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Sujet : l'intention fait-elle seule la valeur morale de l'acte ?

Définitions des termes :
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • valeur : Qualité ou signification d'une chose abstraite (le vrai, le bien). C'est à partir de Nietzsche que la notion de valeur a été introduite dans la philosophie. Nietzsche a critiqué de façon radicale les valeurs chrétienne, trouvant l'origine de toute valeur chez l'homme.
  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.

Extrait du corrigé : Ainsi, l'ouvrier qui travaille par amour du travail bien fait, le père qui peine pour ses enfants, n'agissent pas mal, mais leur activité n'est moralement bonne que s'ils agissent dans la pure intention de se conformer à la loi. S'ils n'atteignent pas ce niveau, ils observent la « légalité », mais ils ne s'élèvent pas jusqu'à la moralité ».Il est aussi une certaine conception de la morale religieuse, qui se rapproche sensiblement de la théorie kantienne : celle qui voit l'unique fondement de la moralité dans l'obéissance fidèle à la volonté de Dieu.En poussant ces conceptions jusqu'à ses dernières conséquences logiques, ainsi que l'a fait Kant, on en viendrait à déclarer que, non seulement il importe peu d'aimer son travail, sa famille et les autres objets de devoirs, mais qu'il est préférable de n'éprouver pour eux aucun attrait ou même de ne ressentir à leur égard que répugnance. Alors seulement, en effet, l'observation de la loi serait commandée par l'intention supérieure qui fait toute la moralité et non par l'attachement à un bien objectif déterminé.Le caractère paradoxal de ces conclusions nous avertit que, sans doute, les thèses de départ sont fausses. Et, de fait, la loi morale ou la volonté de Dieu ne sont pas le fondement dernier de la moralité. Il reste, en effet, un problème à résoudre : pourquoi la loi morale et la volonté de Dieu m'imposent-elles certains actes tandis qu'elles m'en interdisent d'autres ? A cette question, on ne peut faire qu'une réponse rationnelle : à cause du bien et du mal que présentent ces actes. Cela dit, il est facile de voir que c'est la morale de l'intention, la morale de la volonté de Dieu aussi bien que la morale du respect de la loi, qui reste au niveau inférieur tandis que la morale du bien s'élève jusqu'à la raison dernière de l'authentique activité morale.

l'intention fait-elle seule la valeur morale de l'acte 

?

Corrigé : l'intention fait-elle seule la valeur morale de l'acte 

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