La morale est-ce seulement une question de préférences personnelles ? *
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Aperçu du corrigé : La morale est-ce seulement une question de préférences personnelles ?
« Être une question de » est une expression au sens assez vague, qui signifie concerner, se rapporter à. Ce n'est pas cette expression qui fait problème dans le sujet, mais plutôt ce qu'implique l'emploi de l'expression « préférences personnelles », qui met en avant l'idée d'une subjectivité totale de la morale, d'un choix, par l'individu, de la morale à appliquer, voire d'une création de la morale par cet individu pour son propre compte.
Le sujet interroge la pertinence et l'étendue de cette position subjectiviste sur la morale : l'emploi de l'interrogation « est-ce seulement » demande en effet que l'on montre les limites de cette position, par exemple en travaillant sur la nature de la morale et en décidant si, oui ou non, et dans quelles limites, elle est affaire de préférences personnelles.
Il faut ici revenir d'abord à une caractérisation simple de la morale : celle-ci désigne en effet un ensemble de règles de conduite et de valeurs qui orientent nos actions. Commencez donc par vous expliquer pourquoi est-on si facilement enclin à penser qu'il s'agit là de choix ou de préférences personnelles. Cependant si la morale ne relève que du libre choix de chacun, comment expliquer qu'elle varie souvent bien peu au sein d'une même société ou d'un même groupe (on parle ainsi de la morale chrétienne ou de morale bourgeoise). Suffit-il alors d'étendre la notion de préférences à l'échelle du groupe ? Plus important encore : à faire de la morale une notion relative ne risque-t-on pas de s'interdire de juger certains actes ou certains faits ?
Cet examen pourra passer par la prise en considération de plusieurs questions : celle du rôle du jugement personnel dans la constitution d'une morale, celle de la valeur collective de la morale, celle enfin de la nature du fondement et de l'origine de la morale.
Cela devrait permettre d'évaluer la pertinence du jugement individuel dans la constitution de la morale, et de définir les éléments qui entrent en jeu dans la formation de la morale : il s'agit donc, avant tout de montrer la limite du rôle du jugement individuel, dans le cadre d'une définition de la constitution de la morale.
Il ne faut en aucune manière observer de telles lois, c'est en ce sens qu'il est dit dans les Actes des Apôtres : « Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes » Faut-il cependant refuser tout caractère absolu à la morale ? Doit-on concevoir une norme transcendante de la morale - une norme divine, par exemple, à laquelle se rapporterait en dernier lieu tout acte moral, si bien que les préférences personnelles - ni même d'ailleurs, dans le texte de Thomas d'Aquin, les préférences humaines collectives - ne seraient plus pertinentes pour évaluer la moralité ? * L'efficacité sociale d'une morale collective Bergson « Qui ne voit que la cohésion sociale est due, en grande partie, à la nécessité pour une société de se défendre contre d'autres, et que c'est d'abord contre tous les autres hommes qu'on aime les hommes avec lesquels on vit ? Tel est l'instinct primitif. Il est encore là, heureusement dissimulé sous les apports de la civilisation ; mais aujourd'hui encore nous aimons naturellement et directement nos parents et nos concitoyens, tandis que l'amour de l'humanité est indirect et acquis. A ceux-là nous allons tout droit, à celle-ci nous ne venons que par un détour ; car c'est seulement à travers Dieu, en Dieu, que la religion convie à aimer le genre humain ; comme aussi c'est seulement à travers la Raison, dans la Raison par où nous communions tous, que les philosophes nous font regarder l'humanité pour nous montrer l'éminente dignité de la personne humaine, le droit de tous au respect. Ni dans un cas ni dans l'autre nous n'arrivons à l'humanité par étapes, en traversant la famille et la nation. Il faut que, d'un bond, nous nous soyons transportés plus loin qu'elle et que nous l'ayons atteinte sans l'avoir prise pour fin, en la dépassant. Qu'on parle d'ailleurs le langage de la religion ou celui de la philosophie, qu'il s'agisse d'amour ou de respect, une autre morale, c'est un autre genre d'obligation. » Rousseau « Pour éclaircir cette maxime, nous distinguerons dans la personne de chaque magistrat trois volontés essentiellement différentes : premièrement la volonté propre de l'individu, (.
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