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Sujet : La justice a-t-elle besoin d'institutions?

Définitions des termes :
  • justice : a) Juste reconnaissance du mérite et des droits de chacun. b) Caractère de ce qui est conforme au droit positif (légal) ou au droit naturel (légitime).
  • besoin : Ce qui est nécessaire à l'existence, à la conservation ou au développement d'un être vivant. En dehors des besoins strictement vitaux (boire, manger, dormir), on peut identifier chez l'homme des besoins spirituels et moraux (aimer, être aimé, être reconnu, etc.) dont semble dépendre son épanouissement.

Extrait du corrigé : Est-elle exclusivement fonction de la décision et de la volonté des hommes de telle sorte qu'elle n'est rien d'autre qu'une convention ?   b)     la justice est sentie, éprouvée Lorsque pour un même travail, deux individus perçoivent un salaire différent ou quand un homme est emprisonné pour une faute qu'il n'a pas commise, nous éprouvons de l'indignation face à ces situations que nous n'hésitons pas à qualifier intuitivement d'injuste, et cela, avant même d'opérer le moindre raisonnement ; nous sommes choqués et traduisons ce sentiment en arguant que « ce n'est pas juste ». Ainsi on peut facilement poser que notre aspiration à la justice est essentiellement motivée par ce sentiment d'injustice. Ainsi la justice n'aurait pas besoin d'institutions dans la mesure où elle est d'abord sentie, elle est, selon les mots de Rousseau, « une affection de l'âme éclairée par la raison [...], un progrès ordonné de nos affections primitives ». En effet, l'amour de soi et la pitié sont, selon l'auteur de l'Emile, les deux sources du sentiment de justice. Naturellement, l'homme est d'abord enclins à se conserver mais aussi à prendre part aux souffrances d'autrui : la pitié est le sentiment de l'amour de soi étendu aux autres et cette extension donne lieu à la justice. Or pour que l'homme opère une telle généralisation (sans laquelle, la pitié est seulement faiblesse et non pas une vertu), il faut l'éduquer.   Transition : -          Ce dont la justice a besoin, en tant qu'elle relève du sentiment primitif qu'est la pitié, c'est de l'amour du genre humain : pour mener à la justice, la pitié doit s'élargir en vertu : « étendons l' amour propre sur les autres êtres nous la transformerons en vertu ». Rousseau pense donc que la justice n'existe que lorsque l'on s'élève à l'amour du genre humain (opposé à l'intérêt particulier et égoïste) -          Cependant, si la justice existe indépendamment des institutions, comment expliquer la pluralité et la diversité des principes de justice établis par les hommes ? Citons Pascal : si chacun connaissait la  justice, « on la verrait plantée par tous les états du monde, et dans tous les temps, au lieu qu'on ne voit rien de juste ou d'injuste qui ne change de qualité en changeant de climat » (Pensées, éd Brunschvig 294) -          Problème : si justice peut être sentie par tous, il n'y a alors besoin que d'éduquer les hommes à l'amour d'autrui, et toute autre institutions (tribunal, assemblée législatrice, école de droit ...) est superflue.

	La justice a-t-elle besoin d'institutions?

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Définitions

  • justice : a) Juste reconnaissance du mérite et des droits de chacun. b) Caractère de ce qui est conforme au droit positif (légal) ou au droit naturel (légitime).
  • besoin : Ce qui est nécessaire à l'existence, à la conservation ou au développement d'un être vivant. En dehors des besoins strictement vitaux (boire, manger, dormir), on peut identifier chez l'homme des besoins spirituels et moraux (aimer, être aimé, être reconnu, etc.) dont semble dépendre son épanouissement.

Problématique

Analyse du sujet :

  • « avoir besoin de … » = ne pas pouvoir se passer de … ; le besoin marque une nécessité, un lien de dépendance forte
  • Ainsi, le sujet invite à se demander si les institutions sont indispensables à la justice : peut-on penser la justice séparément des institutions, indépendamment des structures politiques et sociales établies par la loi ?
  • Enjeu : la justice n’est-elle affaire que de convention ? Doit-on admettre tout ce qui est légal comme légitime ? Est-il sensé de distinguer légitimité (conformité à une loi morale ou à un principe de justice pressentie dans la conscience individuelle ou collective) et légalité (conformité aux lois établies, au droit positif) ?
  • La difficulté du sujet tient à ce que d’un côté, les institutions sont diverses (ne sont pas les mêmes selon les sociétés) et varient selon les époques, alors que de l’autre, le sentiment de justice ou même son idée paraît identique et invariable.

 

Problématique : la justice repose-t-elle strictement sur des conventions humaines ou relève-t-elle d’un sens moral fondateur d’une norme du juste en soi ? La justice a-t-elle besoin d’institutions, afin de ne pas être un idéal abstrait, ou bien peut-elle être pensée à part de ces dernières, permettant ainsi de contester ou contrôler les institutions ? Dans cette dernière perspective, comment s’accorder sur ce qu’est le juste en soi ? devons-nous accorder à Pascal que la justice instituée est la seule justice du seul fait qu’elle est instituée ?



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