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L'oeuvre d'art nous apprend-elle quelque chose ?

Philosophie

Aperçu du corrigé : L'oeuvre d'art nous apprend-elle quelque chose ?



Publié le : 5/1/2004 -Format: Document en format FLASH protégé

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L'oeuvre d'art nous apprend-elle quelque chose ?
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1. L'oeuvre d'art comme source de connaissances

ARISTOTE, Poétique « La tendance à l'imitation est instinctive chez l'homme et dès l'enfance. Sur ce point il se distingue de tous les autres êtres, par son aptitude très développée à l'imitation. C'est par l'imitation qu'il acquiert ses premières connaissances, c'est par elle que tous éprouvent du plaisir. La preuve en est visiblement fournie par les faits : des objets réels que nous ne pouvons pas regarder sans éprouver du déplaisir, nous en contemplons avec plaisir l'image la plus fidèle ; c'est le cas des bêtes sauvages les plus repoussantes et des cadavres. La cause en est que l'acquisition d'une connaissance ravit non seulement le philosophe, mais tous les humains même s'ils ne goûtent pas longtemps cette satisfaction. Ils ont du plaisir à regarder ces images, dont la vue d'abord les instruit et les fait raisonner sur chacune. S'il arrive qu'ils n'aient pas encore vu l'objet représenté, ce n'est pas l'imitation qui produit le plaisir, mais la parfaite exécution, ou la couleur ou une autre cause du même ordre Comme la tendance à l'imitation nous est naturelle, ainsi que le goût de l'harmonie et du rythme (...), à l'origine les hommes les plus aptes par leur nature à ces exercices ont donné peu à peu naissance à la poésie par leurs improvisations.




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  • souricette63-276871 (Hors-ligne), le 03/05/2016 é 03H08.
  • ambrette-242079 (Hors-ligne), le 15/09/2014 é 15H11.
  • Euphemia-232086 (Hors-ligne), le 28/02/2014 é 28H11.
  • apollinebauer-198616 (Hors-ligne), le 31/01/2013 é 31H19.
  • th3k1ng123-196868 (Hors-ligne), le 22/01/2013 é 22H20.
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    Problématique

    Plan détaillé

    Analyse du sujet :

    La question est formulée de façon totale. Elle appelle soit une réponse négative : l'oeuvre d'art ne nous apporte rien ; soit une réponse affirmative : l'oeuvre d'art nous apporte quelque chose. Dans ce cas il va s'agir de s'interroger sur ce quelque chose et donc de voir ce que l'art nous apporte ou tout du moins peut nous apporter. Avant de répondre plus en détail à cette question, attardons-nous sur les concepts qui la composent :

    Art :

    On peut dégager deux grands sens de ce concept. Le premier étant celui qui renvoie au grec technè, autrement dit l'ensemble de procédés qui visent à produire un certain résultat. L'art apparaît comme étant un moyen en vue d'une fin. L'art se distingue ainsi de la science comme connaissance purement théorique, mais aussi de la nature qui loin d'être produite ou créée serait un toujours déjà là. On parle ainsi de la maison des arts et des métiers, de l'art de la médecine, de la mécanique... La seconde acception appartient elle au champ plus particulier de l'esthétique, l'art est dans ce sens la création artistique, autrement dit l'oeuvre d'art qui est objet de jugement esthétique.

    Oeuvre d'art :

    Produit purement humain, représentation particulière du monde, des émotions et d'une sensibilité particulière, voire d'un instant spontané et / ou créatif.

    Apporter quelque chose :

    • Mettre à la disposition, au service de quelqu'un (ou d'un groupe).
    • Procurer (un bien)
    • Enrichir moralement, intellectuellement

    Nous :

    Le « nous » renvoie au destinataire de l'oeuvre d'art. A l'instar de son origine, l'oeuvre d'art a comme destinataire l'être humain.

    Problématisation :

    L'oeuvre d'art nous apporte-t-elle quelque chose ? Se poser cette question, c'est se placer dans une perspective utilitariste face à l'oeuvre d'art. C'est voir en elle la source d'un bien quelconque. Mais l'oeuvre d'art n'est-elle source que de bienfaits ? De plus, l'oeuvre d'art a-t-elle pour essence de nous apporter quelque chose ? N'est-elle pas plus que ça ? Dans quelle mesure la véritable oeuvre d'art trouve-t-elle sa raison d'être par-delà les bienfaits et les méfaits qu'elle peut apporter à l'homme ?

    Plan :

    I. Par delà la connotation positive inhérente au verbe « apporter quelque chose à quelqu'un », dans quelle mesure l'oeuvre d'art peut-elle ne pas être bénéfique ?

    II. Cependant ne peut-on voir dans l'oeuvre d'art la source d'apports nécessaires à l'homme

    III. Dans quelle mesure l'oeuvre d'art se détache-t-elle de cette perspective utilitariste ?

     

    1. Par delà la connotation positive inhérente au verbe « apporter quelque chose à quelqu'un », dans quelle mesure l'oeuvre d'art peut-elle ne pas être bénéfique ?

    1. Définition philosophique de l'oeuvre d'art

    KANT, Critique de la faculté de juger

    « Devant une production des beaux-arts, on doit avoir conscience que c'est de l'art et non de la nature, mais il faut aussi que la finalité dans la forme de l'oeuvre paraisse aussi libre de toute contrainte de règles arbitraires que si c'était un produit pur et simple de la nature. C'est sur ce sentiment de liberté - liberté jointe à la finalité - que repose la sorte de plaisir qui est seule universellement communicable, sans cependant se fonder sur des concepts. La nature était belle quand elle avait l'aspect d'une oeuvre d'art ; l'art à son tour ne peut être appelé beau que si, tout en nous laissant conscients qu'il est de l'art, il nous offre pourtant l'aspect de la nature. En effet, qu'il s'agisse d'art ou de nature, nous pouvons dire en général : est beau ce qui plaît dans le simple jugement (non dans la sensation ni par un concept). Or, l'art a toujours un certain dessein : produire quelque chose. Si c'était une simple sensation (purement subjective) qui soit accompagnée de plaisir, cette production ne plairait dans le jugement que par l'intermédiaire de la sensibilité. Si le dessein était de produire un objet déterminé, l'objet produit par l'art ne plairait qu'au moyen de concepts : ce ne serait plus l'un des beaux-arts, mais un art mécanique. Ainsi la finalité dans les productions des beaux-arts, quoique produite à dessein, ne doit pas le paraître ; autrement dit, l'art doit avoir l'apparence de la nature, bien que l'on ait conscience qu'il est de l'art. Or, une production de l'art paraît naturelle à la condition que les règles, qui seules lui permettent d'être ce qu'elle doit être, aient été observées exactement, mais que cet accord ne soit pas acquis péniblement, qu'il ne laisse pas soupçonner que l'artiste avait la règle sous les yeux et les facultés de son âme entravées par elle. »

    « L'art est distingué de la nature comme le «faire» (facere) l'est de l'« agir» ou du « causer » en général (agere), et le produit ou la conséquence de l'art se distingue en tant qu'oeuvre (opus) du produit de la nature en tant qu'effet (effectus). En droit, on ne devrait appeler art que la production par liberté, c'est-à-dire par un libre arbitre, qui met la raison au fondement de ses actions. On se plaît à nommer une oeuvre d'art (Kunstwerk) le produit des abeilles (les gâteaux de cire régulièrement construits), mais ce n'est qu'une analogie avec l'art; en effet, dès que l'on songe que les abeilles ne fondent leur travail sur aucune réflexion proprement rationnelle, on déclare aussitôt qu'il s'agit d'un produit de leur nature (de l'instinct), et c'est seulement à leur créateur qu'on l'attribue en tant qu'art. Lorsqu'en fouillant un marécage on découvre, comme il est arrivé parfois, un morceau de bois taillé, on ne dit pas que c'est un produit de la nature, mais de l'art ; la cause productrice de celui-ci a pensé à une fin, à laquelle l'objet doit sa forme. On discerne d'ailleurs un art en toute chose qui est ainsi constituée qu'une représentation de ce qu'elle est a dû, dans sa cause, précéder sa réalité (même chez les abeilles), sans que toutefois cette cause ait pu penser l'effet (ohne dass doch die Wirkung von ihr eben gedacht sein dürfe) ; mais quand on nomme simplement une chose une oeuvre d'art pour la distinguer d'un effet naturel, on entend toujours par là une oeuvre de l'homme. »

    2. L'oeuvre d'art comme source de manipulation – l'art de la propagande

    On peut penser pour en rester au Xxème siècle à la propagande nazie ou soviétique. Les régimes totalitaires utilisaient l'art en vue de désinformer et de manipuler les masses. Pour le régime soviétique stalinien, on peut citer certains peintres officiels du régime : Plastov, Romas, Toidze, Guerassimov, Boris Vladimirski. Et pour le III è Reich :

     


    3. L'art comme imitation du réel – un pâle simulâcre falsificateur

     

     

    PLATON, République X

    « Cet artisan dont je parle n'est pas seulement capable de faire toutes sortes de meubles, mais il produit encore tout ce qui pousse de la terre [...], tout ce qu'il y a dans le ciel, et tout ce qu'il y a sous la terre, dans l'Hadès. Voilà un sophiste tout à fait merveilleux l [...] Si tu veux prendre un miroir et le présenter de tous côtés ; tu feras vite le soleil et les astres du ciel, la terre, toi-même, et tous les êtres vivants, et les meubles, et les plantes, et tout ce dont nous parlions à l'instant. Oui mais ce seront des apparences et non des réalités [...] Mais tu me diras, je pense que ce que fait [le peintre, plus que tous les artisans] n'a point de réalité, n'est-ce pas ? et pourtant, d'une certaine manière, le peintre lui aussi fait un lit. Ou bien non ? Si, répondit-il, du moins un lit apparent. Et le menuisier ? N'as-tu pas dit tout à l'heure qu'il ne faisait point la Forme (eidos), ou, d'après nous, ce qui est le lit, mais un lit particulier ? Je l'ai dit en effet. Or donc, s'il ne fait point ce qui est, il ne fait point l'objet réel, mais un objet qui ressemble à ce dernier, sans en avoir la réalité [...] Maintenant, considère ce point : lequel de ces deux buts se propose la peinture relativement à chaque objet : est-ce de représenter ce qui est tel qu'il est, ou ce qui paraît, tel qu'il paraît ? Est-elle l'imitation de l'apparence ou de la réalité ? De l'apparence. L'imitation est donc loin du vrai, et si elle façonne tous les objets, c'est, semble-t-il, parce qu'elle ne touche qu'à une petite partie de chacun, laquelle n'est d'ailleurs qu'un simulacre (eidôlon )... Lorsque quelqu'un vient nous annoncer qu'il a trouvé un homme instruit de tous les métiers, qui connaît tout ce que chacun connaît dans sa partie [...], il faut lui répondre qu'il est un naïf, et qu'apparemment il a rencontré un charlatan et un imitateur. »

     

    1. Cependant ne peut-on voir dans l'oeuvre d'art la source d'apports nécessaires à l'homme

    1. L'oeuvre d'art comme source de connaissances

    ARISTOTE, Poétique

    « La tendance à l'imitation est instinctive chez l'homme et dès l'enfance. Sur ce point il se distingue de tous les autres êtres, par son aptitude très développée à l'imitation. C'est par l'imitation qu'il acquiert ses premières connaissances, c'est par elle que tous éprouvent du plaisir. La preuve en est visiblement fournie par les faits : des objets réels que nous ne pouvons pas regarder sans éprouver du déplaisir, nous en contemplons avec plaisir l'image la plus fidèle ; c'est le cas des bêtes sauvages les plus repoussantes et des cadavres. La cause en est que l'acquisition d'une connaissance ravit non seulement le philosophe, mais tous les humains même s'ils ne goûtent pas longtemps cette satisfaction. Ils ont du plaisir à regarder ces images, dont la vue d'abord les instruit et les fait raisonner sur chacune. S'il arrive qu'ils n'aient pas encore vu l'objet représenté, ce n'est pas l'imitation qui produit le plaisir, mais la parfaite exécution, ou la couleur ou une autre cause du même ordre Comme la tendance à l'imitation nous est naturelle, ainsi que le goût de l'harmonie et du rythme (...), à l'origine les hommes les plus aptes par leur nature à ces exercices ont donné peu à peu naissance à la poésie par leurs improvisations. »

    2. L'oeuvre d'art a une fonction morale : la catharsis

    ARISTOTE, Poétique

    « Mais, comme la tragédie est une imitation de choses meilleures (que nature), nous devons, nous autres (69), imiter les bons portraitistes. Ceux-ci, tout en reproduisant une forme particulière, tout en observant la ressemblance avec l'original, l'embellissent par le dessin. Le poète, de même qu'il représente des gens colères ou calmes et de ou tel autre caractère, doit former un modèle ou d'honnêteté ou de rudesse, comme le personnage d'Achille, chez Agathon et chez Homère. »

    « La tragédie est l'imitation d'une action grave et complète, ayant une certaine étendue, présentée dans un langage rendu agréable et de telle sorte que chacune des parties qui la composent subsiste séparément, se développant avec des personnages qui agissent, et non au moyen d'une narration, et opérant par la pitié et la terreur la purgation des passions de la même nature. »

    3. L'oeuvre suscite en nous un plaisir esthétique

    KANT, Critique de la faculté de juger

    « DÉFINITION DU BEAU Le goût est la faculté de juger d'un objet ou d'une représentation par une satisfaction dégagée de tout intérêt. L'objet d'une semblable satisfaction s'appelle beau. Le beau est ce qui est représenté, sans concept, comme l'objet d'une satisfaction universelle. Cette définition du beau peut être tirée de la précédente, qui en fait l'objet d'une satisfaction dégagée de tout intérêt. En effet, celui qui a conscience de trouver en quelque chose une satisfaction désintéressée ne peut s'empêcher de juger que la même chose doit être pour chacun la source d'une semblable satisfaction. Car, comme cette satisfaction n'est point fondée sur quelque inclination du sujet (ni sur quelque intérêt réfléchi), mais que celui qui juge se sent entièrement libre relativement à la satisfaction qu'il attache à l'objet, il ne pourra trouver dans des conditions particulières la véritable raison qui la détermine en lui, et il la regardera comme fondée sur quelque chose qu'il peut aussi supposer en tout autre ; il croira donc avoir raison d'exiger de chacun une semblable satisfaction. Ainsi parlera-t-il du beau comme si c'était une qualité de l'objet même, et comme si son jugement était logique (c'est-à-dire constituait par des concepts une connaissance de l'objet), bien que ce jugement soit purement esthétique et qu'il n'implique qu'un rapport de la représentation de l'objet au sujet : c'est qu'en effet il ressemble à un jugement logique en ce qu'on peut lui supposer une valeur universelle. Mais cette universalité n'a pas sa source dans des concepts. Car il n'y a pas de passage des concepts au sentiment du plaisir ou de la peine. (...) Le jugement de goût, dans lequel nous avons tout à fait conscience d'être désintéressé, peut donc réclamer à juste titre une valeur universelle, quoique cette universalité n'ait pas son fondement dans les objets mêmes ; en d'autres termes, il a droit à une universalité subjective. »

     

    1. Dans quelle mesure l'oeuvre d'art se détache-t-elle de cette perspective utilitariste ?

    1. L'oeuvre d'art comme quasi révélation

    PLATON

    « Une réalité qui n'est pas soumise au changement, qui ne naît ni ne périt, qui ne croît ni ne décroît, une réalité qui n'est pas belle par un côté et laide par un autre, belle sous un certain rapport et laide sous un autre, belle ici et laide ailleurs, belle pour certains et laide pour d'autres. Et cette beauté ne lui apparaîtra pas davantage comme un visage, comme des mains ou comme quoi que ce soit d'autre qui ressortisse au corps, ni même comme un discours ou comme une connaissance certaine; elle ne sera pas non plus, je suppose, située dans un être différent d'elle-même, par exemple dans un vivant, dans la terre ou dans le ciel, ou dans n'importe quoi d'autre. Non, elle lui apparaîtra en elle-même et pour elle même, perpétuellement unie à elle-même dans l'unicité de son aspect, alors que toutes les autres choses qui sont belles participent de cette Beauté d'une manière telle que ni leur naissance ni leur mort ne l'accroît ni ne la diminue en rien, et ne produit aucun effet sur elle »

    2. L'oeuvre d'art est avant tout création libératrice

    La notion de création dénote avant tout et en premier lieu la création divine celle que nous présente la Genèse. Par extension le concept de création subsume aussi l'idée de création artistique. Il apparaît comme la représentation d'un monde à travers une subjectivité particulière. Le travail de l'artiste apparaît comme libérateur à la fois pour celui à qui il s'adresse, et à la fois pour celui qui crée. La création artistique comme libération d'un monde pensé sous le seul mode de l'utilité.

     

    Conclusion

    L'oeuvre d'art nous apporte donc quelque chose – cependant contre nos attentes naïves et idéalistes, elle n'est pas que source de bienfaits. Cela étant, l'oeuvre d'art n'a pas pour essence de nous apporter quelque chose dès lors qu'elle est fin en soi – création et donc libération d'un monde pensé comme outil pour l'homme !

     

    Textes / Ouvrages de référence

    Citations

    Quelle est la couleur de la tomate ?

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