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Sujet : Est-on libre lorsqu'on est indifférent ?

Définitions des termes :
  • libre : sans entrave, en faisant ce que j'ai décidé de faire, maître de ma vie autant que je le veux.
  • indifférent : N'éprouver ni amour ni haine, ni attirance ni répulsion. Laisser de côté, se désintéresser, ne pas être concerné.

Extrait du corrigé : Cependant, même chez Descartes cela n'est pas évident, car il faut distinguer d'une part une indifférence négative, telle que décrite ci-dessus, et une indifférence positive, qui marque elle, au contraire, le caractère infini de la volonté et la capacité à choisir librement le bien ou le mal. Ainsi, si l'entendement incline la volonté, de sorte que l'indifférence au sens négatif témoigne du « plus bas degré de la liberté », la volonté peut en retour agir sur l'entendement lui-même, en lui proposant d'autres idées à considérer (lettre de Descartes à Mesland du 2 mai 1644, in Oeuvres, édition Vrin, Adam & Tannery (AT), vol. IV).   Dans la lettre à Mesland du 9 février 1645, il écrit ainsi : « Cette faculté positive, je n'ai pas nié qu'elle fût dans la volonté. Bien plus, j'estime qu'elle s'y trouve, non seulement dans ces actes où elle n'est poussée par aucune raison évidente d'un côté plutôt que de l'autre, mais aussi dans tous les autres ; à tel point que, lorsqu'une raison très évidente nous porte d'un côté, bien que, moralement parlant, nous ne puissions guère choisir le parti contraire, absolument parlant, néanmoins, nous le pouvons. Car il nous est toujours possible de retenir de poursuivre un bien clairement connu ou d'admettre une vérité évidente, pourvu que nous pensions que c'est un bien d'affirmer par là notre libre arbitre. »   - Il faut donc dire d'une part que l'indifférence constitue le « plus bas degré de la liberté » (indifférence négative en tant qu'état de la volonté qui n'incline pas plus d'un côté que de l'autre), et que d'autre part c'est dans l'indifférence (positive) que nous éprouvons notre liberté en tant que libre-arbitre, c'est-à-dire capacité de choisir le bien ou le mal, même en allant à l'encontre de ce que nous représentons comme bien ou mal par l'entendement (cf. aussi Principes de la philosophie, I, §41).   Conclusion   On pourra donc dire qu'être libre, c'est être indifférent en deux sens différents, incompatibles l'un avec l'autre. D'une part, en effet, l'indifférence signifiera la suspension de l'assentiment, epokhê, telle que pratiquée par les stoïciens ou les sceptiques.

	Est-on libre lorsqu'on est indifférent 	?

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Définitions

  • libre : sans entrave, en faisant ce que j'ai décidé de faire, maître de ma vie autant que je le veux.
  • indifférent : N'éprouver ni amour ni haine, ni attirance ni répulsion. Laisser de côté, se désintéresser, ne pas être concerné.

Problématique

Au sens vernaculaire du terme, « être indifférent » signifie soit n’éprouver ni affection ni répulsion pour un objet, au sens où l’on peut être indifférent à quelqu’un, soit n’avoir aucune préférence pour une alternative ou une autre d’un choix possible. On peut alors considérer comme étrange d’affirmer qu’être libre serait être indifférent, dans la mesure où l’on ne voit pas en quoi avoir des préférences, qu’elles soient rationnelles ou non, pour quelque chose contredirait la liberté.

 

Mais ne peut-on soutenir que les passions empêchent l’âme d’exercer librement ses décrets, l’assujettissant ainsi au corps ? Dès lors, être indifférent ne permettrait-il pas d’atteindre à cette « liberté du sage » définie par certains courants de la philosophie antique, tels que le stoïcisme ou le scepticisme, comme ataraxie (absence de troubles) ? Ou faut-il soutenir au contraire que l’indifférence ne marque pas tant un triomphe de la volonté sur le corps et les passions qu’elle « fait plutôt paraître un défaut dans la connaissance qu’une perfection dans la volonté », comme l’affirme Descartes dans la IVe Méditation métaphysique ?

 



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