La mort ajoute-t-elle à la valeur de la vie ?
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Aperçu du corrigé : La mort ajoute-t-elle à la valeur de la vie ?
La mort tient une place centrale dans la pensée humaine. Et pourtant nul homme ne sait ce qu'elle est, puisque, ainsi que l'observait Kant, « personne n'en peut faire l'expérience en elle-même (car faire l'expérience relève de la vie), mais on ne peut que la percevoir chez les autres » (Anthropologie, § 27). Toutefois, si la connaissance
de la mort est impossible, si même, comme le dit Alain, « la mort ne s'imagine point », l'homme reste obsédé par elle et s'efforce de l'expliquer : ainsi pourra-t-il l'envisager soit comme une autre vie, soit comme un anéantissement. Mais ces représentations de la mort seront-elles sans incidence sur sa conception de la vie ? À ses yeux, la mort ajoute-t-elle à la valeur de la vie, ou, au contraire, l'amoindrit-elle?![]()
Remarquez le caractère paradoxal de la question : il semble que la mort ôte quelque chose plutôt qu'elle n'augmente la valeur de la vie La mort, c'est du néant ; elle n'est rien pour nous. (cf.
Epicure) De plus, le pessimiste raisonne ainsi : à quoi bon s'efforcer de vivre, si l'on songe que la mort rendra vaines la plupart de nos actions ? L'intérêt de la question devient évident lorsque l'on s'interroge sur l'effet que la certitude d'une mort inévitable peut avoir sur l'existence de l'homme. Existence et mort sont liées et constituent l'essentiel de la condition humaine : en effet, il n'y a existence que pour un être qui est i « inscient de safinitude, de sa condition de mortel. Parmi les êtres vivants, il est le seul à savoir qu'il mourra ; et la conscience de la mort fait de l'homme un animal métaphysique (car il n'est pas naturel de penser à la mort ; cf. Rousseau, Second Discours, I).
Allez jusqu'au bout du paradoxe : contrairement à ce que l'on pense généralement, on peut soutenir que l'homme serait misérable s'il était immortel, (cf. la nouvelle de J.-L. Borges : L'immortel dans l'Aleph) Attardez-vous sur le mot "valeur" dans le sujet. La vie n'est pas en soi quelque chose de précieux (la nature n'est pas avare) ; mais c'est la manière dont elle est perçue par l'homme qui la rend précieuse, Borges écrit : "La mort (ou son allusion) rend les hommes précieux ou pathétiques. (...) Chaque acte qu 'ils accomplissent peut être le dernier. (...) Tout, chez les mortels, a la valeur de l'irrécupérable et de l'aléatoire."
L'existence s'accompagne alors d'une certaine angoisse, issue de l'idée du temps qui passe. La mort est l'horizon de notre existence (Heidegger).![]()
- 1) La mort comme dévalorisation de la vie.
- 2) La mort ajoute un supplément de sens à l'existence humaine.
- 3) L'homme, un être pour la mort (Heidegger)
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Analyse du sujet :
La mort est une nécessité implacable. Tout être vivant est programmé pour mourir, chaque homme est voué à mourir un jour ou l’autre.
De la mort rien ne peut être su car nul ne peut en faire l’expérience.
L’existence est donc finie prise entre les deux limites de la naissance et de la mort. Mais si l’on ne peut rien dire sur la mort, c’est la conscience et la conception qu’on se fait de la mort qui peut changer notre façon de vivre.
La peur de mourir peut nous pousser à l’action comme pour oublier la mort, qu’elle se présente sous la forme de la crainte du néant ou de l’enfer.
Notre existence nous semble plus précieuse du fait qu’elle a un terme. Elle nous paraît plus fragile.
Problématisation :
L’expérience de la mort, qui est toujours une expérience de la mort des autres ou des discours sur la mort, conduit-elle toujours à un préciosité de la vie ? Rien n’est moins sûr sans doute. La mort peut signifier aussi bien l’absurdité de l’existence que la précarité de tout ce qui fait notre bonheur. Envisager l’existence comme finie mobilise-t-elle l’homme à l’urgence du présent ou au contraire la mort ne rend-elle pas l’existence sans valeur, la mort n’est-elle pas négation des valeurs de l’existence ?
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La mort ajoute-t-elle à la valeur de la vie ?