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Sujet : L'infinie liberté

Définitions des termes :
  • liberté : Ce mot, en philosophie a trois sens : 1° Libre arbitre. Pouvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d'eux. 2° Liberté de spontanéité. S'oppose non plus au déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure. 3° Liberté du sage. État de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison.

Extrait du corrigé : Sentiment qui en lui-même est toujours imprécis, diffus, et qui ne peut aboutir qu'à un repérage dont la conceptualité n'est pas la qualité principale : que signifient exactement des actes « émanant » de la personnalité ou l'" exprimant » ? Comment la personnalité est-elle ainsi « traduite » en acte ? On a du mal à le savoir.Mais de telles remarques feraient le jeu de Bergson lui-même, qui se garde bien ici, à propos de la liberté, de céder à la rigueur conceptuelle, et qui indique même que c'est précisément lorsqu'on pratique des distinctions conceptuelles trop raffinées que l'on se condamne à ne plus rien comprendre de la nature vécue de la liberté. [II - Réponses à deux objections]Une analyse du repérage proposé par Bergson pourrait en effet souligner que, si la personnalité colore l'acte, c'est bien que ce dernier est alors déterminé par ce qui est nommé « caractère ».La réplique à une telle objection est simple : la distinction entre un moi qui agit et un moi qui sent ou qui pense n'est qu'un artifice de présentation, résultant d'une analyse nous éloignant par définition de ce qui a lieu dans l'existence. Admettre que le moi qui pense (le caractère) aurait ainsi le pouvoir de « peser » sur le moi qui agit est une illusion « puérile »en fait les «deux moi » n'en font qu'un, c'est leur mélange qui compose ce que Bergson nomme « personnalité », à l'intérieur de laquelle le caractère se trouve intégré de telle façon qu'il ne risque pas de s'en extraire pour exercer la moindre « pesée » sur un aspect différent du moi. Il y a ainsi va-et-vient constant entre la pensée et l'action, on ne peut isoler sérieusement l'une de l'autre, ni concevoir que l'une soit « cause » de l'autre.C'est encore une puérilité de penser que les modifications de notre caractère nous seraient étrangères, venant ainsi contester la possibilité même de notre liberté dès lors que nous n'obéirions qu'à des déterminations extérieures. Bergson admet évidemment que le caractère subit quotidiennement des modifications, mais il souligne que celles-ci ne viennent pas se greffer, comme des corps hétérogènes, sur le moi : elles sont destinées à fusionner avec lui.

L'infinie liberté

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