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Obéir, est-ce renoncer à sa liberté ?

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Sujet : Obéir, est-ce renoncer à sa liberté ?

Aperçu du corrigé : Obéir, est-ce renoncer à sa liberté ?



Publié le : 3/12/2005 -Format: Document en format FLASH protégé

	Obéir, est-ce renoncer à sa liberté 	?
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  • obéir : Verbe transitif indirect (latin oboedire, de audire, écouter). * Se soumettre à la volonté de quelqu'un, à un règlement, exécuter un ordre : Obéir à ses parents, à la loi. * Céder à une incitation, un sentiment, etc. : Obéir à ses instincts. * Répondre au mouvement commandé, fonctionner correctement : Les freins n'obéissent plus. Mes jambes refusent d'obéir. * Être soumis à une force, une action, une règle par une nécessité naturelle : Les corps obéissent à la pesanteur.
  • renoncer : Abandonner un droit, une idée, se défaire, se dessaisir, se démettre.
  • liberté : Ce mot, en philosophie a trois sens : 1° Libre arbitre. Pouvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d'eux. 2° Liberté de spontanéité. S'oppose non plus au déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure. 3° Liberté du sage. État de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison.

L'Antiquité faisait l'éloge du loisir qui est l'otium, état de paix correspondant au dégagement des soucis inhérents aux activités professionnelles et à l'absence de contrainte temporelle. Pour Aristote, par exemple, cet état d'exemption du travail est nécessaire à l'homme se livrant à la réflexion philosophique et aux exigences éthiques. L'otium n'est donc pas le temps du désoeuvrement, mais celui du développement intellectuel et moral de l'homme.
 L'oisiveté, en revanche, qui se réduit à « ne rien faire » a été généralement condamnée (l'oisiveté, dit-on, est « mère de tous les vices », tandis que le travail serait source de moralité) depuis le Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle (songeons à la critique portée contre elle par saint Thomas d'Aquin, par Th. More dans son Utopie, ou par Voltaire qui écrit : « Il vaut mieux mourir que de traîner dans l'oisiveté une vieillesse insipide. Travailler, c'est vivre. »). Il faut ainsi attendre P. Lafargue qui réhabilitera le loisir oisiveté dans son Droit à la paresse (1882).
 On assiste aujourd'hui à une défense et à un développement du loisir ou plutôt des loisirs, lesquels englobent toutes les activités ou la non-activité du « temps libre », c'est-à-dire du temps dégagé des activités professionnelles. Nous pouvons toutefois nous demander si ce « temps libre » est bien le temps de notre liberté.


  • I) Obéir, c'est renoncer à sa liberté.

a) Obéir, c'est être déterminé de l'extérieur.
b) En obéissant, j'abdique ma volonté.
c) L'obéissance est préférable au désordre.

  • II) Obéir, ce n'est pas renoncer à sa liberté.

a) Etre libre, c'est obéir à la morale.
b) Les citoyens peuvent obéir librement.
c) La liberté s'apprend.

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  • heeloeese66457 (Hors-ligne), le 19/11/2010 à 19H16.
  • Haha43411 (Hors-ligne), le 03/11/2009 à 03H21.
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    Textes / Ouvrages de référence

    "Certes, ce sont les faibles, la masse des gens, qui établissent les lois, j'en suis sûr. C'est donc en fonction d'eux-mêmes et de leur intérêt personnel que les faibles font les lois, qu'ils attribuent des louanges, qu'ils répartissent des blâmes. Ils veulent faire peur aux hommes plus forts qu'eux et qui peuvent leur être supérieurs. C'est pour empêcher que ces hommes ne leur soient supérieurs qu'ils disent qu'il est vilain, qu'il est injuste, d'avoir plus que les autres et que l'injustice consiste justement à vouloir avoir plus. Car, ce qui plaît aux faibles, c'est d'avoir l'air d'être égaux à de tels hommes, alors qu'ils leur sont inférieurs.
     
     Et quand on dit qu'il est injuste, qu'il est vilain, de vouloir avoir plus que la plupart des gens, on s'exprime en se référant à la loi. Or, au contraire, il est évident, selon moi, que la justice consiste en ce que le meilleur ait plus que le moins bon et le plus fort plus que le moins fort. Partout il en est ainsi, c'est ce que la nature enseigne, chez toutes les espèces animales, chez toutes les races humaines et dans toutes les cités !
     
     Si le plus fort domine le moins fort et s'il est supérieur à lui, c'est là le signe que c'est juste.
     
     De quelle justice Xerxès s'est-il servi lorsque avec son armée il attaqua la Grèce (1), ou son père quand il fit la guerre aux Scythes ? Et encore, ce sont là deux cas parmi des milliers d'autres à citer ! Eh bien, Xerxès et son père ont agi, j'en suis sûr, conformément à la nature du droit - c'est-à-dire conformément à la loi, oui, par Zeus, à la loi de la nature -, mais ils n'ont certainement pas agi en respectant la loi que nous établissons, nous !
     
     Chez nous, les êtres les meilleurs et les plus forts, nous commençons à les façonner, dès leur plus jeune âge, comme on fait pour dompter les lions ; avec nos formules magiques et nos tours de passe-passe, nous en faisons des esclaves, en leur répétant qu'il faut être égal aux autres et que l'égalité est ce qui est beau et juste. Mais, j'en suis sûr, s'il arrivait qu'un homme eût la nature qu'il faut pour secouer tout ce fatras, le réduire en miettes et s'en délivrer, si cet homme pouvait fouler aux pieds nos grimoires, nos tours de magie, nos enchantements, et aussi toutes nos lois qui sont contraires à la nature - si cet homme, qui était un esclave, se redressait et nous apparaissait comme un maître, alors, à ce moment-là, le droit de la nature brillerait de tout son éclat."
     
     PLATON, Gorgias, 483b-484a, trad. Canto, Garnier-Flammarion, 1987, pp. 212-213.

    Citations

    • MONTESQUIEU: "La liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir." (L'Espit des lois).
    • KANT: "Le concept de liberté dérive de l'impératif catégorique du devoir."
    • MONTAIGNE: "La vraie liberté, c'est pouvoir toute chose sur soi." (Essais).


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