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Sujet : La liberté de penser consiste-t-elle à penser n'importe quoi ?

Définitions des termes :
  • liberté : Ce mot, en philosophie a trois sens : 1° Libre arbitre. Pouvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d'eux. 2° Liberté de spontanéité. S'oppose non plus au déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure. 3° Liberté du sage. État de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison.
  • penser : Exercer une activité proprement intellectuelle ou rationnelle; juger; exercer son esprit sur la matière de la connaissance; unir des représentations dans une conscience.

Extrait du corrigé : La pensée, lorsqu'elle est publique, est comme l'acte : elle doit tomber sous le coup de la loi. La loi n'est pas nécessairement juridique, elle peut être aussi morale. Ce sont les religions qui condamnent les « mauvaises pensées ». Le croyant risque de tomber sous le coup de la faute s'il confond liberté et licence, pensée de l'autre et convoitise de l'autre. La religion soumet donc la liberté de penser à un droit de regard du confesseur. Dans la religion catholique par exemple, la mauvaise pensée est appelée «péché », exactement au même titre que l'action et que l'omission, lorsqu'elles sont dénaturées.L'aspect moral d'une limitation de la pensée débouche sur la culpabilité lorsqu'une mauvaise pensée est entretenue avec délice dans le secret d'une interdiction transgressée. Sous le regard de Dieu, il serait donc possible de se compromettre en faisant un usage libre de notre pensée. Pourtant, la spiritualité est parfois considérée elle-même comme l'illustration d'une pensée à ce point libre qu'elle va jusqu'à inventer une instance divine supérieure (cf. Nietzsche).

La liberté de penser consiste-t-elle à penser n'importe quoi ?

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Définitions

  • liberté : Ce mot, en philosophie a trois sens : 1° Libre arbitre. Pouvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d'eux. 2° Liberté de spontanéité. S'oppose non plus au déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure. 3° Liberté du sage. État de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison.
  • penser : Exercer une activité proprement intellectuelle ou rationnelle; juger; exercer son esprit sur la matière de la connaissance; unir des représentations dans une conscience.

Problématique

Angle d’analyse


La liberté de penser est revendiquée comme un droit, que ce soit au sein d’une communauté (famille, entreprise, etc.), ou à l’intérieur d’un Etat. Tous les totalitarismes impliquent la volonté du pouvoir de contrôler les esprits, de nier la liberté individuelle jusqu’à sa racine la plus profonde, la liberté de penser. En dépit de l’enjeu politique manifeste qu’elle représente, la notion de liberté de penser n’est pas si aisée à comprendre, dès lors qu’on cherche à la distinguer de la liberté d’expression. On sait parfaitement comment l’Etat peut contrôler les différents moyens d’expression (les médias). Mais comme expliquer l’idée d’un contrôle exercé sur cette activité intérieure et muette de chacun qu’est la pensée ?
 On se rend compte, à travers le « consiste-elle » que c’est la question de la définition précise et légitime de la liberté de penser en tant que telle qui est en jeu dans cette question. Il s’agit donc de savoir si notre capacité à penser tout et n’importe quoi correspond, par excellence, à ce qu’on appelle (et ce à quoi on tient tant)  « liberté de penser ».
 C’est donc la définition de la liberté de penser, conformément à son essence, qui est ici mise à la question. Si effectivement, cette capacité technique qui fait que je peux penser tout et n’importe quoi (même finalement ce que je ne pense pas réellement…) témoigne d’une liberté, définie comme une capacité infinie de la volonté qui peut se déterminer pour « tout et n’importe quoi » justement, est-ce pour autant l’expression l’essence de la liberté de penser.
Il faut ainsi rappeler qu’on peut difficilement séparer, même si elles sont distinctes, la liberté de penser et la liberté d’expression. Car en effet, notre liberté de penser ne prend vraiment sens et forme que pour autant qu’on peut l’exprimer. Or dire tout et n’importe quoi, de manière indifférente, est-ce que cela prouve, de manière effective, que je suis libre de penser ?

Problématique

    On s’interroge ici clairement sur la définition de la liberté de penser. Il s’agit de savoir si cette dernière réside, comme on le pense communément, dans une capacité à penser tout et n’importe quoi de manière indifférente. Peut-on, en droit, définir cette liberté si fondamentale et si chère à l’individu, comme le pouvoir penser tout ce qu’on veut, indifféremment ? N’est-ce pas bien au contraire une négation de cette liberté de penser que d’en faire une simple capacité du « tout et n’importe quoi » ? N’est-ce pas dans la réflexion de la pensée sur elle-même que s’exprime le plus essentiellement notre liberté de penser ?



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