Sommes-nous prisonniers de notre passé ?
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Aperçu du corrigé : Sommes-nous prisonniers de notre passé ?
Publié le : 4/1/2004 -Format:
- prisonnier : Celui qui a perdu sa liberté; celui qui ne peut agir à sa guise parce qu'il est enfermé.
- passé : Dimension du temps écoulé dans son irréductible irréversibilité. D'ordre biologique, pulsionnel, social, historique ou psychologique, le passé pèse sur l'homme dans le sens du déterminisme, mais, il structure aussi activement la personnalité sans laquelle la liberté serait impossible ou illusoire. La liberté qui peut d'ailleurs s'exercer à l'égard du passé lui-même, dans la mesure où le sens accordé au passé reste du choix de l'individu (cf. Sartre). Par sa nature même, la connaissance du passé humain reste, selon les cas, occultée, aléatoire, partielle, subjective, soumise au moment social; elle laisse ainsi souvent une marge d'indétermination propice aux illusions et à l'action de l'imaginaire.
- Les termes du sujet
Nous:
-> chaque individu et son histoire personnelle ;
-> entité collective (société, génération, nation, humanité, etc.).
Prisonniers :
-> idée d'enfermement, d'obstacle et de limites empêchant d'agir et de décider ; domaine physique et psychologique ;
-> idée de faute et de culpabilité ; domaine moral.
Passé :
-> passé immédiat (enfance, éducation) ou plus lointain (origines) ;
-> passé individuel et collectif (histoire, tradition, commémoration).
- Cette question a deux dimensions, l’une plus personnel, l’autre plus historique et sociale. Etre prisonnier, veut dire dans ce premier temps que l’on ne peut s’extraire de ce passé, qu’il nous empêche de voir l’avenir, de nous projeter même dans le présent. C’est aussi prendre le passé comme élément de la temporalité fondamentale et non le présent ou l’avenir. Quelle est la temporalité fondamentale de l’homme ? Aussi, d’un autre point de vue, il faut se demander quelle la temporalité fondamentale de la vie sociale, quel est le poids du passé dans notre vie et dans l’histoire, prend-t-on des libertés avec notre passé, ou sommes-nous obligés de nous référer à lui en permanence ?
Aussi, ce passé ne cesse de s'augmenter tout au long de notre vie, et ce sont plutôt nos choix qui nous emprisonnent plutôt que notre passé. Notre vie n'est que la résultante de nos choix, qui sont le plus souvent personnels, parfois influencés par la société. Aussi, parler du passé de prison pour notre présent serait presque impropre, il faudrait parler de choix qui s'insère dans une existence humaine forcément sociale. Une philosophie existentialiste se définit par le fait qu'elle pose l'existence avant l'essence et de la sorte définit la condition humaine. Les objets matériels dérivent d'un concept, répondent à une finalité - ce à quoi l'objet va servir - et à un ensemble de règles techniques. Pour tout ustensile, l'essence précède l'existence, et son existence ne vaut que dans la mesure où elle réalise l'essence, c'est-à-dire par rapport à l'idée qui a permis de la concevoir et de la produire. Dans la théologie traditionnelle, on voit en Dieu une sorte d'artisan supérieur qui a créé le monde et les hommes à partir d'une idée, d'un projet. Lorsque Dieu crée, il sait au préalable ce qu'il crée. Chaque individu réalise un certain concept contenu dans l'entendement divin. Au xviiie siècle, au concept de Dieu a succédé le concept de nature humaine, chaque homme étant un exemplaire particulier d'un concept universel : l'Homme.
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