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La mort est-elle ce qui donne un sens à la vie ?

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Aperçu du corrigé : La mort est-elle ce qui donne un sens à la vie ?



Publié le : 1/9/2004 -Format: Document en format HTML protégé

La mort est-elle ce qui donne un sens à la vie ?
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Il est, en un sens, déjà silence, c'est-à-dire absence de son, puisque la signification de cet accord ultime, c'est le silence qui s'ensuivra. Mais en même temps, sans l'accord final, la mélodie resterait en l'air et « cette indécision finale remonterait à contre-courant de note en note pour conférer à chacune d'elles son caractère inachevé «. Autrement dit, c'est l'accord final qui forme et organise la mélodie, qui lui donne un sens. L'accord final adhère donc à ce « plenum d'être « qu'est la mélodie. Cette comparaison nous permet de saisir que la mort n'est pas seulement ce qui vient à la fin et est déjà cette absence d'être qui renvoie à un néant, mais qu'elle est aussi ce qui confère sens et signification à la série des actes de notre existence. La mort est dans la vie, elle transforme la vi...



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Le corrigé du sujet "La mort est-elle ce qui donne un sens à la vie ?" a obtenu la note de : aucune note

Corrigé consulté par :
  • Smay8003 (Hors-ligne), le 21/01/2009 é 21H18.
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    Problématique

    Sartre compare, dans L'Être et le Néant, la mort à Janus, ce dieu italique et romain représenté avec deux visages tournés en sens contraires. Gardien des portes qui, comme lui, ont une double face : tantôt ouvertes, tantôt fermées. Qu'est-ce à dire, sinon que la mort est ambiguë ? Elle est un événement biologique qui met fin à une existence ou qui ferme, et en même temps éventuellement ce qui ouvre. Pour nous faire saisir cette contradiction, Sartre a recours à une comparaison avec la musique. Dans une mélodie, l'accord final regarde par tout un côté vers le silence, « c'est-à-dire vers le néant de son qui suivra la mélodie ». Il est, en un sens, déjà silence, c'est-à-dire absence de son, puisque la signification de cet accord ultime, c'est le silence qui s'ensuivra. Mais en même temps, sans l'accord final, la mélodie resterait en l'air et « cette indécision finale remonterait à contre-courant de note en note pour conférer à chacune d'elles son caractère inachevé ». Autrement dit, c'est l'accord final qui forme et organise la mélodie, qui lui donne un sens. L'accord final adhère donc à ce « plenum d'être » qu'est la mélodie.

    Cette comparaison nous permet de saisir que la mort n'est pas seulement ce qui vient à la fin et est déjà cette absence d'être qui renvoie à un néant, mais qu'elle est aussi ce qui confère sens et signification à la série des actes de notre existence. La mort est dans la vie, elle transforme la vie et lui donne un sens. Sans la mort, l'homme ne serait même pas un homme, on peut même dire que ce qui ne meurt pas, ne vit pas : « Le non-sens de la mort donne un sens à la vie tout en le niant et en cela réside le mystère insondable de notre bref passage sur terre » (Jankélévitch).

    En 1902, Rilke écrit:
    « Nous ne sommes que l'écorce, que la feuille,
     Mais le fruit qui est au centre de tout
    C'est la grande mort que chacun porte en soi
    C'est par elle que les jeunes filles s'épanouissent
     et que les enfants rêvent d'être des hommes... »

    Il ne s'agit donc pas d'être fasciné par la mort, mais de la regarder en face, c'est-à-dire de se rendre présent à cette présence en nous de la mort:

    « Je ne veux pas dire que l'on doive aimer la mort, mais on doit aimer la vie de façon si généreuse, si dépourvue de calcul et de choix que l'on ne cesse, sans même le vouloir, de l'y intégrer (cette moitié à nous invisible de la vie), de l'aimer en même temps - ce qui se produit d'ailleurs toujours, en fait, dans les grands mouvements irrésistibles et illimitables de l'amour ! »

    Comme le souligne Rilke, c'est lorsque nous exilons la mort, que nous la répudions de nos vies, qu'elle nous devient étrangère et hostile. Ne pas regarder la mort en face, c'est refuser la lumière et, sans doute aussi, installer la mort dans sa vie au lieu de mourir sa vie, c'est-à-dire de la vivre pleinement.

    Plan détaillé

    Textes / Ouvrages de référence

    Citations

    « Philosopher c'est apprendre à mourir. » Montaigne, Essais, 1580-1588.
    Montaigne prône ici la « pré-méditation » de la mort. Pour combattre la crainte qu'elle suscite en nous, il faut l'apprivoiser, nous faire à son idée, nous habituer à elle : «N'ayons rien si souvent en tête que la mort », dit-il plus loin.

    « La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir. » Montaigne, Essais, 1580-1588.
    S'accoutumer à l'idée de notre propre mort, c'est nous libérer de la frayeur qu'elle nous inspire. Ainsi, apprendre à mourir, c'est proprement nous libérer progressivement de la servitude en laquelle nous tient la crainte de la mort.

    « Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu'à la mort; et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie. » Spinoza, Éthique, 1677 (posth.)

    « On ne cesse de penser à la mort qu'en cessant de penser. » Marcel Conche, La Mort et la Pensée, 1973.

    « Que la mort, l'exil et tout ce qui te paraît effrayant soient sous tes yeux chaque jour; mais plus que tout, la mort. Jamais alors tu ne diras rien de vil, et tu ne désireras rien outre mesure. » Épictète, Manuel, vers 130 apr. J.-C.

    « En s'occupant de philosophie comme il convient, on ne fait pas autre chose que de rechercher la mort et l'état qui la suit. » Platon, Phédon, Ive s. av. J.-C.

    « Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions tranchées qu'ils ont sur les choses; par exemple, la mort n'a rien d'effrayant, [...] mais c'est l'opinion tranchée selon laquelle la mort est effrayante qui est elle-même effrayante. » Épictète, Manuel, vers 130 apr. J.-C.

    « La mort, si nous voulons nommer ainsi cette irréalité, est la chose la plus redoutable. » Hegel, La Phénoménologie de l'Esprit, 1807.

    « Ce qui, pour l'homme, est le principe de tous les maux et de sa bassesse d'âme et de sa lâcheté, ce n'est pas la mort, mais bien plutôt la crainte de la mort. » Épictète, Entretiens, vers 130 apr. J.-C.

    « Le courage consiste à ne pas craindre la mort. Or, comme la mort est la séparation de l'âme d'avec le corps, cette séparation ne saurait effrayer celui qui aime à être seul. » Plotin, Ennéades, Ille s. apr. J.-C.

    « Ne méprise pas la mort, mais fais-lui bon accueil, comme étant une des choses voulues par la nature. » Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, IIe s. apr. J.-C.

    « Dès qu'un humain vient à la vie, il est déjà assez vieux pour mourir. » Heidegger, Être et Temps, 1927.

    « [La] condition nécessaire à la possibilité même d'une évolution, c'est la mort. Non pas la mort venue du dehors, comme conséquence de quelque accident. Mais la mort imposée du dedans, comme une nécessité prescrite, dès l'oeuf, par le programme génétique même. » François Jacob, La Logique du vivant, 1970.
    La mort est en effet inscrite dans le programme génétique de toute cellule vivante. C'est elle qui rend la reproduction (et donc la perpétuation de l'espèce) possible. Sans la mort, il n'y aurait pas de vie.

    « La croyance à la nécessité interne de la mort n'est peut-être qu'une de ces nombreuses illusions que nous nous sommes créées pour nous rendre "supportable le fardeau de l'existence". » Freud, Essais de psychanalyse, 1923.

    « Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation; or, la mort est privation de toute sensibilité. » Épicure, Lettre à Ménécée, ive s. av. J.-C.

    « Celui des maux qui fait le plus frémir n'est rien pour nous, puisque tant que nous existons, la mort n'est pas, et que, quand la mort est là, nous ne sommes plus. » Épicure, Lettre à Ménécée, IIIe s. av. J.-C.

    L'homme « s'indigne d'avoir été créé mortel; il ne voit pas que dans la mort véritable il n'y aura plus d'autre lui-même demeuré vivant pour pleurer sa fin et, resté debout, gémir de voir sa dépouille devenue la proie des bêtes et des flammes. » Lucrèce, De la Nature, 1er s. av. J.-C.

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