Notre vie est-elle absurde ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Notre vie est-elle absurde ?
§ Le sujet invite semble-t-il à mettre en question l’existence ou non d’un sens à la vie. Absurde signifie en effet ce qui n’a pas de sens, ce qui dépasse la cadre logique de la raison et que nous ne pouvons pas comprendre, ou que nous ne parvenons pas à comprendre.
§ Parler d’une absurdité de la vie revient donc à mettre en question le sens de la vie, et donc le problème de la mort. En effet, si toute notre vie se dirige vers la mort dans un mouvement perpétuel qu’il apparaît impossible de freiner, il semble alors légitime de pouvoir parler d’une absurdité de la vie, au sens où son sens précisément est déjà défini à l’avance et qu’il tend vers ce néant de pensée qu’est la mort.
§ Néanmoins, dire que la vie est absurde semble être un obstacle à toute action de l’homme vivant, existant. Pourquoi en effet faire des efforts, agir, si notre vie n’a pas de sens, où du moins si nous sommes prisonniers de la vie comme de ce mouvement continu nous conduisant nécessairement vers la mort ? Ce flux de la vie menant vers ce terme nécessaire ne conduit-il pas plutôt à la tentation de se laisser porter par lui, dans l’attente angoissée de la fin de la vie ?
§ Mais alors il semble que dire la vie absurde en ce sens reviendrait à dégager l’homme de toute responsabilité vis-à-vis de sa vie, ce qui semble moralement intenable, rien ne pouvant permettre à l’homme de mettre fin à toute imputabilité concernant son existence.
§ Le problème est alors le suivant : Notre vie est-elle absurde, s’acheminant dans une direction à laquelle nous ne pouvons rien et nous mettant dans une nécessaire position de passivité pure et d’incompréhensibilité ou notre existence a-t-elle le sens qu’on lui donne, tout horizon nécessaire, même indépendant de nous, ne pouvant nous déresponsabiliser face à notre propre existence ?
Or, rien ne peut nous déresponsabiliser de notre existence et c'est par l'engagement dans la vie que la vie peut alors prendre pour nous un sens. § C'est sur cette responsabilité que l'existentialisme met l'accent. On peut le comprendre à partir de cette formule de Sartre : « l'existence précède l'essence ». Dire que l'existence précède l'essence, c'est dire que l'homme existe d'abord et qu'il se définit ensuite, ou encore que son essence, sa définition n'est que le résultat de son existence comme projet. Parce qu'il est temporalité, l'homme peut se rapporter à ce qui n'est pas, c'est-à-dire à ce qui n'est plus, ou à ce qui n'est pas encore, comme avenir. Existant tjrs en avant de lui-même, on ne peut dire de lui simplement qu'il est, mais qu'il ex-iste (se tenir dehors). Ainsi est-il avant tout ce qu'il se fait. Nul ne peut se démettre de cette liberté fondamentale : laisser agir à sa place les circonstances ou les autres est aussi un choix. L'existence conduit à une morale de l'engagement. S'engager, c'est risquer ou s'exposer.
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