La liberté, est-ce satisfaire tous ses désirs ? *
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Aperçu du corrigé : La liberté, est-ce satisfaire tous ses désirs ?
Parce que l'homme est d'abord un être de raison, il ne peut suivre aveuglément ses désirs et ses passions. De Platon à
Descartes, c'est une tradition philosophique extrêmement forte qui voit dans le désir une menace pour l'intégrité de la raison et pour la liberté elle-même.
D'un point de vue métaphysique, en effet, on peut dire que le désir est le signe de la finitude humaine, de l'imperfection : parce qu'il est signe de manque, de privation, de besoin. L'être qui désire est un être fini - une "créature". Mais cette conception repose, en définitive, sur une représentation trop négative du corps.
C'est pourquoi les Modernes ont réhabilité le corps et ses désirs. Pour eux, l'homme est un être de désir. En ce sens, le désir n'est pas une privation, il est affirmation de soi. Il est tension, puissance et production. Ce renversement de la question du désir revient à fonder une conception neuve de la liberté.![]()
Dès lors si la vie commune peut parfois étouffer de grandes individualités potentielles, elle est cependant le seul lieu de leur possibilité. En réalité le danger reste très minime : être une personnalité d'exception étant une question d'éthique et non pas de nature, autrement dit la semblance étant une position subjective et non un état objectif, il faudrait des circonstances extrêmement particulières et rares pour qu'un individu ne soit pas totalement responsable de sa vie. Donc même si l'on admet cette absurdité que constitue l'idée d'un don naturel, l'argument de Calliclès qui attribue cette responsabilité à la société reste sans portée réelle. Calliclès confond le fait et le droit : la nature atteste de ce qui est, pas de ce qui doit être. Quand il s'agit des lois de la cité, son invocation est donc nulle par principe. D'autre part il confond l'universalité des lois de la nature qui est absolue ou a priori (si on ne la pose pas l'idée même de nature n'a aucun sens, et avec elle la simple éventualité du savoir) et celle des lois de la cité qui est relative ou réflexive (c'est le rapport du peuple à lui-même). Autrement dit il confond la réalité où s'effectue la nécessité des lois de la nature avec la représentation où s'effectue celle des lois de la cité. La culture n'a pas de répondant et c'est précisément en cela qu'elle s'oppose à la nature : l'arbitraire n'est pas sa faiblesse mais sa force, puisqu'on peut seulement contester ce qui se présente comme fondé. On n'obéit donc pas à la loi parce qu'elle est utile, mais simplement parce que c'est la loi. Voulant fonder la loi dans la réalité, Calliclès l'abolit donc : il n'y aurait plus que la nature.
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