y a-t-il une morale universelle ?
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Aperçu du corrigé : y a-t-il une morale universelle ?
C'est un fait que les prescriptions morales courantes varient selon les temps et les lieux, et la conscience ne fait souvent qu'entériner ces jugements courants. L'inceste (par exemple chez les pharaons de l'ancienne Égypte) et la polygamie, l'esclavage et le meurtre des prisonniers de guerre, l'infanticide et la mise à mort des vieillards, tout, comme le dit PASCAL (Pensées, 294), « a eu sa place entre les actions vertueuses ». La morale chrétienne prescrit le pardon des offenses ; mais d'autres font une obligation à l'offensé de la « vengeance du sang ». Il serait facile de conclure de là à un scepticisme moral total, de disqualifier ainsi les jugements de la conscience, tout au moins d'en tirer la négation de l'universalité des règles morales. Mais une telle conclusion s'impose-t-elle ?
Ce qui est juste ici est considéré comme blâmable là et réciproquement. Ce qui est le bien en France (au-deçà des Pyrénées) est une erreur ou un vice en Espagne (au-delà des Pyrénées). Nous ne pouvons que nous moquer alors d'une justice qui « change de qualité en changeant de climat », justice qui doit être davantage objet de plaisanterie (« plaisante justice ») que de respect. ■ Ce à quoi s'oppose cet extrait:Pascal ne se contente pas ici de dénoncer l'incapacité de la raison à déterminer les principes de la justice authentique et universelle. Sur cette impuissance, nous dit-il, les hommes tirent des conclusions sur la nature de la justice, contre lesquelles il s'oppose. Les philosophes, en effet, au lieu de remettre en cause la relativité des conceptions du juste et de l'injuste, ne trouvent rien de mieux que d'essayer de la légitimer, ajoutant encore plus à la confusion.L'un, confondant la justice de Dieu et le pouvoir du souverain, affirmera que « l'essence de la justice est l'autorité du législateur » et que c'est lui, qui du haut de l'arbitraire de son bon-vouloir, décide de ce qui doit être considéré comme juste ou injuste. Tel autre affirmera que cette autorité repose sur « la commodité du souverain », sur ce qui lui agrée et constitue son intérêt propre. D'autres enfin soutiennent que la seule autorité de la justice provient de la force de la coutume, le temps et l'usage ayant ainsi force de loi. Cette forme de scepticisme moral repose sur l'idée que la raison ne nous découvre aucune justice absolue.
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