La morale relève-t-elle de la compétence de l'État ? *

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Sujet : La morale relève-t-elle de la compétence de l'État ?

Aperçu du corrigé : La morale relève-t-elle de la compétence de l'État ?

morale relève elle

L'État doit-il dicter et régenter la morale ? Autrement dit, la définition du bien et du mal est- elle énoncée par l'État, et notamment par le droit ? Le fonctionnement de l'État doit-il se soumettre à des exigences morales, ou la stabilité de l'État, la politique, sont-elles des fins en soi ? Faut-il vouloir l'ordre pour l'ordre, et chercher à le faire régner par tous les moyens possibles ? Si on considère qu'un État légitime se donne pour fin la coexistence de la liberté extérieure des citoyens, l'État et le droit ne doivent pas se préoccuper directement de la morale, c'est-à-dire des intentions qui nous font agir ou obéir aux lois (sinon on pourrait faire des procès d'intention). De plus, si le droit et la morale étaient équivalents, on pourrait toujours dire qu'on a volé, tué, en vue d'une bonne intention. L'État ne doit régler que nos actions et leurs conséquences : que l'on obéisse aux lois justes par devoir moral ou simplement par crainte de la punition pénale en cas de désobéissance, cela est l'affaire de chacun. Néanmoins, les principes d'un État légitime relèvent indirectement de la morale, dans la mesure où le droit, pour être juste, prend pour modèle la morale (l'impératif catégorique, selon Kant, peut servir d'"étalon" pour mesurer la légitimité des lois fondamentale). Référence utile : appendice au Traité sur la paix perpétuelle, de Kant.

Sens du sujet :

Les normes et valeurs, la théorie du bien et du mal, sont-elles du ressort des organisations juridiques et administratives de la société ?

Questionnement :

La morale et les valeurs forment-elles ou non une sphère spécifique ? Si cette spécificité se perd, le devoir ne se transmute-t-il pas en une sorte de compétence technique ? D'autre part, comment voir dans l'État une idée morale ?

Problème :

L'État désigne-t-il une idée morale (comme le voulait Hegel) ?
La singularité du problème semble conduire vers l'absence de solution définitive, et ce d'autant plus que l'État est une réalité ambiguë.

Remarques :

Il y a un paradoxe au sein de la question, car elle conduit à voir dans l'État une instance éthique. Or, comme le montre Machiavel, l'État incarne souvent ruse et violence, stratagèmes. Donc le sujet présente un paradoxe. Or, dans l'idée de paradoxe, il y a l'idée d'une proposition à la fois vraie et fausse. Une fois de plus, la dimension aporétique ressurgit.
Notez bien que le paradoxe peut être constitutif des intitulés philosophiques. Vous avez là un moyen, à travers la prise en compte du paradoxe, de problématiser de manière féconde.

Enjeu :

Le problème est gros de prolongements politiques. La réponse à la question posée m'engage dans une action « individualiste » ou, au contraire, enracinée dans une perspective quasi « collectiviste ».

 

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