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Sujet : Passion et action ?

Définitions des termes :
  • passion : * Ce que l'âme subit, ce qu'elle reçoit passivement. Chez Descartes, le mot désigne tout état affectif, tout ce que le corps fait subir à l'âme. Son origine n'est pas rationnelle ni volontaire. * Inclination irrésistible et exclusive qui finit par dominer la volonté et la raison du sujet (la passion amoureuse).
  • action : On peut dégager plusieurs acceptions de ce terme. 1/ L'action est tout d'abord une opération d'un être considérée comme produite par cet être lui-même et non par une cause extérieure. L'action est celle du sujet qui agit. 2/ L'action c'est aussi l'effort, le travail, l'activité non plus comme processus opératoire à proprement parler mais comme se distinguant du repos et de l'inactivité. 3/ L'action se pense aussi directement dans son opposition à l'intelligence, la réflexion et la pensée : c'est la spontanéïté des êtres vivants, et plus précisément de l'homme considérée comme se distinguant de la représentation. NB :Nous ne prenons volontairement pas en considération l'action au sens d'influence d'un corps sur un autre. (Exemple : On parle à ce titre d'action de l'acide chlorydrique sur les métaux) En effet notre interrogation portant sur le lien « action » / « réflexion », cette acception ne nous semble pas prioritaire.

Extrait du corrigé : Agir de la passion   Dans la Critique de la raison pure, Kant s'interroge sur les conditions de possibilité de la connaissance. Ainsi doit-il, dans un premier temps, déterminer les conditions de l'apparaître (ou apparition) de l'objet dans l'horizon du sujet, c'est-à-dire passer par une théorie transcendantale de la sensation (l'esthétique). La sensation est alors définie comme processus de présentation de l'objet dans son unité face au sujet de la connaissance. L'unification de l'objet s'opère par la structuration de l'objet selon les formes pures de la sensation que sont le temps et l'espace. En conséquence, la sensation ne présente jamais l'objet hors de toutes formes, mais toujours déjà est un processus d'information, c'est-à-dire de mise en forme du donné brut des sens. Dès lors se trouve démontré que la passion, concernant le sujet humain visant la connaissance, est toujours déjà activité. La passion est toujours déjà agir puisqu'en elle s'opère une mise en forme de la réalité comme extérieure au sujet, mise en forme qui en assure la possibilité de compréhension par l'unification de l'objet face au sujet (de la connaissance). Même dans le cas d'empirismes stricts (Aristote / Hume), la sensation, à partir du moment où elle a pour objectif la connaissance (c'est-à-dire toujours dans le cas du sujet humain), s'articule et procède d'une dimension active rendant compréhensible le réel dont témoignent les sens.   II. Pâtir de l'action   Dans la Critique de la raison pratique, Kant se propose de penser les conditions de possibilité de l'agir moral selon le bien, c'est-à-dire de la liberté.

	Passion et action	?

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Définitions

  • passion : * Ce que l'âme subit, ce qu'elle reçoit passivement. Chez Descartes, le mot désigne tout état affectif, tout ce que le corps fait subir à l'âme. Son origine n'est pas rationnelle ni volontaire. * Inclination irrésistible et exclusive qui finit par dominer la volonté et la raison du sujet (la passion amoureuse).
  • action : On peut dégager plusieurs acceptions de ce terme. 1/ L'action est tout d'abord une opération d'un être considérée comme produite par cet être lui-même et non par une cause extérieure. L'action est celle du sujet qui agit. 2/ L'action c'est aussi l'effort, le travail, l'activité non plus comme processus opératoire à proprement parler mais comme se distinguant du repos et de l'inactivité. 3/ L'action se pense aussi directement dans son opposition à l'intelligence, la réflexion et la pensée : c'est la spontanéïté des êtres vivants, et plus précisément de l'homme considérée comme se distinguant de la représentation. NB :Nous ne prenons volontairement pas en considération l'action au sens d'influence d'un corps sur un autre. (Exemple : On parle à ce titre d'action de l'acide chlorydrique sur les métaux) En effet notre interrogation portant sur le lien « action » / « réflexion », cette acception ne nous semble pas prioritaire.

Problématique

Le thème de cet énoncé porte sur la relation qu’entretiennent réciproquement passion et action (la relation est thématisée pas le conjoncteur). Comprendre la relativité de l’action à la passion, et vice versa, suppose un ancrage commun en un troisième terme extérieur à la relation. L’ancrage commun est ainsi nécessaire parce qu’en lui s’organise la possibilité de l’articulation des termes (passion et action). Cet ancrage commun réside en l’homme, car l’expression de la relation entre action et passion est discursive, c’est-à-dire est exprimée dans et par le langage (de l’énoncé). Or le langage comme marque de la rationalité est une caractéristique de l’homme (compris dans sa définition aristotélicienne : zoon logon ekon). La rationalité (du langage) est donc ce critère externe à la relation permettant son organisation.

Le problème de l’énoncé consiste en l’apparence contradictoire des deux termes de la relation. En effet, passion et action semblent s’exclure réciproquement, et jamais ne pouvoir coexister. Or l’énoncé assure leur relation par la conjonction. Dès lors, il s’agit de penser le sens et la signification de la conjonction dans et par le langage – le langage apparaissant comme l’unique possibilité d’assurer l’union des contraires supposés. Le troisième terme (extérieur à la relation) étant rationnel (le langage), action et passion doivent être pensées, dans la possibilité de leur conjonction, depuis l’homme.

En conséquence le développement peut se poursuivre selon deux enjeux majeurs : l’homme étant scindé entre agir et pâtir, il faut interroger le statut respectif de l’acte et de la sensation dans le domaine moral et esthétique (au sens kantien de théorie de la sensation), afin de penser la possibilité d’une passion de l’acte et d’une activité de la sensation. Cela doit rester orienté relativement au problème de la rationalité, autrement dit de la connaissance dont la philosophie kantienne peut être le fil conducteur.

 



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