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Les Pauvres Gens (Hugo Victor)

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Les Pauvres Gens (Hugo Victor)

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Document transmis par : Maxime45813


Publié le : 16/1/2011 -Format: Document en format HTML protégé

Les Pauvres Gens (Hugo Victor)
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I

 

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.

Le logis est plein d’ombre, et l’on sent quelque chose

Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.

Des filets de pêcheur sont accrochés au mur.

Au fond, dans l’encoignure où quelque humble vaisselle

Aux planches d’un bahut vaguement étincelle,

 

On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants.

Tout près, un matelas s’étend sur de vieux bancs,

Et cinq petits enfants, nid d’âmes, y sommeillent.

La haute cheminée où quelques flammes veillent

Rougit le plafond sombre, et, le front sur le lit,

Une femme à genoux prie, et songe, et pâlit.

C’est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d’écume,

Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit, à la brume,

Le sinistre Océan jette son noir sanglot.

II

 

L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,

Il livre au hasard sombre une rude bataille.

Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,

Car les petits enfants ont faim. Il part le soir

Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.

Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.

La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,

Remmaillant les filets, préparant l’hameçon,

Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,

 

Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.

Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,

Il s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.

Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.

Dans les brisants, parmi les lames en démence,

L’endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,

Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,

Où se plaît le poisson aux nageoires d’argent,

Ce n’est qu’un point ; c’est grand deux fois comme la chambre.

Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,

Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,

Comme il faut calculer la marée et le vent !

Comme il faut combiner sûrement les manœuvres !

Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;

Le gouffre roule et tord ses plis démesurés

Et fait râler d’horreur les agrès effarés.

Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,

Et Jeannie en pleurant l’appelle ; et leurs pensées

Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du cœur.

 

III

 

Elle prie, et la mauve au cri rauque et moqueur

L’importune, et, parmi les écueils en décombres,

L’Océan l’épouvante, et toutes sortes d’ombres

Passent dans son esprit : la mer, les matelots

Emportés à travers la colère des flots.

Et dans sa gaîne, ainsi que le sang dans l’artère,

La froide horloge bat, jetant dans le mystère,

Goutte à goutte, le temps, saisons, printemps, hivers ;

Et chaque battement, dans l’énorme univers,

Ouvre aux âmes, essaims d’autours et de colombes,

D’un côté les berceaux et de l’autre les tombes.

 

Elle songe, elle rêve, — et tant de pauvreté !

Ses petits vont pieds nus l’hiver comme l’été.

 

Pas de pain de froment. On mange du pain d’orge.

— Ô Dieu ! le vent rugit comme un soufflet de forge,

La côte fait le bruit d’une enclume, on croit voir

Les constellations fuir dans l’ouragan noir

Comme les tourbillons d’étincelles de l’âtre.

C’est l’heure où, gai danseur, minuit rit et folâtre

Sous le loup de satin qu’illuminent ses yeux,

Et c’est l’heure où minuit, brigand mystérieux,

Voilé d’ombre et de pluie et le front dans la bise,

Prend un pauvre marin frissonnant et le brise

Aux rochers monstrueux apparus brusquement. —

Horreur ! l’homme, dont l’onde éteint le hurlement,

Sent fondre et s’enfoncer le bâtiment qui plonge ;

Il sent s’ouvrir sous lui l’ombre et l’abîme, et songe

Au vieil anneau de fer du quai plein de soleil !

 

Ces mornes visions troublent son cœur, pareil

À la nuit. Elle tremble et pleure.

IV

 

Ô pauvres femmes

De pêcheurs ! c’est affreux de se dire : « Mes âmes,

Père, amant, frères, fils, tout ce que j’ai de cher,

C’est là, dans ce chaos ! — mon cœur, mon sang, ma chair ! »

Ciel ! être en proie aux flots, c’est être en proie aux bêtes.

Oh ! songer que l’eau joue avec toutes ces têtes,

Depuis le mousse enfant jusqu’au mari patron,

Et que le vent hagard, soufflant dans son clairon,

Dénoue au-dessus d’eux sa longue et folle tresse,

Et que peut-être ils sont à cette heure en détresse,

Et qu’on ne sait jamais au juste ce qu’ils font,

Et que, pour tenir tête à cette mer sans fond,

À tous ces gouffres d’ombre où ne luit nulle étoile,

Ils n’ont qu’un bout de planche avec un bout de toile !

Souci lugubre ! on court à travers les galets,

Le flot monte, on lui parle, on crie : « Oh ! rends-nous-les ! »

 

Mais, hélas ! que veut-on que dise à la pensée

Toujours sombre, la mer toujours bouleversée !

 

Jeannie est bien plus triste encor. Son homme est seul !

Seul dans cette âpre nuit ! seul sous ce noir linceul !

Pas d’aide. Ses enfants sont trop petits. — Ô mère !

Tu dis : « S’ils étaient grands ! — leur père est seul ! » . Chimère !

Plus tard, quand ils seront près du père, et partis,

Tu diras en pleurant : « Oh ! s’ils étaient petits ! »

 

V

 

Elle prend sa lanterne et sa cape. — C’est l’heure

D’aller voir s’il revient, si la mer est meilleure,

S&rsqu...



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Citations

(...) tel il était -(Victor Hugo), tel il est resté, un promeneur pensif, un homme solitaire mais enthousiaste de la vie, un esprit rêveur et interrogateur., BAUDELAIRE, l'Art romantique, XXII, Victor Hugo.

Ajouté par webmaster

M. Victor Hugo laissa M. Nodier pour aller chez M. de Chateaubriand. Il le trouva rentrant et furieux de la cathédrale et de la cérémonie. - J'aurais compris, dit-il, le sacre tout autrement. L'église nue, le roi à cheval, deux livres ouverts, la charte et l'évangile, la religion rattachée à la liberté. Au lieu de cela, nous avons eu des tréteaux et une parade., HUGO, Victor Hugo raconté..., XLI.

Ajouté par webmaster

Les cormorans qui vont comme de noirs crieurs (...), HUGO, la Légende des siècles, «Les pauvres gens», IX.

Ajouté par webmaster

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close., HUGO, la Légende des siècles, LII, «Les pauvres gens», I.

Ajouté par webmaster

- ô Dieu! le vent rugit comme un soufflet de forge,, HUGO, la Légende des siècles, «Les pauvres gens», LII, III.

Ajouté par webmaster

L'eau tombait du plafond comme des trous d'un crible., HUGO, la Légende des siècles, «Les pauvres gens», VI.

Ajouté par webmaster

Vous avez remarqué. On ne sait jamais les titres de Victor Hugo. Sauf pour l'-Expiation. Le mouvement est tel que c'est toujours le premier vers, ou les vers conducteurs, qui mangent le titre, qui deviennent le titre., Ch. PÉGUY, Victor-Marie, comte Hugo, p. 63.

Ajouté par webmaster

(...) Ces choses-là sont rudes. Il faut pour les comprendre avoir fait ses études., HUGO, la Légende des siècles, «Les pauvres gens», X.

Ajouté par webmaster

On sait, lui-même y fait mainte allusion dans ses vers, quel infatigable promeneur c'est que Victor Hugo. Pensif et mystérieux rôdeur que la muse toujours accompagne, il aime à surprendre la solitude dans l'abandon de ses attitudes secrètes, à venir chez la nature aux heures où, n'attendant personne, elle reste en déshabillé et ne compose pas son visage., Th. GAUTIER, Souvenirs de théâtre, Dessins de Victor Hugo.

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