Est-il immoral de vivre pour le plaisir ? *
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La nature du plaisir est d'être égoïste et violent. L'homme devient morale dans la mesure où il renonce à satisfaire immédiatement ses désirs. Vivre pour le plaisir est immoral (Kant). Mais, le plaisir - comme le bonheur - est le souverain bien (Aristote). Les hommes recherchent naturellement la jouissance (Epicure).
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De la même façon qu'au début du texte, l'auteur commence par établir au moyen d'un raisonnement très elliptique, ce qu'il cherche à montrer, et ne donne que par la suite la justification de ses présupposés. Il faut expliquer ici pourquoi la vie heureuse correspond à la vie vertueuse, et pourquoi la vie vertueuse est une chose sérieuse. L'auteur répond méthodiquement à ces deux réquisits. B. La vie heureuse consiste dans la vie vertueuse, car le bonheur le plus grand réside dans l'acte de l'homme le meilleur. En effet, nous savons que le bonheur est une fin en soi. Or nous ne pouvons rien désirer de mieux que l'accomplissement du tèlos de l'homme le meilleur (l'homme vertueux). Par conséquent, le tèlos de l'homme en général réside dans l'acte de l'homme le meilleur, dans lequel se trouve aussi le bonheur le plus grand. C. Ce qui est meilleur est aussi plus sérieux, du moins avons-nous des raisons de le penser.
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- [Le plaisir est fondamentalement égoïste. On ne peut fonder la morale sur le plaisir, parce que la jouissance ne tient pas compte d'autrui. En outre, le plaisir relève du corps, partie vile de l'être humain.]
- [Le plaisir - qu'il soit des sens ou de l'esprit - constitue le souverain bien. Le plaisir du corps doit être exalté plutôt que brimé. Les hommes recherchent naturellement la satisfaction des sens.]
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Nous disons que le plaisir est la fin de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des hommes débauchés ni de ceux qui consistent dans la jouissance, comme l'imaginent certaines gens, mais nous entendons le plaisir comme l'absence de douleur pour le corps, l'absence de trouble pour l'âme. Car ce ne sont ni des beuveries et des festins à n'en plus finir, ni la jouissance de jeunes garçons ou de femmes, ni la dégustation de poissons et de bonne chère que comporte une table somptueuse, qui engendrent la vie heureuse, mais c'est un entendement sobre et sage, qui sache rechercher les causes de tout choix et de toute aversion et chasser les opinions fausses, d'où provient pour la plus grande part le trouble qui saisit les âmes. Or le principe de tout cela, et par conséquent le plus grand bien, c'est la prudence. Et voilà pourquoi la prudence est une chose plus précieuse que la philosophie elle-même ; car c'est elle qui donne naissance à toutes les autres vertus, en nous enseignant qu'il est impossible de vivre heureusement sans vivre avec prudence, honnêteté et justice, comme il est impossible de vivre avec prudence, honnêteté et justice sans vivre par là même heureusement. Epicure
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Est-il immoral de vivre pour le plaisir ?