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Sujet : Les sciences morales peuvent-elles et doivent-elles être calquées sur les sciences de la nature ?

Définitions des termes :
  • science : Ensemble des connaissances portant sur le donné, permettant la prévision et l'action efficace. Corps de connaissances constituées, articulées par déduction logique et susceptibles d'être vérifiées par l'expérience.
  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.
  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.

Extrait du corrigé : Au contraire, les sciences morales ont pour centre essentiel d'intérêt l'activité spirituelle de l'homme et des sociétés humaines. Sans doute, cette activité a des effets dans le monde matériel, mais, pour expliquer ces événements matériels eux-mêmes, les sciences morales recourent à la considération de la vie intérieure ou psychique, et c'est par cela précisément qu'elles se distinguent des sciences de la nature. B. La différence d'objet entraîne une différence de méthode. - a) Comme les sciences de la nature, les sciences morales partent de l'observation; mais tandis que les premières se contentent de l'observation externe, les secondes recourent aussi constamment, d'une façon plus ou moins réfléchie ou explicite, à l'observation interne ou par la conscience : c'est l'introspection seule qui, non seulement en psychologie, mais encore en sociologie et en histoire, peut donner une idée des faits qu'elles étudient; c'est aussi elle qui suggère la plupart des hypothèses explicatives; c'est enfin par une expérience imaginaire interne que ces hypothèses sont soumises à une première vérification. b) Ainsi, l'expérimentation intervient dans les sciences morales comme dans les sciences de la nature, mais sous des formes bien différentes. Dans les sciences morales, on expérimente au sens fort du terme, c'est-à-dire que .l'on vit ou que l'on revit soi-même le fait étudié : jalousie ou association d'idées, atmosphère de crise politique ou de défaite, patriotisme ou sentiments religieux. Dans les autres sciences, l'expérience consiste à provoquer un phénomène qu'on observe toujours du dehors et jamais du dedans; on constate, on n'éprouve pas. Mais on entend par expérimentation scientifique la production d'un phénomène dans des conditions rigoureusement déterminées avec la possibilité de le reproduire dans des conditions identiques et de varier à volonté ces conditions.

Les sciences morales peuvent-elles et doivent-elles être calquées sur les sciences de la nature ?

Corrigé : Les sciences morales peuvent-elles et doivent-elles être calquées sur les sciences de la nature ? Corrigé de 1112 mots (soit 2 pages) directement accessible

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