Le mendiant de Victor Hugo , Les Contemplations

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Le mendiant de Victor Hugo , Les Contemplations

Littérature

Aperçu du corrigé : Le mendiant de Victor Hugo , Les Contemplations



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Publié le : 30/7/2010 -Format: Document en format FLASH protégé

Le mendiant de Victor Hugo , Les Contemplations
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Situation : au départ, il s'agit d'une rencontre avec "un pauvre homme" mais à la fin, Hugo "[voit] des constellations"
  La clef du poème : le regard du poète qui opère sur le pauvre homme. Comment cet homme devient-il un messager étoilé et entre-t-il en communication avec Dieu ?
  Remarque : Victor Hugo a toujours manifesté un intérêt pour la pauvreté des gens (Les Misérables, roman-fleuve)




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Corrigé : Le mendiant de Victor Hugo , Les Contemplations Corrigé de 594 mots (soit 1 pages) directement accessible

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Problématique

Plan détaillé

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Introduction 

 

Victor Hugo : Né le 26 février 1802 à Besançon, mort le 22 mai 1885 à Paris, c’est un écrivain, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé français du XIXe siècle. Il est considéré comme le plus important des écrivains romantiques de langue française. 

Les contemplations : recueil de 158 poèmes rassemblés en 6 livres que Victor Hugo a publié en 1856. La plupart des poèmes ont été écrits entre 1841 et 1855. Le recueil a pour thème le souvenir, l’amour, la joie, la mort, le deuil et le mystique.

Le mendiant appartient au livre I, le livre du souvenir. Ce court poème dépourvu d’emphase dans lequel ne s’exprime aucune vue philosophique de l’auteur a quelque chose d’exemplaire dans sa simplicité.

L’idée que développe l’auteur est belle, mais banale, et tout autant l’image sur laquelle il se termine. Mais le paysage de la réalité la plus banale à la vision poétique est ici noté avec une précision qui donne au lecteur l’impression de voir naître l’image sous ses yeux.

 

Lecture 

 

Télécharger Le mendiant - de Victor Hugo en version mp3 (clic droit - "enregistrer sous...")

Lu par René Depasse- source : litteratureaudio.com 

 

Le Mendiant

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.

Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant

Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile.

Les ânes revenaient du marché de la ville,

Portant les paysans accroupis sur leurs bâts. 

C'était le vieux qui vit dans une niche au bas 

De la montée, et rêve, attendant, solitaire, 

Un rayon du ciel triste, un liard de la terre, 

Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu. 

Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu. 

Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme

Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »

Et je lui fis donner une jatte de lait.

Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait, 

Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre. 

« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre, 

Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu. 

Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu, 

É talé largement sur la chaude fournaise,

Piqué de mille trous par la lueur de braise,

Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé. 

Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé 

D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières, 

Je songeais que cet homme était plein de prières, 

Et je regardais, sourd à ce que nous disions, 

Sa bure où je voyais des constellations.

 

Victor Hugo, Les Contemplations (1856) 

 

Annonce des axes

 

Commentaire littéraire 

I. La peinture du réel

 

a. Une scène banale

On assiste à une scène d'hospitalité entre 2 personnages : une personne (le narrateur, le poète) et un pauvre très banale (vers 1 : " Un pauvre "). Comportement civique de Hugo (vers 3). Il reçoit le mendiant.

La scène se passe en décembre, ce qui aggrave la détresse « le givre et le vent », « le vieillard grelotait de froid » .

En arrière plan du décor : " paysans accroupis sur leurs bâts ", " âne " " marché " ; scènes simples représentant la réalité quotidienne

 

b. Un personnage très ordinaire : le mendiant 

Hugo emploie un vocabulaire familier pour la description du mendiant "le vieux vit dans une niche" vers 6-9. Puis le ton se modifie .La vision devient de plus en plus proche > le pauvre prend ses aises – vers 9 : "Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu". Il s'agit d'un moine mendiant coupe au milieu : rythme régulier Zeugma (= mettre sur le même plan des éléments opposés ; ex. : abstrait / concret) rejet de l’action " rêve ", rejet de la fréquentation des hommes "solitaires", uniquement contact avec la nature "un rayon de ciel triste".

Le pauvre est un être plus près de dieu que les autres hommes.

Tous ces détails prosaïques se chargent de poésie puisque le poète nous propose une transformation du réel.

 

II. La transformation du réel

 

a. Une comparaison

"Semblait un ciel noir étoilé", Hugo compare le manteau du pauvre à un ciel : vaste ; bleu initialement mais il s'est assombri avec le temps. Le manteau se transforme en vo c;te céleste par l'intermédiaire d'une comparaison

 

b. L’évolution du nom du mendiant

"Un pauvre" (vers 1) -> "le vieux" (vers 6) -> "Le pauvre" (vers 12 : rejet donc transfiguration et incarnation de toute la misère) -> "brave homme" (vers 12) -> "Le vieillard" (vers 14)

-> Conclusion de Hugo : "cet homme était plein de prières" (vers 24)

 

c. Une métaphore

Vers 26 : "Sa bure où je voyais des constellations"

- diérèse (= prononciation en deux syllabes de ce qui se prononce en une syllabe ; contraire : synérèse) "constellations" > allonge l'immensité du manteau.

- synecdoque : manteau / bure : la matière (bure) remplace la chose (manteau)

- le comparant : "constellation" confère de la grandeur au manteau, le rend extraordinaire > "pleins de prières" : le mendiant devient un envoyé de Dieu, intermédiaire entre Dieu et le poète. La particularité du poète : passer de la réalité à des visions particulières grâce à son regard.

 

III. Le regard du poète

 

a. Regard et sentiments

On ne peut pas voir quelque chose sans sympathie et émotion donc comme le poète voit, c'est parce qu'il éprouve de l'affection pour ce mendiant.

 

b. Le poète voyant

- la pensée : "Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre" au vers 15 : mise en valeur par la position dans le vers : début du deuxième hémistiche (= moitié d'un alexandrin)

- le songe : "Je songeais que cet homme était plein de prières" au vers 24 : mis en valeur par la position en début du vers. Le mendiant est devenu un saint. Relation surnaturelle entre la pauvreté et la dignité.

- le regard : "Et je regardais, sourd à ce que nous disions" au vers 25 idem. Le manteau représente le ciel de la nuit dans lequel " la braise ", les étoiles, sortent et billent. Le sentiment éveille l’imagination du poète.

- La vision : " Sa bure où je voyais des constellations " au vers 26 : mise en valeur par la position en fin du deuxième hémistiche > la vision envahit tout, le poète poursuit sa vision intérieur. Phénomène poétique de l’image -> résume le sens du poème.

 

Conclusion

 

     Le poème Le Mendiant fait l’éloge de la pauvreté en montant sa valeur spirituelle, dans un décor simple. Le mendiant consacre sa vie à la prière. Il se transforme en dieu quand un homme lui a été charitable Référence aux légendes de l’antiquité et du moyen âge quand l’hospitalité et l’aumône étaient une loi.

     Hugo donne une version moderne de ces légendes plus poétiques que miraculeuses.

     Hugo transforme, dans ce poème, la réalité, par la vertu d’un sentiment, en vison. La démonstration est d’autant plus forte que l’auteur est resté, dans la première partie, très près de la vie quotidienne. Cette réalité suggère d’abord une comparaison, non poétique, puis le respect qu’inspire la spiritualité du mendiant transforme la comparaison en métaphore et le spectacle en vision. On saisit ici même le jeu de l’imagination poétique.

 

Citations

(...) tel il était -(Victor Hugo), tel il est resté, un promeneur pensif, un homme solitaire mais enthousiaste de la vie, un esprit rêveur et interrogateur., BAUDELAIRE, l'Art romantique, XXII, Victor Hugo.

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M. Victor Hugo laissa M. Nodier pour aller chez M. de Chateaubriand. Il le trouva rentrant et furieux de la cathédrale et de la cérémonie. - J'aurais compris, dit-il, le sacre tout autrement. L'église nue, le roi à cheval, deux livres ouverts, la charte et l'évangile, la religion rattachée à la liberté. Au lieu de cela, nous avons eu des tréteaux et une parade., HUGO, Victor Hugo raconté..., XLI.

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Vous avez remarqué. On ne sait jamais les titres de Victor Hugo. Sauf pour l'-Expiation. Le mouvement est tel que c'est toujours le premier vers, ou les vers conducteurs, qui mangent le titre, qui deviennent le titre., Ch. PÉGUY, Victor-Marie, comte Hugo, p. 63.

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On sait, lui-même y fait mainte allusion dans ses vers, quel infatigable promeneur c'est que Victor Hugo. Pensif et mystérieux rôdeur que la muse toujours accompagne, il aime à surprendre la solitude dans l'abandon de ses attitudes secrètes, à venir chez la nature aux heures où, n'attendant personne, elle reste en déshabillé et ne compose pas son visage., Th. GAUTIER, Souvenirs de théâtre, Dessins de Victor Hugo.

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Je vois dans la Bible un prophète à qui Dieu ordonne de manger un livre. J'ignore dans quel monde Victor Hugo a mangé préalablement le dictionnaire de la langue qu'il était appelé à parler; mais je vois que le lexique français, en sortant de sa bouche, est devenu un monde, un univers coloré, mélodieux et mouvant., BAUDELAIRE, l'Art romantique, XXII, Victor Hugo, II.

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- Je veux être Chateaubriand ou rien., HUGO, -in Victor Hugo raconté, XXIX.

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L'excessif, l'immense, sont le domaine naturel de Victor Hugo (...), BAUDELAIRE, l'Art romantique, V. Hugo, III.

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- Monseigneur, à la porte Un homme, un pèlerin, un mendiant, n'importe, Est là qui vous demande asile., HUGO, Hernani, III, 1.

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Il paraîtrait qu'un bohémien, un va-nu-pieds, une espèce de mendiant dangereux serait en ce moment dans la ville., HUGO, les Misérables, I, II, II.

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