au nom de la liberté peut on réclamer l'indifférence ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : au nom de la liberté peut on réclamer l'indifférence ?
Au sens vernaculaire du terme, « être indifférent » signifie soit n’éprouver ni affection ni répulsion pour un objet, au sens où l’on peut être indifférent à quelqu’un, soit n’avoir aucune préférence pour une alternative ou une autre d’un choix possible. On peut alors considérer comme étrange d’affirmer qu’être libre serait être indifférent, dans la mesure où l’on ne voit pas en quoi avoir des préférences, qu’elles soient rationnelles ou non, pour quelque chose contredirait la liberté.
Mais ne peut-on soutenir que les passions empêchent l’âme d’exercer librement ses décrets, l’assujettissant ainsi au corps ? Dès lors, être indifférent ne permettrait-il pas d’atteindre à cette « liberté du sage » définie par certains courants de la philosophie antique, tels que le stoïcisme ou le scepticisme, comme ataraxie (absence de troubles) ? Ou faut-il soutenir au contraire que l’indifférence ne marque pas tant un triomphe de la volonté sur le corps et les passions qu’elle « fait plutôt paraître un défaut dans la connaissance qu’une perfection dans la volonté », comme l’affirme Descartes dans la IVe Méditation métaphysique ?
» DESCARTES, Lettre à Mesland du 9 février 1645. INTRODUCTION Le thème de ce texte est la liberté d'indifférence. Cette expression fait difficulté dans la mesure où l'indifférence serait cet état où nous ne sommes déterminés par rien. Cette absence de détermination serait la liberté d'indifférence. Or loin d'être la condition suprême de notre autonomie elle est bien plutôt la source de notre indétermination. Descartes ne contredit pas cette acception de la liberté d'indifférence, qui la rapproche de l'absence de détermination, mais il introduit un deuxième sens censé réhabiliter la liberté d'indifférence ; celle-ci se trouve alors élevée au rang de « faculté positive ». L'indifférence dans ce deuxième sens n'exprime pas l'absence d'influence extérieure, de raisons, mais la possibilité pour l'homme de se déterminer par lui-même. Le problème consiste alors à expliquer comment la liberté d'indifférence peut être à la fois comprise comme absence de détermination et comme faculté d'autodétermination. PLAN DETAILLE Première partie : Le plus bas degré de la liberté. 1.
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