Sans autrui, puis-je être humain ?
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Aperçu du corrigé : Sans autrui, puis-je être humain ?
Publié le : 27/2/2005 -Format:
- sans : A l'exclusion de, exprime l'absence.
- autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
- être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
- humain : Sens 1: Personne humaine. Synonyme: individu. Sens 2: Qui a trait à l'homme. Sens 3: Sensible, compréhensif. Synonyme: accessible.
Analyse du sujet : La notion d'humanité pourrait-elle s'appliquer à une conscience solitaire ou suppose-t-elle au contraire l'intersubjectivité et l'appartenance à une société ? Autrement dit, l'individu isolé peut-il être autre chose qu'une abstraction ? Un Dieu ou une bête comme le dit Aristote.
Conseils pratiques : Mettez en lumière le caractère relationnel de l'existence humaine tant au niveau de la conscience qu'à ceux du langage, du travail, ou des échanges par l'exemple.
« D'autre part, la première communauté formée en vue de la satisfaction de besoins qui ne sont pas purement quotidiens est le village. »Il faut comprendre que famille et village sont régis par le besoin, par la nécessité naturelle de la vie, et ne sont pas propres à l'humanité.Le cas de la « polis » est différent. « Ainsi, formée au début pour satisfaire les besoins vitaux, elle existe pour permettre de bien vivre. » Dans la « polis » se réalise tout autre chose que la simple satisfaction des besoins : sa fonction initiale (satisfaire les besoins vitaux) découvre autre chose de beaucoup plus important : non plus le vivre mais le bien vivre. Non plus la simple vie biologique mais l'accès à la vie proprement humaine, qui dépasse la sphère économique pour atteindre la sphère morale.« Car c'est le caractère propre de l'homme par rapport aux autres animaux d'être le seul à avoir le sentiment du bien et du mal, du juste et de l'injuste, et des autres notions morales, et c'est la communauté de ces sentiments qui engendre famille et cité. »Seule la cité, la « polis », transcende les simples nécessités vitales et animales et permet à l'homme d'accéder à sa pleine humanité. Elle naît de la mise en commun de ce qui est spécifiquement humain : la raison et les sentiments moraux. Ainsi les modernes ont-ils tort de parler « d'animal social » : ce qu'Aristote désigne est moins l'appartenance à une communauté quelconque, ou encore régie par des intérêts « économiques », que l'accès à une sphère autre, seulement politique, et qui permet à l'homme de s'épanouir en tant qu'homme, de viser le bonheur, d'entretenir avec les autres hommes des liens libres, libérés de tout enjeu vital.
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