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Sujet : La paresse

Extrait du corrigé : La paresse, en effet, est une vertu conviviale qui rapproche les gens, qui les fait se rencontrer, qui les détourne des rivalités meurtrières de la politique et de l'économie, mais c'est aussi une disposition du corps et de l'esprit qui, loin du tracas des affaires, permet à l'homme de se retrouver dans un studieux face à face avec lui-même. Ce n'est qu'en état de paresse que l'homme peut vivre pleinement sa double nature d'individu unique et d'être social. Que l'on songe pour s'en convaincre à ce prince des paresseux que fut Socrate : sans paresse point de philosophie, c'est-à-dire point de réflexion ni d'échanges. Point de civilisation. De la Bible à Platon, faire l'éloge de la paresse, c'est pour nous faire l'éloge de l'origine. Cette paresse perdue, dont la pensée orientale a su longtemps préserver les douceurs, l'Occident la réinvente à chaque fois que les à-coups du progrès semblent vouloir l'en éloigner. La Renaissance, qui invente la banque et découvre l'Amérique, s'enthousiasme pour ces « bons sauvages » experts dans l'art de n'en pas faire plus qu'il ne faut. Montaigne leur consacrera tout un chapitre de ses Essais, lui qui s'éloigna bientôt des affaires pour ne plus se consacrer qu'au loisir d'une étude sans autre contrainte que son humeur. Sans paresse donc, point d'indépendance. Elle est la première des libertés individuelles, le premier de ces droits de l'homme, nés, au siècle de Lumières, des « rêveries » de quelques « promeneurs solitaires ».

	La paresse

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Problématique

 

Analyse du sujet :

Droit : Le droit est garanti contractuellement par la loi également pour l'ensemble des citoyens. Les droits définissent les libertés que chaque citoyen peut exercer sans compromettre celles des autres. Le droit d'exprimer librement ses opinions, par exemple, est ainsi garanti dans la mesure où ces opinions ne sont pas diffamatoires ou injurieuses, où elles ne compromettent pas le droit d'un autre citoyens à être traité avec respect.

Paresse : La paresse est la propension à ne rien faire, la répugnance pour le travail. Elle est un des sept péchés capitaux punis par la morale chrétienne qui définit le travail et l'effort comme des valeurs suprêmes. Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, dans Le Droit à la Paresse, a défendu la thèse selon laquelle une société en bonne santé devait impérativement, pour survivre, instaurer un « droit à la paresse » afin que ses citoyens puisse avoir le temps matériel de « consommer » les richesses qu'elle produit et ainsi entretenir la dynamique de production.

Problématisation :

Nous nous interrogeons sur le droit à la paresse. Y a-t-il un droit à la paresse ? Si la société est fondée sur l'échange des services et des biens que chacun de ses membres peut fournir grâce à son travail, serait-il juste qu'il y ait un droit à la paresse ? Une telle société ne verrait-elle pas immédiatement son équilibre se dissoudre si certains pouvaient invoquer le droit de ne pas travailler, de ne rien produire tout en continuant à recevoir les biens faits du travail des autres au sein de la société ? Ne faudrait-il alors affirmer que le droit à la paresse serait contradictoire avec la justice dans la société ? Sans doute. Mais pour autant, instaurer le devoir du travail, c'est-à-dire réduire toute activité humaine à du travail forcé, ne reconnaître aucun droit à la paresse ne risque-t-il pas de réduire les hommes à des automates et leur activité à la production de richesse ? Ne faudrait-il alors trouver le moyen de permettre la paresse, l'oisiveté, non plus comprise en opposition avec le  travail ou l'effort mais comme un temps non travaillé, non salarié, pour faire autre chose ? De l'art, de la philosophie, ou simplement se divertir ? Comment alors comprendre un « droit » à la paresse, sans que celui ne soit un droit juridique qui compromettrait la justice sociale elle-même ?

 



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