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Faut-il respecter la nature ?

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Sujet : Faut-il respecter la nature ?

Aperçu du corrigé : Faut-il respecter la nature ?



Publié le : 22/7/2004 -Format: Document en format FLASH protégé

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Faut-il respecter la nature ?
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  • respect : Sentiment éprouvé face à une valeur jugée éminente ou absolue, et qui conduit à s'interdire tout ce qui pourrait lui porter atteinte. Le respect est, selon Kant, le seul mobile subjectif possible de l'action morale désintéressée, c'est-à-dire d'une action déterminée objectivement par la seule représentation de la loi ( ou impératif catégorique). Le respect est alors ce que l'on doit à autrui en tant que personne morale.
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.

La science, la technique, l'industrie modernes ont conjugué leurs forces pour traiter la nature en objet. Le regard, froid de la science, la violence de la technique et de l'industrie ont, pour reprendre l'expression de Max Weber, « désenchanté » le monde. L'antique vénération que les hommes avaient pour une nature toute-puissante, vénération mêlée de crainte, a disparu avec le triomphe de la révolution industrielle. Là où les Grecs voyaient un dieu (le Soleil), la science moderne y voit une boule de feu, là où les Indiens voyaient une déesse (l'Himalaya), la science moderne y voit un plissement de terrain. Éventrer la terre, détourner un fleuve, raser des forêts présupposent et impliquent en même temps l'abandon de l'attitude magique et religieuse qui fut celle des hommes pendant des millénaires.
 Mais ce prométhéisme risque de se retrouver contre son auteur : la moderne sensibilité écologique témoigne d'une réelle inquiétude.

Doit-on ou même peut-on considérer la nature comme on considère une personne? Lui attribuer les mêmes qualités et se conduire vis-à-vis de la nature comme vis-à-vis d'un être humain?
 



* Respecter un être ou une chose, c'est le (la) regarder digne d'être maintenu(e) dans son intégrité, c'est donc refuser toute relation de puissance - domination ou conquête - envers lui (ou elle). Or, le développement historique de l'homme face à la nature contredit cette attitude.

* On peut en effet appeler culture l'ensemble des moyens grâce auxquels l'homme nie la nature et dépasse son animalité première : la chasse, la cueillette, l'élevage, la construction, etc., sont autant de moyens pour nier la nature et la dépasser.

* Rien n'est plus opposé au respect que l'exercice de la puissance. Or, la culture est un nom pour la puissance. À la différence de Dieu - toujours soumis à l'hypothèse de son existence - l'homme ne peut ni créer ni transformer sans détruire : bâtir une ville ou creuser une route, c'est nécessairement bouleverser un milieu naturel. La culture (ou l'histoire) est l'ensemble des attentats que l'homme a perpétrés contre son milieu d'origine. L'humanité de l'homme réside dans ce bouleversement.

* Respectare en latin, d'où vient notre respect, signifie « regarder en arrière ».


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    Problématique

    Quel doit être le rapport de l'homme à l'égard de la nature. Doit-il la considérer comme un simple moyen, comme un objet qu'il peut utiliser à sa guise pour s'accomplir, ou, doit-il à l'inverse la respecter ?



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