Ce que la morale autorise, l'État peut-il légitimement l'interdire ?
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Aperçu du corrigé : Ce que la morale autorise, l'État peut-il légitimement l'interdire ?
Publié le : 1/1/2004 -Format:
- morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.
- autorise : Permet, accepte, rend licite.
- état : 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État: motif d'intérêt public invoqué par l'État pour justifier une action contraire à la loi ou à la morale.
- peut : Est-il possible, est-il légitime.
- Termes du sujet:
- Morale : ici, synonyme d'éthique, de théorie des valeurs et des normes.
- Autoriser : permettre, accepter, rendre licite.
- État : ensemble des organes politiques et administratifs d'une société ; forme juridique de cette société.
- Peut-il : a-t-il la possibilité. A-t-il le droit : c'est ce sens de légitimité qui est à prendre ici en considération.
- Sens du sujet
Les droits de l'État dépassent-ils ceux qui découlent des valeurs reconnues par les individus ?
- Problème
Le problème posé est celui du conflit de la morale et de la politique.
Il faut tout d’abord distinguer prescrire et autoriser. Il convient également de s’interroger sur le sens du mot « morale ».
Ensuite, nous pouvons nous étonner : un Etat libre, telle la république, garant des libertés de tous peut-il s’opposer à la morale ? La morale, au contraire, ne doit-elle pas guider l’Etat qu’élit le peuple ?
Pourtant, il faut souligner qu’il existe un hiatus entre la morale individuelle et la morale sociale, collective. L’Etat doit parler au nom de tous, au nom d’une communauté, et non pas d’un individu. D’autre part, l’Etat ne regarde pas les intentions mais seulement les actions, or la morale prend sa place dans l’intention (exemple : il est interdit de tuer, si je tue quelqu’un par accident, je serait puni, mais si j’ai l’intention de tuer quelqu’un et que j’échoue, il ne m’arrivera rien, alors même que ma conduite a été immorale dans le second cas, et non dans le premier).
Ce sujet nous amène à nous interroger sur la légitimité d’un Etat : un Etat serait-il légitime parce qu’il se fonderait sur la morale ? L’Etat a-t-il pour rôle d’être le garant de la morale ?
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