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Sujet : L'hypothèse d'un déterminisme inconscient prive-t-elle le sujet de responsabilité ?

Définitions des termes :
  • hypothèse : Proposition posée pour opérer un ensemble de déductions.
  • déterminisme : Principe selon lequel tous les phénomènes de la nature sont liés les uns aux autres par des lois invariables. A ne pas confondre avec fatalisme. Le déterminisme s'applique à une conception scientifique du monde. Comme l'écrit Claude BERNARD dans son Introduction à l'étude de la médecine expérimentale: "Le rôle du savant est de chercher à définir et à déterminer pour chaque phénomène les conditions matérielles qui produisent sa manifestation."
  • inconscient : Ce terme désigne l'ensemble des processus psychiques qui échappent à la conscience.
  • sujet : L'esprit qui connaît par opposition à l'objet connu. Egalement, en politique, l'individu soumis à l'autorité politique du souverain.
  • responsabilite : Caractère de celui qui doit répondre devant sa conscience ou devant Dieu de ses actes et de ses pensées.

Extrait du corrigé : Ici, l'exemple est simple dans la mesure où le président a sans doute parfaitement conscience qu'il ne veut pas être là. Mais dans bon nombre de cas, quand ma langue fourche, je ne sais pas pourquoi, c'est-à-dire que j'ignore moi-même ce qui me pousse à dire tel mot plutôt qu'un autre. Or pour Freud le cas est exactement identique et s'interprète de même, comme le conflit entre deux désirs dont l'un est gênant et peut être ignoré par le sujet. Il n'y a pas d'actes innocents ou anodins. Tous sont révélateurs d'un affrontement en moi de deux forces. L'hypothèse Freudienne de l'inconscient revient à dire que bon nombre d'actes « normaux » (oubli, actes manqués, rêves), mais aussi « maladifs », pathologiques (névroses, psychoses, obsessions) s'expliquent en gros selon le même schéma. L'individu subirait un conflit psychique (dans son âme), conflit parfois extrêmement violent entre les normes conscientes (morales, esthétiques, sociales) et des désirs qui bousculent et négligent ces règles. Ce second groupe de désirs, le sujet les trouverait, s'il en avait conscience, tellement monstrueux, qu'ils ne peuvent parvenir à la conscience que sous une forme voilée, déformée, indirecte : le lapsus, le rêve, ou le symptôme maladif. Le symptôme est  donc un compromis entre le  désir inconscient et inavouable que je subis, et les normes conscientes et morales que j'accepte. « Le moi n'est pas maître dans sa propre maison » signifie que je n'ai pas conscience et que je ne maîtrise pas, ne contrôle pas une bonne part de ce qui se passe en moi-même, ce conflit, ce symptôme.

L'hypothèse d'un déterminisme inconscient prive-t-elle le sujet de responsabilité ?

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Définitions

  • hypothèse : Proposition posée pour opérer un ensemble de déductions.
  • déterminisme : Principe selon lequel tous les phénomènes de la nature sont liés les uns aux autres par des lois invariables. A ne pas confondre avec fatalisme. Le déterminisme s'applique à une conception scientifique du monde. Comme l'écrit Claude BERNARD dans son Introduction à l'étude de la médecine expérimentale: "Le rôle du savant est de chercher à définir et à déterminer pour chaque phénomène les conditions matérielles qui produisent sa manifestation."
  • inconscient : Ce terme désigne l'ensemble des processus psychiques qui échappent à la conscience.
  • sujet : L'esprit qui connaît par opposition à l'objet connu. Egalement, en politique, l'individu soumis à l'autorité politique du souverain.
  • responsabilite : Caractère de celui qui doit répondre devant sa conscience ou devant Dieu de ses actes et de ses pensées.

Problématique

   L’inconscient désigne dans la tradition philosophique une réalité psychique profonde dont la conscience ne serait qu’une émanation particulière, plus précisément pour Freud il désigne l’appareil psychique au moyen duquel l’homme s’autocensure. Lorsque nous refoulons, tout ce que l’esprit conscient de l’homme ne peut pas conserver se retrouve immédiatement et à son insu dans sa partie inconsciente. Bien que l’inconscient soit encore contesté, il est majoritairement accepté par le monde scientifique et tend à expliquer des actes qui restent fermés à toute explication rationnelle. L’inconscient agit sur l’homme à travers des mécanismes qui lui sont encore inconnu, car il est par définition ce à quoi nous ne pouvons accéder par la pensée. Ainsi, ce monstre obscur tapi au fond de l’esprit humain et capable de nous faire agir selon des règles qui nous échappent n’entraîne t il pas un problème éthique? Si j’ignore quelle sorte d’influence l’inconscient peut avoir sur moi, comment puis je me sentir responsable de mes actes? Tous mes actes ne sont ils pas dans ce cas profondément motivés par mon inconscient?
    Pour Alain, l’inconscient est un animal redoutable qui menace le sujet libre. Mes actes ne doivent pas t ils pas être le fruit de mes codes moraux et pour cela être issus d’une pensée consciente? Être responsable de ses actes n’est ce pas avoir une idée claire et transparente de tout ce que je fais? Lorsque l’on juge quelqu’un de responsable, on dit qu’il « sait ce qu’il fait ». La responsabilité ne se baserait donc que sur l’acte en lui même et non sur les motivations de ces actes. L’inconscient peut nous suggérer énormément d’actes cependant nous gardons la faculté de les juger, non pas sur leurs origines mais sur leur valeur morale. Ainsi, l’homme n’est pas un animal sous l’emprise de son inconscient possiblement diabolique, mais un être rationnel qui possède la capacité de choisir après jugement les actes qu’il est en capacité de faire. Nous ne portons non pas notre responsabilité sur les  racines inconscientes de nos actes qui demeureront inconnues mais sur notre capacité à appliquer un jugement moral sur nos actions . Ainsi l’être moral reste responsable de ses actes tant qu’il en est conscient.



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