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Sujet : Peut-on affirmer que le monde a un ordre ?

Définitions des termes :
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • monde : Ensemble des réalités matérielles qui constitue l'univers, mais aussi le monde humain, les relations entre les hommes.
  • ordre : L'ordre naturel repose sur des lois que la raison est capable de découvrir. L'ordre social repose sur des décrets qui, idéalement, devraient être des décrets de la raison et qui, de fait, dépendent plus des circonstances, d'intérêts politiques, économiques ponctuels.

Extrait du corrigé : La solution de Leibniz est d'une subtilité logique telle qu'il est difficile de la résumer. On pourrait dire que nos actions sont prévues, puisqu'elles concourent elles aussi à la perfection de l'ensemble, sans être nécessaires. En toute logique, le contraire de telle action est possible. « Dieu a vu les choses dans la suite idéale des possibles, telles qu'elles allaient être, et parmi elles, l'homme péchant librement; et en décrétant l'existence de cette suite, il n'a pas changé la nature de la chose, ni n'a rendu nécessaire ce qui était contingent. » Notre action est libre, elle n'est en aucun cas nécessaire, c'est-à-dire telle qu'il serait logiquement impossible de faire autrement. Mais que nos actes soient contingents n'empêche pas Dieu de les prévoir, et donc d'élire, parmi la suite des possibles, celle qui inclut l'acte qui concourra à la plus grande perfection possible de l'ensemble. ► « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » ne signifie donc pas que «tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Voltaire a certainement eu raison de s'insurger contre ce qui demeure une justification du mal, mais Leibniz est plus difficile à réfuter qu'à parodier. Ce qui est remarquable dans ce dialogue posthume du logicien, de l'inventeur de l'infinitésimale et du défenseur des Calas, c'est que toute théologie doit se confronter au problème du mal, et qu'aucune solution jamais ne satisfera pleinement : en quoi le mal est-il justifiable?   [Le monde est un chaos.

	Peut-on affirmer que le monde a un ordre	?

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Définitions

  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • monde : Ensemble des réalités matérielles qui constitue l'univers, mais aussi le monde humain, les relations entre les hommes.
  • ordre : L'ordre naturel repose sur des lois que la raison est capable de découvrir. L'ordre social repose sur des décrets qui, idéalement, devraient être des décrets de la raison et qui, de fait, dépendent plus des circonstances, d'intérêts politiques, économiques ponctuels.

Problématique

Analyse du sujet

·         Eléments de définition

Monde = Terme d’origine latine qui vient du grec cosmos, dans ses différentes acceptions.

1° A la fois totalité ordonnée, harmonieuse et hiérarchisée et (plus particulièrement) système que forment la Terre (partie centrale du monde sublunaire, selon Aristote) et les astres. L’un des caractères essentiels du monde, selon cette tradition, est d’être un système fini, une totalité close.

-          Aristote, Traité du ciel

2°   Ultérieurement, le monde est conçu comme totalité infinie et devient quasi-synonyme d’univers : la raison se trouve alors devant un problème dont la solution semble indécidable.

-          Descartes, Le Monde, I, ch. VI-VII

-          Leibniz, Essais de théodicée

-          Kant, Critique de la raison pure, Dialectique  transcendantale.

3°   Ensemble de choses d’une même sorte qui, malgré leur diversité, partagent un caractère essentiel commun. Plutôt que du monde, on parlera alors d’un monde, par exemple sensible, intelligible ou intérieur, extérieur, etc.

-          Merleau-Ponty, Le visible et l’invisible

4°   Somme des objets d’une expérience possible pour un sujet conscient, capable de perception, d’affectivité et de connaissance rationnelle : la phénoménologie et l’existentialisme conçoivent l’homme comme présent au monde.

-          Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, avant-propos / Signes / Le visible et l’invisible.

-          Heidegger, Etre et Temps.

 

Ordre = du latin ordo, ordre classe sociale, distribution régulière, arrangement.

1° Dans son sens le plus général, disposition, arrangement ou agencement de choses (objets, idées, personnes, etc.) qui sont conformes aux exigences de la raison et satisfaisant pour l’intelligence.

-          Descartes, Règles pour la direction de l’esprit

On distinguera cependant :

-          Ordre chronologique : succession d’événements ou de phénomènes qui sont donnés dans les faits selon une relation d’antériorité, de postériorité, ou simultanéité.

-          Ordre méthodique ou rationnel : enchaînement, suite ou disposition des idées qui obéissent aux principes généraux de la connaissance rationnelle.

-          Ordre logique : enchaînement des propositions dans un raisonnement qui se conforme aux principes de la démonstration ou de la déduction et peut ainsi prétendre avoir une validité logique. On peut par exemple parler d’un ordre logique dans une démonstration. (Cournot Traité de l’enchaînement des idées fondamentales dans les sciences et dans l’histoire)

-          Ordre mathématique : structure caractéristique des maths en tant qu’elles mettent en évidence des relations entre des termes qui ne peuvent être posés indépendamment les uns des autres (par exemple la suite des nombres entiers ou la suite des chiffres dans l’expression numérique)

-          Ordre de la nature : suggéré par la régularité de certains phénomènes observables, pressenti ou supposé au-delà du désordre apparent d’autres phénomènes observés, postulé enfin par les sciences de la nature et d’affirmer ainsi le déterminisme naturel, l’ordre devient synonyme de régularité et de nécessité.

-          Kant, Critique de la raison pure, Analytique transcendantale, 1è et 2nd éditions 

-          Bergson, L’évolution créatrice, ch. III

-          Ordre social : dans un sens large, notion porche de système, structure ou organisation d’une société.

2° Du point de vue ontologique ou éthique, l’ordre se définit comme rapports de perfection qui permettent de distinguer et de hiérarchiser des degrés d’être, irréductibles les uns des autres ; l’existence de chaque chose se définit ainsi par sa quantité d’être et par là même par son essence ou sa nature qui lui donne une place propre dans l’échelle des êtres

-          Leibniz, Discours de métaphysique, § VI, VII, XIV.

 

·         Angles d’analyse

Il s’agit de s’interroger sur l’ordre du monde  il faut s’interroger sur la nature même du monde, on se place donc sous l’angle ontologique, à savoir l’être du monde est-il ordonné ?

Se demander si le monde a un ordre, cela signifie a fortiori se demander si on peut le connaître. En effet, il semble que l’ordre soit la condition de possibilité de toute connaissance possible sur le monde : on ne peut pas, semble-t-il connaître le monde s’il n’a pas d’ordre, c’est-à-dire s’il n’obéit qu’au désordre, au chaos et au hasard.

C’est donc le statut de la connaissance du monde qui est ici à la question. De la même manière il faudra s’interroger sur la nature de cet ordre. Savoir s’il est final, nécessaire, ou au contraire tout à fait contingent et suppose lui-même le désordre.

Problématique

Est-on en droit de faire de l’ordre une propriété intrinsèque du monde ? L’ordre lui est-il un attribut essentiel ? Ou contraire n’est-ce qu’une idée régulatrice de la raison humaine qui cherche à connaître le monde, ce qui n’est possible que si l’on suppose un ordre du monde lui-même ? Quel statut attribuer donc à un ordre du monde ?  C’est donc la possibilité de toute connaissance sur le monde qui est ici, en creux, mise à la question.



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