La magie des mots: une perversion du langage ?
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Publié le : 29/7/2005 -Format:
- magie : Utilisation de procédés surnaturels dans le but de produire un effet. Faire disparaître un lapin magie. Ensemble de procédés secrets visant à mystifier un auditoire. Faire des tours de magie. Impression vive et inexplicable provoquée par la perception de quelque chose. Magie de la couleur, de la musique.
- mot : 1. Élément du discours, signe d'une idée distincte. 2. Unité linguistique composée et fonctionnant de manière relativement autonome : « Segment de la chaîne parlée ou du texte écrit tel qu'on le puisse séparer de son contexte en le prononçant isolément ou en le séparant par un blanc des autres éléments du texte et lui attribuer une signification et une fonction spécifique » (MARTINET). 3. Au pluriel, souvent synonyme de paroles.
- perversion : En un sens psychanalytique, la perversion désigne toute conduite sexuelle qui est déviée de son but naturel: la satisfaction de la pulsion au moyen du rapport sexuelle génital, ou bien qui aboutit à la négation de l'autre. Viol, pédophilie, fétichisme, etc.
- langage : 1) Faculté de parler ou d'utiliser une langue. 2) Tout système de signes, tout système signifiant, toute communication par signes (verbaux ou non verbaux). Le langage désigne aussi la totalité des langues humaines.
Le sujet porte sur le langage. Le langage a pour but initialement de rendre la communication possible. Or le langage peut être équivoque, il peut ne pas être satisfaisant, il peut dire autre chose que ce que l’on veut dire. Cette équivocité du langage doit-elle être condamnée, ou bien est-ce précisément ce qui fait la richesse du langage ? La magie des mots c’est la possibilité pour le langage de dire plus qu’il ne le faudrait. Cette capacité du langage doit-elle être louée ou combattue ?
Pour Descartes et Leibniz ce qui manque c'est donc un langage qui évite la confusion. Le langage est responsable des querelles, lorsqu'il est mal compris on aboutit à des disputes. L'erreur que nous faisons est qu'on croit trop facilement que ce que l'autre dit est également ce qu'il pense. Nous sommes accoutumés à faire des dires d'autrui l'expression de sa pensée. Le projet d'un langage épuré de toute erreur vient donc d'une volonté de clarification, la polysémie, l'ambiguïté, sont des freins à une bonne communication. Le langage doit permettre aux hommes d'exprimer leurs pensées, pour ce faire de façon fidèle le langage ne doit pas être un piège. Transition Plutôt que de chercher à créer un langage sans erreur, ne doit-on pas apprendre aux hommes à savoir distinguer entre ce que dit un homme et ce qu'il pense. Par exemple quand notre voisin nous dit que sa maison est montée sur sa poule, nous sommes tout à fait capables de comprendre que ce dont il est question c'est d'une poule qui est monté sur une maison. C'est ce que fait remarquer Spinoza dans la seconde partie de L'Ethique : les hommes doivent savoir reconnaître ce que pensent leurs interlocuteurs au-delà de ce qu'ils disent. La beauté du langage Peut-on rêver d'un langage qui soit purgé de toute erreur ?
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