Jean-Jacques Rousseau dans "Julie ou la Nouvelle Héloïse": Le désir comme essence de l'homme

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Jean-Jacques Rousseau dans "Julie ou la Nouvelle Héloïse": Le désir comme essence de l'homme

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Aperçu du corrigé : Jean-Jacques Rousseau dans "Julie ou la Nouvelle Héloïse": Le désir comme essence de l'homme



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Publié le : 4/8/2010 -Format: Document en format FLASH protégé

Jean-Jacques Rousseau dans
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Ce texte de Jean-Jacques Rousseau est extrait de Julie ou la Nouvelle Héloïse, 1761. Il y est question du désir. L’auteur se livre à deux descriptions la description tout d’abord de l’état de désir, c’est-à-dire lors de l’absence de ce qui est désiré l’imagination pallie à cette absence en embellissant l’image de ce qui est désiré. Ensuite, Rousseau décrit l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on vient à posséder ce qui était désiré la réalité ne peut rivaliser avec la beauté qu’avait produite l’imagination. Rétrospectivement, on se rend compte qu’il n’y a illusion et beauté que lors du désir et que le plaisir qu’elles procurent est bien supérieur à celui de la possession et de la jouissance de l’objet désiré. Pour Rousseau, la vie ne vaut vraiment d’être vécue que si elle est emplie de désirs.
 Ce texte s’organise en trois moments ; dans un premier moment. des lignes I à 3, il nous est dit que le bonheur est dans le désir plus que dans la possession de ce qui est désiré. Dans un second moment, des lignes 3 à 12 Rousseau démontre que l’homme est fait pour désirer; sa capacité à désirer, en effet, lui rend comme présent l’objet de son désir tandis que la possession donc qu’il désire détruit la beauté qu’avait produite l’imagination. Enfin, dans un dernier moment, des lignes 13 à 17, l’auteur procède à une généralisation et conclut que vivre, pour l’homme, ce n’est pas jouir de tout niais c’est essentiellement éprouver du désir, c’est à dire éprouver l’absence de ce dont on voudrait jouir.
 Nous nous proposons de faire une explication linéaire et détaillée de ce texte. Suivra une réflexion personnelle à propos de cette caractéristique humaine décrite par Rousseau ; caractéristique qui amène l’homme à anticiper, à imaginer, à rendre comme présent ce qui pourtant est absent et qui est peut-être à l’origine de sa créativité tant artistique que technologique:
 l’homme est-il cet animal très particulier qui se distingue des autres animaux par sa capacité à changer son milieu et à se changer lui-même parce qu’il est un être de désir, c’est-à-dire un are éternellement insatisfait ? Que manque-t-il à l’homme pour qu’il désire tant ?
 «Malheur à qui n’a plus rien à désirer o (L. 1), déclare Rousseau la phrase sonne comme une sentence et une mise en garde. Or elle semble heurter le sens commun. En effet, le désir est généralement considéré comme le moment qui précède la satisfaction, moment fait d’angoisse mais aussi de doute car tant qu’on n’a pas obtenu ce qu’on désirait, on n’a rien et on est donc, sinon malheureux, tout du moins dans l’attente d’un bonheur à venir. Ce sens commun est hérité de l’étymologie du mot « désir». «Désir» vient en effet de « desiderare » en latin, qui signifie « le regret de l’absence du ciel étoilé », l’avenir étant lu dans les étoiles, alors, par certains devins. Or Rousseau nous prédit le malheur non pendant le désir, ce qui s’accorderait avec l’idée d’angoisse et d’attente contenue dans le mot « désir», mais au contraire malheur si l’on « n’a plus rien à désirer » (L. 1) Il faut donc comprendre que le bonheur est dans le désir. Comment expliquer ce paradoxe ? La phrase suivante propose une première explication celui qui n’a plus rien à désirer « perd (...) tout ce qu’il possède» (L. 1-2). Le paradoxe semble s’accroître: car que peut perdre celui qui désire, c’est-à-dire celui qui ne possède pas encore ce qu’il souhaite ? Apparemment, il ne peut rien perdre. Plus encore, on pourrait penser que celui qui n’a plus rien à désirer est ainsi libéré de tout désir, de toute attente, de toute angoisse quant à l’obtention de ce qu’il désire : il devrait non pas perdre mais gagner en bonheur, en indépendance et en liberté... Les lignes suivantes fournissent un complément d’explication. (On remarque à ce propos que Rousseau s’explique non pas de manière directe mais par le biais d’une suite de phrases qui contribuent à installer une logique sous-jacente.) « On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère » (L. 2):
 Rousseau a bien en vue la notion de jouissance, qui peut s’apparenter an plaisir. Mais cette jouissance, curieusement, ne vient pas avec l’obtention, « on obtient» (L. 2) de ce qui était désiré mais elle surgit avec l’espérance « on espère » (L. 2), c’est-à-dire lors de l’attente qui caractérise le désir de quelque chose ou de quelqu’un. Ainsi, Rousseau semble privilégier seulement le sens optimiste de l’étymologie du mot « désir», c’est-à-dire l’attente emplie d’espoir. Le sens pessimiste associé aussi à l’étymologie du mot, avec l’idée d’angoisse, n’apparaît pas. Jean-Jacques serait-il un optimiste né, un optimiste à toute épreuve?!
 Il affirme, dans la suite logique de ce qui précède, que « f on n’est heureux qu’avant d’être heureux » (L . 2-3), c’est-à-dire que le véritable bonheur n’est pas celui que l’on croit, à savoir le bonheur lors de l’obtention de ce qui a été désiré ; le véritable bonheur est dans l’attente, pleine d’espérance, c’est-à-dire dans le désir
 Ceci appelle au moins deux remarques d’ordre logique. Tout d’abord, il e bien fallu que Rousseau fasse au moins une fois dans sa vie l’expérience du désir puis, de la concrétisation de ce désir, c’est-à-dire qu’il a bien fallu qu’il obtienne au moins une fois dans sa vie ce qu’il désirait pour pouvoir, de la sorte, nous affirmer que le moment de l’obtention était finalement un moment moins heureux que le moment de l’attente, c’est-à-dire le moment du désir. La théorie que nous propose Rousseau est une théorie issue manifestement d’une expérience personnelle: ce ne sont pas de purs principes qui la sous-tendent. Ensuite, seconde remarque d’ordre logique mais sous forme de question il a bien fallu que son expérience se soit soldée par un résultat qu’il a jugé. Il a obtenu ce qu’il désirait, donc son désir a été exaucé au moins une fois dans sa vie (Jean-Jacques n’est pas un homme absolument frustré...) : mais cette concrétisation a-t-elle été une bonne on une mauvaise expérience ? Ce fut une bonne expérience (logiquement parlant) au sens où ce fia le réalisation de son désir, mais ce M peut-être une mauvaise expérience puisque. rétrospectivement, il nous affirme que le vrai bonheur a été celui de l’attente. Alors : Jean-Jacques est-il un éternel insatisfait ou bien serait-il vrai que le véritable bonheur est dans le désir et non dans la réalisation du désir?
 Dernière remarque &il s’avère que le vrai bonheur est dans le désir et non dans sa réalisation, ceci semble tellement aller à l’encontre du sens commun que ce ne sera une vérité que pour ceux qui l’auront éprouvée, c’est-à-dire pour ceux qui auront vraiment expérimenté le désir, sa réalisation, et qui se seront donnés la peine de comparer les deux moments afin de s’être rendus compte de ce phénomène pour le moins paradoxal. Les ligues qui suivent nous proposent la comparaison de ces deux moments ; leur portée, par ailleurs, est très générale (Rousseau évoque « l’homme ») : il s’agirait donc non pas d’un sentiment propre à l’auteur mais d’une vérité universelle...
 Rousseau s’explique «En effet, l’homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir>) (L. 3-4) : il faut comprendre cette phrase de la sorte : l’homme est ainsi fait qu’il est avide, borné et finalement jamais satisfait. Il serait donc dans la nature de l’homme, de ses instincts ou de sa génétique, d’être avide, c’est-à-dire de vouloir tout avoir et d’être borné, c’est à dire d’être limité dans la conception de son vouloir. Par borné, il ne faut pas comprendre que l’homme est intelligent mais plutôt que le domaine d’expression de sa volonté est restreint ; par quoi ? La suite du texte nous permettra peut-être d’y répondre. Il est aussi dans la nature de l’homme de « tout vouloir» (L. 3-4) (on retrouve son avidité fondamentale) et de « peu obtenir» (L. 4). Cette dernière caractéristique semble moins évidente, tout d’abord parce qu’elle est en contradiction avec les précédentes : si l’homme est fait pour tout vouloir, cornent se fait-il qu’il n’obtienne pas ce qu’il désire? Est-ce dû à sen état de bêtise originelle (l’homme serait né stupide) ou bien à une malédiction d’origine divine peut-être 7 La suite du texte, qui évoque « une force consolante » (L. 4) venue « du ciel » (L. 4) ne semble pas accréditer cette idée de malédiction qui viendrait de Dieu puisque, justement, ce Dieu a donné à l’homme une « force consolante » (L. 4). On ne voit pas bien quelle logique il y aurait à ce que d’une part Dieu maudisse le genre humain et d’autre part le console...
 L’idée que l’homme obtient peu trouve peut-être son origine dans la mythologie grecque selon laquelle l’homme est un être nu, sans griffes, ni cornes, ni carapace, ni fourrure et qui ne doit sa survie qu’au feu et à l’intelligence industrieuse (l’intelligenc...



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Problématique

J'ai donc la capacité sous l'influence de mon caractère d'accomplir des actes qui font de moi un être libre, mais également par l'exercice de ma liberté, de modifier ce même caractère. On entre alors dans une sorte de processus inverse dans la mesure où c'est la liberté qui influe sur le caractère. Cela ne créerait-il pas un déséquilibre du caractère et/ou de la liberté? De par l'expérience, le caractère est forcément modifié, par conséquent le moi est lui aussi modifié; logiquement il en va de même quant à nos actes et finalement à notre liberté. Deux possibilités s'offrent alors à nous : soit nous subissons ces modifications, soit nous nous les approprions. Dans le premier cas, lorsque nous n'agissons pas, nos « acquisitions nouvelles » ne font que se rattacher au moi. Elles sont secondaires et notre liberté en souffrirait certainement : il ne serait pas possible d'agir pleinement sans un moi qui soit unanime.

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Textes / Ouvrages de référence

Citations

Les fripons sont d'honnêtes gens comme tout le monde! Julie ou la Nouvelle Héloïse Rousseau, Jean-Jacques

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Il y a souvent plus de stupidité que de courage dans une constance apparente. Julie ou la Nouvelle Héloïse Rousseau, Jean-Jacques

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Les sensations ne sont rien que ce que le coeur les fait être. Julie ou la Nouvelle Héloïse Rousseau, Jean-Jacques

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Il n'y a que le délire de ma passion qui puisse voiler l'horreur de ma situation présente. Julie ou la Nouvelle Héloïse, I, Lettre XXXV Rousseau, Jean-Jacques

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Il y a toujours vingt à parier contre un qu'un gentilhomme descend d'un fripon. Julie ou la Nouvelle Héloïse Rousseau, Jean-Jacques

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l'âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu'à la tristesse prolongée. Julie ou la Nouvelle Héloïse Rousseau, Jean-Jacques

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Les ruisseaux qui traversent les prairies sont bordés d'arbrisseaux et de bocages délicieux. Jean-Jacques Rousseau, Julie, ou la Nouvelle Héloïse, Gallica

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Quelquefois les vendangeuses chantent en choeur toutes ensemble, ou bien alternativement à voix seule et en refrain. Jean-Jacques Rousseau, Julie, ou la Nouvelle Héloïse, Gallica

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Les hommes à qui l'on parle ne sont point ceux avec qui l'on converse. Julie ou la Nouvelle Héloïse Rousseau, Jean-Jacques

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