Aperçu du corrigé : Nos idées sont-elles déterminées par notre constitution physique ?
Publié le : 5/3/2004 -Format: 

- idée : Parfois synonyme de représentation mentale, parfois de concept (idée générale et abstraite); dans le platonisme, et avec un I majuscule, les Idées sont les modèles des choses, existant en soi, que l'âme contemplait avant son incarnation. Nous fabriquons les concepts, nous contemplons les Idées.

Remarques sur l’intitulé du sujet :
- « Toute » invite à s’interroger sur un ensemble : parmi nos idées, n’importe laquelle à-t-elle les sens pour origine ?
- Si ce n’est pas le cas, il faudra donc bien préciser sa réponse : s’agit-t-il de quelques idées seulement (et lesquelles) ou encore aucune ?
- Le sujet invite globalement à s’interroger sur le rôle joué par les sens dans l’élaboration de nos idées. Il s’agit ici d’un débat classique et balisé dans l’histoire de la philosophie : l’opposition entre le rationalisme et l’empirisme
- Toutefois, on veillera à ne pas opposer frontalement les auteurs, mais on tâchera de mener une réflexion conceptuelle en analysant chaque concept et les enjeux de chaque thèse.
- Ainsi, il faudra étudier ce que signifie une idée innée, comment se construit le passage de la sensation à l’idée, c’est-à-dire qu’est-ce que « venir de... » ...
Problématique : Il semble que nos idées nous viennent des sens : une idée est une représentation, la présentation dans l’esprit de quelque chose qui fût présent d’abord aux sens. Cependant, peut-on dire que l’idée de liberté ou de beauté nous a d’abord été présentée dans les sens. Ne faut-il pas d’abord avoir l’idée de ce qu’est le beau en soi avant de pouvoir produire une belle chose ? Mais cet « en soi » n’est-il pas une illusion ? N’est-ce pas un au-delà du monde physique, sensible, tout juste bon à alimenter l’imaginaire des poètes ? D’où le problème : toute idée vient-elle des sens ou peut-il y avoir des idées qui n’aurait pour origine que l’esprit lui-même ? Comment pareille chose est-elle seulement possible ?

DÉTERMINISME (lat. determinare, marquer les limites)
Gén. Ensemble des conditions nécessaires à la production d'un phénomène.
Épist. Par extension, désigne la doctrine qui postule que tous les phénomènes sont liés entre eux par des lois constantes et universelles. Cette doctrine prétend surtout que l'invariabilité de ces lois (les mêmes causes produisent les mêmes effets) autorise la prévision scientifique. L'astronome Laplace est sans doute le premier à formuler clairement le principe du déterminisme universel: « Nous devons envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur et comme la cause de ce qui va suivre. »
Déterminisme et liberté. Déterminisme et liberté ne sont pas nécessairement contradictoires. En effet, le déterminisme, contrairement au fatalisme (destin), ne suppose pas que tout soit réglé d'avance : le déterminisme naturel est aveugle, autrement dit la nature n'agit selon aucune fin (opposé à finalisme). Par ailleurs, la connaissance des causes qui déterminent nécessairement tel effet peut permettre aux hommes d'accroître leur puissance d'agir. Par ex., la connaissance de la loi de la chute des corps permet la construction du parachute. Avec Spinoza, on pourrait donc dire que nécessité et liberté ne s'opposent pas, que « la liberté, c'est la nécessité comprise ».
CONSTITUER : Etablir dans une situation légale; édifier; élaborer.
Idée abstraite et générale construite par l'esprit. Soit une classe d'objets, de phénomènes. De ces objets, de ces phénomènes, l'esprit abstrait des propriétés communes. Le concepts permet de donner une définition ayant la même extension que cette classe. Le concept de chaise contient tous les éléments communs à l'ensemble des chaises.
Ce mot a trois sens: A) Il désigne toute substance matérielle que l'homme peut percevoir et qui existe en dehors de lui. En ce sens, un corps possède une masse, occupe un espace et a trois dimensions. B) Il désigne le corps humain, dont les propriétés physiques font l'objet d'études anatomo-physiologiques. C) Il désigne enfin cet épace occupé par la pensée de chacun.
L'idée selon laquelle tout serait écrit, déterminé à l'avance, a conduit à ce que les Anciens ont appelé l'argument paresseux. Cet argument consiste à penser que si tout est décidé à l'avance, il est inutile que je cherche à bien faire, puisqu'il arrivera de toute façon ce qui doit arriver.
Principe selon lequel tous les phénomènes de la nature sont liés les uns aux autres par des lois invariables. A ne pas confondre avec fatalisme. Le déterminisme s'applique à une conception scientifique du monde. Comme l'écrit Claude BERNARD dans son Introduction à l'étude de la médecine expérimentale: "Le rôle du savant est de chercher à définir et à déterminer pour chaque phénomène les conditions matérielles qui produisent sa manifestation."
Doctrine selon laquelle toute la connaissance vient de l'expérience sensible (Locke, Hume).
La notion d'esprit revêt plusieurs sens. Elle désigne d'une part l'intellect, la raison, la pensée. Elle désigne d'autre part l'âme, l'être immatériel qui constitue notre intériorité, notre personnalité. Les philosophes classiques ne faisaient pas de différence entre les deux: l'âme, qui relève du sentiment que nous avons de nous-mêmes, est aussi le siège de la pensée. C'est peut-être une indication qu'affectivité et raison sont plus étroitement unies qu'on ne le croit, dans l'esprit, précisément.
Doctrine selon laquelle tout ce qui se produit dans l'univers, et donc dans la vie humaine, est soumis au destin, cad qui arrive quoi qu'on fasse.
Doctrine selon laquelle le monde obéit à un but plus ou moins caché. Le finalisme conduit à expliquer les phénomènes du monde matériel ou moral par l'intervention d'un esprit créateur ou providentiel.
Le terme d'histoire désigne deux réalités différentes: 1) la science qui étudie le passé de l'humanité et qui relate et interprète les faits. 2) les événements, les actes, les faits du passé, cad la mémoire des hommes.
Il convient de distinguer les illusions des sens et les illusions intellectuelles. Les premières ont une origine physiologique. Les secondes ont pour fondement les désirs et les passions.
Se dit des aptitudes, qualités que nous possédons naturellement à notre naissance. S'oppose à acquis, qui désigne les activités dont nous faisons l'acquisition après la naissance, au cours de notre développement.
Qui remonte à l'origine, qui existe depuis toujours.
Poser une affirmation comme vraie au départ d'une démonstration.
Le monde sensible est le monde tel que nous le percevons à travers nos sens, par opposition au monde intelligible, qui est saisi par l'intelligence.
Eléments du langage qui associent d'une façon conventionnelle une suite de sons et un concept.
Souvent victime de l'intolérance et du fanatisme, Spinoza a voulu connaître le monde par la seule règle de la raison, y compris dans les questions religieuses. Professant un grand libéralisme en politique, il est à l'origine des théories modernes de la science politique.
Le mot dérive du latin universus, qui signifie "tout entier". Lorsqu'il désigne les planètes, les étoiles, les galaxies, l'étendue cosmique, il prend une majuscule. Il s'agit de bien distinguer ce sens astronomique du sens usuel. Parler d'une vérité "universelle" ne signifie pas que l'on se réfère à l'infini cosmique. Universel, en ce sens, désigne ce qui est vrai pour toute l'humanité.
Acte par lequel un avocat reçoit un mandat de son client pour le représenter et l'assister dans un procès.