux existences individuelles et qui mérite le sacrifice des individus ?
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Lorsque nous considérons ce spectacle des passions et les conséquences de leur déchaînement, lorsque nous voyons la déraison s'associer non seulement aux passions, mais aussi et surtout aux bonnes intentions et aux fins légitimes, lorsque l'histoire nous met devant les yeux le mal, l'iniquité, la ruine des empires les plus florissants qu'ait produits le génie humain, lorsque nous entendons avec pitié les lamentations sans nom des individus, nous ne pouvons qu'être remplis de tristesse à la pensée de la caducité en général. Et étant donné que ces ruines ne sont pas seulement l'oeuvre de la nature, mais encore de la volonté humaine, le spectacle de l'histoire risque à la fin de provoquer une affliction morale et une révolte de l'esprit du bien, si tant est qu'un tel esprit existe en nous. On peut transformer ce bilan en un tableau des plus terrifiants, sans aucune exagération oratoire, rien qu'en relatant avec exactitude les malheurs infligés à la vertu, l'innocence, aux peuples et aux Etats et à leurs plus beaux échantillons. On en arrive à une douleur profonde, inconsolable que rien ne saurait apaiser. Pour la rendre supportable ou pour nous arracher à son emprise, nous nous disons: Il en a été ainsi; c'est le destin; on n'y peut rien changer; et fuyant la tristesse de cette douloureuse réflexion, nous nous retirons dans nos affaires, nos buts et nos intérêts présents, bref, dans l'égoïsme qui, sur la rive tranquille, jouit en sûreté du spectacle lointain de la masse confuse des ruines. » HEGEL
HTML clipboard "La raison (...) énonce en nous son veto irrésistible : Il ne doit y avoir aucune guerre ; ni celle entre toi et moi dans l'état de nature, ni celle entre nous en tant qu'États, qui bien qu'ils se trouvent intérieurement dans un état légal, sont cependant extérieurement (dans leur rapport réciproque) dans un état dépourvu de lois - car ce n'est pas ainsi que chacun doit chercher son droit. Aussi la question n'est plus de savoir si la paix perpétuelle est quelque chose de réel ou si ce n'est qu'une chimère et si nous ne nous trompons pas dans notre jugement théorique, quand nous admettons le premier cas, mais nous devons agir comme si la chose qui peut-être ne sera pas devait être, et en vue de sa fondation établir la constitution (...) qui nous semble la plus capable d'y mener et de mettre fin à la conduite de la guerre dépourvue de salut vers laquelle tous les États sans exception ont jusqu'à maintenant dirigé leurs préparatifs intérieurs, comme vers leur fin suprême. Et si notre fin, en ce qui concerne sa réalisation, demeure toujours un voeu pieux, nous ne nous trompons certainement pas en admettant la maxime d'y travailler sans relâche, puisqu'elle est un devoir."
Emmanuel Kant, Métaphysique des moeurs, Première partie : Doctrine du droit.
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